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Cinéma

Interview

Voir Vesoul et revivre17 minutes de lecture

par Laure Mi Hyun Croset
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A Vesoul, le Festival international des cinémas d’Asie, dont la nouvelle édition débutera le 27 janvier, fait chaque année salle comble. Rencontre avec Martine et Jean-Marc Thérouanne, artisans d’un miracle culturel exigeant et populaire.

La 32e édition du Festival International des Cinémas d’Asie (FICA) de Vesoul aura lieu du 27 janvier au 3 février 2026. Pendant huit jours, la ville scintillera de mille feux. Des réalisateurs au talent émergeant ou reconnu s’y rendront avec entrain, mais ce qui est le plus incroyable, en ces temps de marasme pour la culture, c’est que les salles seront, comme chaque année, pleines jusqu’au premier rang à toutes les séances.

Le public de ce festival est, en effet, fidèle. Il vient même souvent de loin et discute, enjoué, dans les files d’attente des films à peine visionnés ou de ceux qu’ils verront plus tard dans la journée. Certains spectateurs assisteront à jusqu’à quatre projections et trouveront encore la force et l’envie de participer aux afters, lesquelles rassemblent, dans une ambiance bon enfant, producteurs internationaux, vedettes et visiteurs cosmopolites et locaux autour d’un cocktail, d’un quiz ou encore d’une danse effrénée.

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Le miracle est multiple. Comment peut-on remplir ainsi les salles avec des films d’auteurs qui viennent de pays dont le cinéma est peu connu du grand public, tels que la Birmanie, le Bhoutan, la Malaisie, les Philippines, le Yémen, ou encore le Kirghizistan? Comment ces œuvres parviennent-elles à passionner les spectateurs pour la condition d’être situés à des milliers de kilomètres et éloignés de leur culture, à évoquer discriminations et biais de pensée sans tomber dans un discours moralisateur ou didactique? Où diable Martine et Jean-Marc Thérouanne, les directeurs, trouvent-ils la force de répondre aux journalistes dès l’aube et de mettre le feu à la piste de danse tard le soir?

Entretien avec ces magiciens du septièmeart, qui font de la petite ville taquinée par une célèbre chanson de Brel, pendant plus d’une semaine, un des endroits les plus inspirants de la planète.

Le Regard Libre: Comment l’aventure du festival a-t-elle commencé?

Jean-Marc Thérouanne: Depuis l’adolescence, Martine avait un engagement culturel au sein de l’Association Haute-Saônoise pour la culture, qui s’occupait de faire connaître le cinéma d’auteur. En 1989, elle a fait partie des cofondateurs de l’association du Ciné-Club des Cinéphiles Vésuliens, d’abord comme secrétaire générale, puis comme présidente.

1995 était l’année du centenaire du cinéma. Les frères Louis et Auguste Lumière sont natifs de Besançon en Franche-Comté. Leur père Antoine Lumière, pionnier de la photographie, est né à Ormoy en Haute-Saône, village proche de Vesoul la Franc-comtoise. Nous nous sentions naturellement concernés par la célébration de ce centenaire. Les membres du bureau se sont réunis pour chercher un événement marquant. Quelqu’un a proposé: «Et si l’on créait un festival?». C’est là que l’histoire personnelle de Martine avec l’Asie est intervenue ; elle a proposé «un festival de cinéma asiatique».

Comme nous étions des routards, qui avions parcouru sac au dos toute l’Asie géographique du Proche à l’Extrême-Orient, nous avons conçu cet événement comme un festival des Cinémas d’Asie et non du cinéma asiatique, afin de montrer la pluralité de ces cinématographies. Des films venant de toute l’Asie et pas seulement de l’Extrême-Orient.

Quelles ont été les premières difficultés que vous avez rencontrées?

Au départ, les soutiens financiers étaient bien modestes. Les différents interlocuteurs que j’ai rencontrés me prenaient pour un doux dingue: «Comment, un festival de films asiatiques à Vesoul, alors qu’il n’y a pas de communauté asiatique, à part quelques restaurants chinois et des kebabs turcs?» Et bien justement, ça a marché, en raison du décalage qu’il y avait dans l’esprit des gens entre les cinémas d’Asie et l’idée qu’ils se faisaient de Vesoul.

