Filme Kritik

«Midsommar», un festival d’horreur

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geschrieben von Jonas Follonier · 31 Juli 2019 · 0 Kommentare

Mit Midsommar, le réalisateur Ari Aster réinvente les codes du genre en plaçant son film d’horreur sous le soleil suédois de la mi-été. Couleurs, drogue et chants nordiques sont au rendez-vous pour cette entrée dans une secte suédoise.

Dani est traumatisée par la mort de ses parents et de sa sœur. Esseulée, en manque d’attention et de solutions à ses problèmes, elle se laisse tenter par une virée en Suède avec des amis. Parmi eux, son copain, qui n’est pas vraiment un modèle. La destination? Une sorte de long festival avec costumes et cérémonies théâtralisées, leur a annoncé celui de la bande qui a l’habitude d’aller dans cette petite communauté nordique. Quand ils arrivent, ils y découvrent un cadre idyllique et des personnes accueillantes et très souriantes, bien qu’étranges par leur habillement constitué de robes blanches.

Ce cinéma est épuisé: le film d’horreur. Le contexte aussi: une secte. Et pourtant, le film qui en résulte a tout de la nouveauté réussie. Placer la peur dans un décor radieux, cela relève de l’idée de génie. Tout le film est paradoxe: grandes étendues en plein air et pourtant enfermement; humanité apparente et pourtant cruauté crasse à l’intérieur; lumières et couleurs et pourtant ténèbres et douleurs. L’idée d’Ari Aster, qui arrive avec un deuxième long-métrage après l’ausgezeichnet Vererbung über das wir beim NIFFF berichtet hatten, est plus qu’habile; son traitement artistique, absolument réussi.

Ein ästhetischer Erfolg

Midsommar est un film léché dès la première image. Avant même le générique, durant cette mise en place fort mystérieuse du personnage principal, on comprend que nous allons assister à une esthétique du cinéma prodigieuse. Les couleurs sont contrariées – bleu-rouge – ou complémentaires – vert-rouge – et offrent par là un cocktail coloré à déguster tout du long. Le soleil, les fleurs et les arbres composent une atmosphère de paradis artificiel, symbole à la fois de la secte et de la drogue, l’une et l’autre s’influençant mutuellement et aboutissant à l’horreur absolue.

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La musique n’est pas en reste: un contraste malin s’installe entre les rares moments de cordes saccadées de la bande originale et les mélodies de flûte à bec et de chants de la communauté en trame de fond. Le résultat est saisissant et s’accorde avec l’usage talentueux des plans qui est fait dans ce film. D’une lenteur à faire nörgeln Le Parisien mais s’extasier toutes les autres publications, Midsommar compte toute une série de plans fixes, où parfois même la caméra supplante le protagoniste principal de la scène. Un plan en particulier a satisfait un vieux désir cinématographique qui était resté insatisfait, celui d’un lent renversement de la caméra. La nature double de l’être humain était sûrement dans le symbole.

Ein Mangel an Realismus

Quelques réserves s’imposent tout de même. Et elles concernent toutes le fond plus que la forme. Plus précisément, le manque de réalisme du scénario. Midsommar met en scène des personnages idiots, timides au possible, qui m’auraient fait aimer encore davantage le film s’ils avaient adopté un comportement plus rationnel. Vous me rétorquerez que ce sont des étudiants américains, mais j’ose espérer que tous ne sont pas ingénus à ce point-là. Le premier réflexe naturel d’un être humain qui constate qu’il est arrivé dans un nid de vipères, c’est de vouloir en sortir. Or, une minorité d’adolescents tente de s’en aller, alors même qu’ils sont une majorité à se rendre compte que rien ne va.

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Aussi, les scénaristes du film était-ils obligés de zigouiller toute la famille de Dani pour qu’elle soit vulnérable et influençable? Certainement pas. Le zu viel est également présent dans la surenchère de la situation, à deux reprises en particulier: la scène d’un sacrifice humain et celle d’un rite sexuel déjanté. Le malaise du spectateur devient lassitude quand le pire tue le mauvais. Enfin, en deux heures vingt de film, nous n’avons pas le temps de voir un réel endoctrinement des cerveaux de nos jeunes acolytes. La détresse de l’inaction des victimes arrive bien trop rapidement, dans un film pourtant très long. Mais le paradoxe, disions-nous, se trouve au cœur de cet Orden des Sonnentempels mit schwedischer Pilzsoße. Unbedingt sehenswert.

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Jonas Follonier
Jonas Follonier

Jonas Follonier ist Chefredakteur von «L’Agefi» und Essayist sowie Gründer und Vorsitzender von «Regard Libre».

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