Archives par mot-clé : concert

Johnny au cinéma, comme un ultime rendez-vous intime

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Depuis quelques années maintenant, les cinémas s’essaient à retransmettre des concerts en direct – ou en différé. Ce nouveau phénomène répond à la nécessité évidente pour les salles obscures de se réinventer et de diversifier leur offre pour survivre. Survivre, c’était aussi l’histoire d’un homme dont on a beaucoup entendu parler ces dernières semaines, et à juste titre : Johnny Hallyday. Jeudi dernier 14 juin, la Suisse romande a retransmis sur ses grands écrans le concert donné par le chanteur à l’Olympia en 2000.

A lire aussi : « Le théâtre au cinéma »

Continuer la lecture de Johnny au cinéma, comme un ultime rendez-vous intime

Stephan Eicher au Théâtre de Beausobre

Le Regard Libre N° 37 – Alexandre Wälti et Hélène Lavoyer

Sur la scène en pagaille où se mêlent instruments et confettis, quelques chaises désordonnées attestent d’un remue-ménage nocturne. Près du jukebox, un homme semble dormir sur un banc. Une guirlande d’ampoules de couleur pend par-dessus lui. Sur les notes d’un accordéon automatique, une deuxième personne entre en scène, balaie les confettis entre une échelle et une flopée d’instruments. Le tuba est posé au milieu de la scène, un trombone patiente avec deux guitares électriques près du piano et l’indispensable batterie attend au fond à droite.

La scène ressemble à un lendemain de carnaval dans un bistrot où s’est endormi un dernier client. C’est assez à l’image de la musique balkanique du Traktorkestar, bordélique et folle, qui partage l’affiche avec Stephan Eicher et la beatboxeuse Steff La Cheffe. A entendre les sifflements et le tonnerre d’applaudissements qui le portent sur scène, on pourrait croire à un public adolescent devant l’idole du moment. Mais à cinquante-sept ans, l’homme a déjà fait ses preuves et rassemble un public fidèle depuis son album de 1983, Les Chansons Bleues. Des Alémaniques et des Romands se tiennent là, dans le vaste Théâtre deBeausobre, prêts à danser et chanter.

Continuer la lecture de Stephan Eicher au Théâtre de Beausobre

Sion sous les étoiles 2017 : une affiche spectaculaire

Le Regard Libre N° 30 – Jonas Follonier et Loris S. Musumeci

La quatrième édition du festival Sion sous les étoiles s’est déroulée du 12 au 16 juillet derniers sur la plaine de Tourbillon, à Sion. Cet événement valaisan est désormais un véritable rendez-vous romand. Nous y étions pour deux soirs. Nos impressions.

Si Sion sous les étoiles commence à concurrencer le géant Paléo, c’est que le festival mise sur une programmation très ambitieuse. Deux grandes stars sont à l’affiche chaque soir. Certes, cela se ressent sur les prix, oscillant entre 90.- et 110.- CHF la soirée, mais le public en a pour son argent. Le mercredi 12 juillet, ce sont Michel Sardou et Sting qui sont montés sur la scène sédunoise. Avant eux, le groupe suisse Aliose a conquis les spectateurs par sa musique lumineuse et recherchée, suivi de Slimane, vainqueur de la cinquième saison de l’émission télévisée « The Voice ».

Un Sardou cérémonieux

Continuer la lecture de Sion sous les étoiles 2017 : une affiche spectaculaire

Une soirée sucre d’orge au Montreux Jazz Festival

Le Regard Libre N° 30 – Jonas Follonier

Le Montreux Jazz Festival, réputé pour son acoustique exceptionnelle, repose sur une longue tradition mettant en valeur la qualité musicale et les liens subtils entre les différents genres. Le 10 juillet dernier, deux révélations de la chanson française actuelle se sont succédées dans l’atmosphère intimiste et privilégiée du Montreux Palace.

Pour sa cinquante-et-unième édition, le Montreux Jazz Festival a inauguré les « Out of the box », permettant à quelques artistes coups de cœur de se produire dans des lieux historiques de la région. Au Fairmont Le Montreux Palace, le festival a eu l’excellente idée de réunir sous une même soirée deux auteurs-compositeurs-interprètes français. Deux très bons musiciens. Elle, une amoureuse de la musique du langage ; lui, un amoureux du langage de la musique.

Juliette Armanet, un ange tombé du ciel

Continuer la lecture de Une soirée sucre d’orge au Montreux Jazz Festival

Thiéfaine est venu, nous l’avons vu et il nous a plu

Le Regard Libre N° 23 – Jonas Follonier

La tournée avait débuté le 11 avril 2015, à Reims. Elle s’est achevée le 19 novembre 2016, au Zénith de Paris. Un grand marathon pour le chanteur français Hubert-Félix Thiéfaine, qui tient toujours autant à se produire en province et qui apparaît (presque) toujours autant dans les médias, à savoir quasiment jamais. Ce sont cent neuf dates au total que l’auteur-compositeur-interprète natif de Dole, dans le Jura français, a enchaînées dans le cadre de son « VIXI Tour XVII ».

Autant d’occasions pour ses admirateurs de pouvoir le voir à nouveau après sa dernière et non moins titanesque tournée intitulée « Homo plebis ultimae Tour », qui s’était étendue de 2011 à 2013. Autant d’occasions aussi pour Hubert-Félix Thiéfaine de défendre son dernier album, Stratégie de l’inespoir, un opus de très grande qualité dont nous avions parlé dans notre treizième édition en février dernier. Pas moins de huit titres issus de cette oeuvre de 2014 ont été intégrés au répertoire de la tournée, à côté de chansons plus anciennes et souvent cultes telles que 113e cigarette sans dormir, Alligators 427 et bien sûr La fille du coupeur de joint.

Continuer la lecture de Thiéfaine est venu, nous l’avons vu et il nous a plu

Les polnarévolutions

Article partagé par Michel Polnareff sur sa page Facebook officielle le 4 août 2016.

Le Regard Libre N° 8 – Jonas Follonier

Qui est Michel Polnareff ? Que peut-on retenir de son œuvre, de ses révolutions musicales ? Tels seront les deux grands défis de cet article, auxquels je vous invite naturellement à vous intéresser : le jeu en vaut la chandelle. En effet, méfiez-vous de l’image que vous vous faites de cet homme, qui, bien au-delà de ses lunettes et cheveux blonds ondulés qui le caractérisent pour un public large, n’est rien d’autre qu’un génie.

C’est dans la froideur et la tristesse d’une enfance rythmée par le ceinturon facile de son père et la pression qu’il subissait quant à son niveau musical que le jeune Michel, très bon élève, s’avéra très vite (et dut surtout s’avérer) être un pianiste virtuose. La rigueur extrême et étouffante de son cadre familial le poussa à claquer la porte de son foyer à l’âge de vingt ans pour aller, beatnik, jouer de la guitare sur les marches du Sacré-Cœur.

Il est donc très important de bien prendre en compte l’ambivalence qu’il y eut durant son enfance entre le bagage musical classique qu’il acquit et la cruauté du père : par exemple, son fils lui ayant demandé qu’il lui achète une fleur pour l’offrir à une jeune fille qu’il convoitait, L. Polnareff alla acheter un cactus pour son fils pourtant très sage. Ce dernier pointant une mine surprise, l’autorité paternelle lui jeta le cactus à la figure. Continuer la lecture de Les polnarévolutions