De ce décalage, nous nous sommes servis comme d’un outil de communication. J’ai toujours été en révolte contre les idées préconçues. Je ne vois pas pourquoi beaucoup pensent que l’on est plus intelligent quand on habite une grande ville plutôt qu’une petite. Martine et moi avons dû lutter bec et ongles contre ce préjugé.

En raison de la modestie du budget, il a fallu l’employer à bon escient, en évitant le gaspillage. Il a fallu convaincre, convaincre encore, convaincre toujours, pour le faire augmenter à la faveur et ferveur du succès, pas à pas, marche après marche.

Les soutiens financiers sont toujours modestes au vu des budgets de festivals de cinéma de l’ampleur à laquelle nous sommes arrivés. 32’000 spectateurs lors du 31e FICA Vesoul en février 2025.

Comment se fait-il que vous n’ayez-vous pas baissé les bras?

Nous sommes francs-comtois. La devise de la Franche-Comté est «Comtois, rends-toi! Nenni, ma foi», Étant également de Bourgogne Franche-Comté, nous avons fait nôtre l’aphorisme du Duc de Bourgogne, Charles le Téméraire «Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer». Nous sommes un peuple du courage et savons que rien n’est jamais acquis dans ce monde. Le lion est sur le drapeau de la Franche-Comté. Il faut beaucoup de travail pour progresser petit à petit et jamais se décourager.

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Avez-vous eu d’emblée l’intuition folle qu’un festival, même situé dans une petite ville excentrée comme Vesoul, pourrait faire un tabac?

Vesoul n’est pas excentrée, on s’en rend compte quand on regarde une carte de géographie de l’Europe. C’est une ville plus centrale que Paris. Nous sommes tournés vers l’Europe. Prenons l’exemple de quatre grands festivals européens de cinéma: Locarno (Suisse), Venise (Italie), Berlin (Allemagne), Cannes (France). Il y a la même distance entre Vesoul et Paris qu’entre Vesoul est Locarno (400 km), la même distance à parcourir pour se rendre à Cannes qu’à Venise (740 km). Pour se rendre à Berlin, une heure d’avion suffit entre l’Euroairport Mulhouse-Bâle (proche de Vesoul) et Berlin est à 950 km de Vesoul).

Vesoul est la préfecture de la Haute-Saône, et la Communauté d’agglomération de Vesoul est la cinquième de Franche-Comté. Elle est plutôt de taille moyenne, et, puis, comme on dit, «small is beautiful».

Mais pour répondre à votre question, non, mon épouse Martine et moi n’avons pas eu d’emblée l’intuition folle que le Festival International des Cinémas d’Asie, à force de travail, finirait par poser Vesoul sur la carte mondiale du cinéma, qu’il s’y rendraient de grands noms du cinéma comme Jafar Panahi (Palme d’or Cannes), Kore Eda Hirokazu (Palme d’or Cannes), Jia Zhang-ke (Lion d’or Venise), Hou Hsiao-hsien  (Lion d’or Venise), Tran Anh Hung (Lion d’or Venise), Brillante Mendoza (Prix de la mise en scène de Cannes)…

Invités sur le tapis rouge. Photo: jfmaillot
Comment avez-vous su que le public saurait s’intéresser à des films contemplatifs ou qui abordent des thématiques personnelles ou sociales difficiles, loin du cinéma mainstream: traversée périlleuse de frontière, disparitions inquiétantes, violences sexuelles, univers carcéral, conditions d’existence d’écrivains ruraux, féminicides, paternité sous diverses formes, handicap, homophobie ou encore infinie solitude?

Martine et moi avons eu le goût du cinéma très jeunes. Martine, à Vesoul, se rendait régulièrement au cinéma Vox, devenu depuis la salle du restaurant Chez Jane, aux séances de 20h00 de la programmation art et essai. Enfant, j’ai vu très tôt des œuvres majeures. Je me souviens très bien de mon premier film asiatique, L’Ile nuede Kaneto Shindo, vu à l’âge de 11 ans, avec mon père, au cinéma Tivoli à Basse-Terre, en Guadeloupe. Cette salle de cinéma était proche de la mer, j’entendais son ressac pendant la projection de ce film minimaliste contant la vie quotidienne de paysans vivant sur une petite île isolée et aride où la mer est omniprésente.

