Blick auf die Gegenwart - Loris S. Musumeci
Die Spannung stieg in kürzester Zeit. Nach den nordkoreanischen Raketenstarts vom 4., 8. und 28. Juli ließ Donald Trump keinen Zweifel daran, welche Haltung er gegenüber Kim Jong-un einzunehmen gedenkt. Er versprach seinem Feind am Dienstag in einem Anflug von Improvisation «Feuer und Wut, wie sie die Welt noch nie zuvor gesehen hat». Dieser Höhepunkt der kriegerischen Appelle erinnerte an Harry Trumans Rhetorik von 1945, als er den Japanern erklärte, dass auf sie «ein Regen der Zerstörung aus der Luft, wie er noch nie auf dieser Erde gesehen wurde», niedergehen werde.
Plötzlich drohte der Führer der Demokratischen Volksrepublik Korea (DVRK) in erster Linie der Insel Guam. In apokalyptischer Manier verurteilte er das US-Territorium in der Nähe der Halbinsel dazu, «von Feuer eingehüllt» zu werden. Was die USA betrifft, so würden sie ohne allzu große Vokabelüberraschungen zu einem «Ozean aus Feuer» werden. Genau darum geht es bei Interkontinentalraketen.
« C’est une déclaration »
Jeudi, estimant ne pas avoir été assez sévère, l’élu de la Maison-Blanche s’en prend à son adversaire sur un ton plus personnel. « Il a grandement manqué de respect à notre pays. Il a dit des choses horribles. Et avec moi, il ne va pas s’en tirer comme ça. »
Entre-temps l’agence de presse officielle nord-coréenne a annoncé que son armée serait sur Guam d’ici au 15 août. Ce qui n’a pas calmé le jeu, au point d’en ajouter à l’escalade verbale. « Voyons ce que Kim Jong-un fait avec Guam. S’il fait quelque chose à Guam, ce qui arrivera en Corée du Nord sera un événement jamais vu jusqu’alors. […] Il ne va pas continuer à menacer Guam. Et il ne va pas menacer les Etats-Unis. Et il ne va pas menacer le Japon. Et il ne va pas menacer la Corée du Sud. » Pour préciser au final que « ce n’est pas un défi, c’est une déclaration. »
Une patience stratégique regrettée
Si la fermeté de Donald Trump a été saluée par ses soutiens, elle fut en revanche moins appréciée chez ses opposants, même du côté des Républicains. John McCain tire pour conséquence du comportement impulsif du président que « c’est incroyablement dangereux car cela pousse nos adversaires à vouloir le tester. » Ajoutant, plus cynique : « Il faut être en mesure de faire ce que l’on dit. » Ce qui sous-entend qu’il n’y aurait, selon McCain, aucun plan réel de la part du grand émetteur de « tweet ».
La communauté internationale, elle, n’est pas en posture de pouvoir ouvertement critiquer Trump, tant l’ennemi en face fait l’unanimité dans les hostilités. Plusieurs sont néanmoins ceux qui, spécialistes et politiques confondus, rappellent l’attitude plus mesurée de Barack Obama. Il était, lui, acteur de la « patience stratégique » misant sur les trois axes d’un développement de système contre les missiles, de l’accroissement des sanctions et d’un dialogue serré avec la Chine.
Dialogue chinois
Désormais, celle-ci possède en effet la fonction de balance. Son rôle est primordial. Après avoir accepté les sanctions économiques déposées par l’Organisation des Nations unies contre son branlant allié communiste, elle veut à présent tenir les rênes entre un dialogue tourné et vers la RPDC et vers les grandes puissances mondiales. Elle présente par ailleurs une ambition de maintien de la « stabilité régionale de la Corée. » Il n’en reste par moins que cherchant davantage d’indépendance, l’héritier des Kim rejette progressivement l’amitié chinoise tissée par son grand-père et son père en leur temps.
Jusqu’à samedi, Xi Jinping a été au centre des discussions, et compte bien continuer. Ses intérêts sont entièrement en faveur d’un maintien de paix, aussi enfumée soit-elle. Il a de ce fait demandé au président américain, dans un entretien téléphonique, « d’éviter mots et actes qui pourraient faire dégénérer la situation. » Une telle posture laisse entrevoir un espoir de calme à retrouver. La Chine semble considérer que ni USA ni RPDC n’ont franchi la ligne de l’irréparable. Si les deux meneurs sont très fiers est attachés à l’honneur, ils aiment assurément le théâtre. Et savent, par conséquent, jouer de l’insulte en gardant la raison.
C’est l’hypothèse optimiste. Pourtant, la situation alarme, parce que raison ou non, le moindre déploiement nucléaire entraînerait des centaines de milliers de morts, à commencer par les deux Corées et le Japon. La pression d’un 28 octobre 1962 de guerre froide risque enfin de s’étendre sur les jours, voire sur les mois à venir ; et la mise en place d’un « téléphone rouge » est toujours en attente.
Schreiben Sie dem Autor : loris.musumeci@leregardlibre.com
Crédit photo : © cnn.com