Il y a tout un public pour le cinéma d’auteur, celui-ci est infiniment plus intéressant et distrayant que le cinéma formaté où tout est attendu.

Les festivaliers sont de tous types. En bientôt 32 ans d’existence, le Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul a formé un public averti. A l’origine, les festivaliers étaient avant tout issus des milieux enseignants et de santé, lecteurs de Télérama, auditeurs de France Inter. Par tout un travail sur le terrain, qu’il faut bien qualifier de pédagogique, les milieux sociaux se sont diversifiés. Aujourd’hui, toute la palette sociale est représentée. Le public a compris que dans «festival», il y a «fête», et la fête est pour tous.

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La ville de Vesoul compte 15’000 habitants, la Communauté d’Agglomération en compte 32’000, la Haute-Saône 234’000, la Franche-Comté 1’184’000. Il est donc indispensable de travailler sur le terrain pour mobiliser les festivaliers.

Parmi ces derniers, 60% viennent de la Haute-Saône, 20% des départements limitrophes (Doubs, Territoire de Belfort, Vosges, Côte d’Or, Haute-Marne, Jura), 20% de toute la France et même de Suisse et de Belgique.

La venue, lors du 31e FICA Vesoul en février dernier, du plus grand réalisateur chinois contemporain, Jia Zhang-ke, et de sa muse, l’actrice Zhao Tao, a fait venir des festivaliers de toute la France: de Nice, Marseille, de Montpellier, de Toulouse, de Bordeaux, de Nantes, de Tours, de Lille, de Compiègne, de Strasbourg…

Leur présence comme président du Jury et fil rouge de l’intégrale de leurs 14 longs-métrages a agi comme un aimant. Dans un festival, il faut toujours une tête d’affiche comme locomotive. Les festivaliers viennent pour les grands et découvrent les futurs talents. Un festival, c’est une alchimie.

Sur quels critères choisissez-vous les œuvres que vous voulez faire connaître à votre public?

Le festival se prépare d’une année sur l’autre. Chaque édition comprend une sélection officielle de 90 à 100 films venus du Proche à l’Extrême-Orient, ainsi que quelques films de réalisateurs occidentaux s’intéressant à l’Asie (le Regard de l’Occidental sur l’Asie) ou de réalisateurs asiatiques posant leur caméra en Occident, ceci dans un but de dialogue interculturel.

Pour les sections thématiques, les hommages, les regards sur une cinématographie nationale, régionale ou interrégionale, la préparation peut prendre deux voire trois ans.

La section «Jeune Public» nous met en état de veille de façon permanente. Il faut trouver les bons films selon les tranches d’âge: 3-5 ans, 6-8 ans, 9-11 ans, les collégiens. Le fait que mon épouse Martine était professeur de Lettres, puis enseignante documentaliste en lycée et moi enseignant documentaliste en collège, nous aide beaucoup dans nos choix pédagogiques.

Martine et moi sommes aussi les directeurs artistiques du festival. Nous choisissons les films parmi les 700 films asiatiques que nous visionnons chaque année.

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Pour la compétition long-métrage de fiction, les films doivent avoir été produits dans l’année et être présentés en première française, ou première européenne voire première internationale. Il en est de même pour la compétition court-métrage documentaire.

Les deux sections compétitives sont finalisées en dernier, entre fin novembre et début décembre, tout comme la section «Avant-première».

Pour trouver les films, nous sommes en contact permanent avec les maisons de production pour les films inédits, et avec les distributeurs pour les films sortis en salle, à condition qu’ils aient toujours les droits. Quand ce n’est plus le cas, ce qui arrive, nous sommes obligés de recourir au jeu de piste pour retrouver l’ayant droit.

Le réseautage dans les festivals où nous nous rendons est indispensable. Les soirées, apéritifs, dîners, petits-déjeuners sont faits pour cela. C’est de ces rencontres que naissent les projets. C’est aussi de la communication. Il faut toujours être sur le pont, sinon on vous oublie très vite. En mettant en place chaque année le FICA Vesoul depuis bientôt 32 ans, je songe souvent à l’essai d’Albert Camus consacré au mythe de Sisyphe! Remonter encore et toujours le rocher jusqu’en haut de la montagne – et comme c’est du cinéma asiatique, il s’agit de l’Himalaya!

Dans quelle direction se dirige le festival?

Notre événement a connu une progression constante depuis sa création. La pandémie a empêché la tenue du 27e festival en février 2021. Il a fallu beaucoup de courage et de travail pour revenir à la fréquentation pré-Covid. Lors du 26e édition en février 2020, la fréquentation a atteint le chiffre record de 33’000 spectateurs. Il a fallu mettre en place la 28e édition (20’000), puis la 29e (26’000), puis encore la 30(29’000), et enfin la 31e pour revenir à ce niveau de fréquentation de 33’000 festivaliers.

En 31 ans d’existence, le festival a présenté 2400 films, invité 1000 cinéastes, décerné 300 prix et attiré 800’000 spectateurs. Nous espérons maintenir le cap.

Quel rêve aimeriez-vous encore réaliser par le truchement du festival?

Que le festival nous survive. Cela ne dépend pas de nous, mais des institutionnels, s’ils sont prêts à augmenter les subventions de 100’000 €, afin de rétribuer la directrice et le délégué général qui viendront après nous.

Mon épouse et moi-même travaillons bénévolement depuis 32 ans. Nous avons fait la démonstration qu’il était possible d’implanter un festival international de cinéma asiatique dans un département rural. Nous avons donné le goût de la culture, et du cinéma en particulier, à un très grand nombre de jeunes, comme l’atteste l’attrait pour être membre du Jury Jeune, composé chaque année de 90 membres, ou pour être membre du Jury Lycéen fort d’une trentaine de membres à chaque édition du festival. Certains d’entre eux ont intégré l’équipe du Festival et occupent des postes importants.

L’atout de ce festival, c’est son âme. L’écrivain Laurent Bayart, fin observateur de l’événement, où il se rend depuis de nombreuses années, décrit parfaitement son essence dans son ouvrage V’Asie à Vesoul! Les 25 ans du FICA: «Ce festival, où chaque spectateur porte un nom, constitue un événement unique et rendez-vous annuel précieux en mode «intérieur/nuit» et en version (très) originale!»

L’affiche de la prochaine édition, signée Jade Rognon
Quelle est la mission, selon vous, d’un festival de cinéma?

La mission d’un festival de cinéma est d’ouvrir à la connaissance le plus grand nombre, mais aussi au partage, à l’ouverture, à la tolérance.

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui aimerait lancer un festival culturel?

Travailler sans relâche sept jours sur sept, douze mois sur douze.

Avez-vous repéré un pays dont le cinéma est émergeant ou particulièrement audacieux ou dynamique?

Le cinéma a depuis 130 ans essaimé dans le monde entier. Il serait donc prétentieux de prétendre que l’on a repéré un pays dont le cinéma est émergeant. Notre attention a été attirée par des cinématographies qui venaient de naître sous la houlette de cinéastes venus du toit du monde. Nous pensons tout particulièrement au regretté Pema Tseden, fondateur du cinéma tibétain, ou à des cinéastes du Bhoutan, Khyentse Norbu, Dechen Roder, Pawo Choyning. Nous avons rendu hommage à Pema Tseden, 3 fois Cyclo d’or à Vesoul en 2016 pour Tharlo, en 2019 pour Jinpa et en 2024 (à titre posthume) pour The Snow Leopard, en organisant une rétrospective de l’intégrale de son œuvre en 2020. Cet intérêt pour les cinématographies naissantes nous conduit à mettre en place, pour 2026, une vaste rétrospective sur les cinémas du toit du monde où le Bhoutan occupera une place de choix.

Il y a aussi des «modes» et cela dans les festivals du monde entier. Ce fut par exemple le cinéma iranien, puis philippin, puis Bollywood, puis récemment mongol et puis, sans raison objective, plus rien venant de ces pays. Pourtant, les talents sont évidemment toujours là!

Existe-t-il une spécificité du cinéma asiatique?

Selon moi, il n’existe pas de spécificité du cinéma asiatique, d’ailleurs il n’y a pas de cinéma asiatique, il y a des cinémas d’Asie. Tout comme il n’y a pas de cinéma européen, mais des cinémas d’Europe. Quel point commun entre le réalisateur iranien Jafar Panahi et le réalisateur chinois Zhang Yimou? Quel point commun entre le réalisateur espagnol Pedro Almodovar et le réalisateur suédois Ingmar Bergman? Il y a des individus qui utilisent avec brio l’art cinématographique pour exprimer leur vision du monde. Je parle évidemment du cinéma d’auteur.

Les Cyclos d’or Jia Zhang-ke et Zhao Tao. Photo: jfmaillot
Est-ce que vous pensez que le cinéma est un art particulièrement politique?

Le cinéma est comme la langue d’Esope. Tout dépend de l’usage que l’on en fait. Les pouvoirs dictatoriaux cherchent à faire du cinéma un outil de propagande. Plus subtilement, dans les états démocratiques, des cinéastes font passer leur vision du monde à travers leurs œuvres. Certains films sont davantage le produit de l’air du temps ou imposés par la nécessité d’un combat à mener dans un contexte historique donné. Le cinéma est le reflet d’une époque, à l’image d’autres formes d’art comme la littérature, la peinture, la sculpture, l’architecture… En ce sens, les films, miroir de la société, en reflètent les réalités, les défis, les valeurs et les croyances de l’époque où ils ont été réalisés, et c’est dans ce sens-là que l’on peut dire que c’est un art politique.

Que peut faire le 7e art pour améliorer le monde?

Nous osons espérer que le cinéma, dans une société démocratique, puisse continuer à entretenir l’esprit critique. Il peut nous aider à ouvrir notre imagination, à conserver la mémoire du passé, à préserver les vraies valeurs de partage, de bienveillance, d’amour tout simplement. Il peut faire prendre conscience d’un certain nombre de problèmes politiques, économiques ou encore environnementaux… Un film peut avoir plus d’impact que des injonctions de militants, et donner des raisons d’espérer.


Les accents mis lors de la prochaine édition

La ligne éditoriale du 32e Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, qui se tiendra du 27 janvier au 3 février 2026, mettra l’accent sur les films en compétition venus de toute l’Asie (Iran, Kirghizistan, Inde, Sri Lanka, Chine, Corée, Indonésie, Palestine, Vietnam, Cambodge, Thaïlande…). Ils seront jugés par sept jurys (International, Netpac, Critique, Amis du Musée Guimet, Marc Haaz, Lycéen, Jeune).

Section thématique «Mystères et boules d’opium»

Dans l’imaginaire occidental l’Asie apparaît comme rempli de mystères. Le triangle d’or (Birmanie, Laos, Thaïlande) et le croissant d’or (Afghanistan, Pakistan, Iran) cultivent le pavot d’où est extrait l’opium. Les festivaliers sont invités à découvrir les mystères de l’Orient.

Cinémas du toit du monde – Bhoutan, Népal, Himalaya Pravat (Inde), Sikkim, Tibet (Chine)

Le défrichement et la découverte de cinématographies rares font partie des missions du festival. Celui-ci est connu pour être une tête chercheuse à l’affût des nouveautés ou des perles rares. Les festivaliers mettront leurs pas dans ceux d’Alexandra David-Néel, sur les chemins des pays et régions du toit du monde et de la neige éternelle.

Regard sur les cinémas arabes du Proche-Orient (Liban, Palestine, Syrie, Irak)

Les pays martyrisés du Proche-Orient produisent des films d’une grande force, où l’humour noir surgit comme remède à la violence de l’histoire. Pays du croissant fertile, le Liban et la Palestine sont riches en talents cinématographiques. La Syrie et l’Irak voient renaître un cinéma en reconstruction de l’identité nationale aux thèmes novateurs qui passionneront les festivaliers. La récente caméra d’or du 78e Festival de Cannes 2025 décernée au réalisateur irakien Hasan Hadi pour Le Gâteau du Président en est le signe le plus visible.

Jeunes talents chinois

L’étonnante vitalité de jeunes réalisateurs chinois enthousiasmera les festivaliers par la grande virtuosité de leurs talents et la multiplicité des thèmes abordés avec une grande maturité.

Jeune public – Japanimation

Films d’animation et de fiction sont proposés aux jeunes de 3 à 103 ans. Les festivaliers revêtiront les costumes de leurs héros manga préférés lors de la soirée Cosplay – karaoké prévue le samedi 31 janvier 2026.


Laure Mi Hyun Croset est romancière. Elle est notamment l’auteure du Beau Monde (Albin Michel, 2018) et de Made in Korea (Okama, 2023).

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