Faune en danger, hommes infectés

Le Regard Libre N° 34 – Hélène Lavoyer

La publication d’une étude sur la population des insectes volants par le journal scientifique Plos One crée une vague d’inquiétude. Les chiffres annoncés à la mi-octobre sont alarmants et les dangers pour la faune et pour l’homme, conséquents. Une fois de plus, l’agriculture massive et les produits chimiques utilisés par certains paysans se trouvent pointés du doigt.

Les insectes, apparus sur terre à la période du dévonien inférieur allant de -418 à -359 millions d’années, ont survécu aux changements climatiques et ont continué d’exister à travers les âges. Nombre d’espèces de cette classe se trouvent aujourd’hui menacées par l’activité humaine.

Les rôles principaux d’une pièce complexe

Les insectes volants, qui se déplacent de fleur en fleur, comme les abeilles ou les papillons, permettent la pollinisation de 80% des espèces végétales. Lire la suite Faune en danger, hommes infectés

« Derniers jours à La Havane » de Fernando Pérez

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Ce qu’il y a de bien avec les cycles de Passion Cinéma, c’est que le spectateur ressort rarement déçu d’une projection. Heureusement qu’ils existent, particulièrement en fin d’année. Ils contrent l’invasion des blockbusters avec leur lot de sensationnel et d’explosions, si loin de la finesse de Derniers jours à La Havane du réalisateur cubain Fernando Pérez.

Dès la scène d’ouverture, la succession des gros plans impose un certain cinéma : intimiste et profond. La caméra suit les expressions faciales de Miguel (Patricio Wood, torturé) alors qu’il fait la plonge dans un restaurant sans histoire. Il sort, traverse les rues de La Havane. Fernando Pérez le filme comme dans un documentaire, le faisant avancer dans le chaos urbain de la ville dans l’indifférence la plus totale.

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« Bienvenue à Suburbicon » : Derrière le rêve américain  

Les mercredis du cinéma – Nicolas Jutzet

Ce film évoque l’image caricaturale que se fait chacun de l’american way of life. George Clooney parvient, sans la lourdeur que nous connaissons parfois, à faire ressortir les différentes caractéristiques du pays dans les années 50. Avec un casting détonnant, qui place Matt Damon dans un rôle inattendu mais maitrisé, il a su faire de Bienvenue à Suburbicon une œuvre qui devrait permettre à chaque spectateur d’apprécier les 105 minutes de film.

Derrière la présentation idyllique d’une Amérique paisible qui permet à sa classe moyenne de s’émanciper, le scénario ouvre des perspectives sur des questions fondamentales. Notamment la santé psychique d’une partie de la population, qui noyée par son besoin de consommation semble être prête à s’arranger avec les règles et le savoir-vivre. La relation père-fils, homme-femme, avec ses omissions et ses faiblesses, dévoile une face non soupçonnée de la personnalité du réalisateur.

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« Coco », une touchante ode à la famille

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Qu’est-ce qu’on va pouvoir faire de ce garçon ? »

Miguel Rivera est un enfant de la petite ville mexicaine Santa Cecilia. Il en porte en lui un fort sentiment familial. A l’approche de l’incontournable Dia de los Muertos – la Fête des Morts – tout a été préparé pour réserver aux ancêtres Rivera un bon retour annuel, par des offrandes et l’exposition de la photographie de chacun de ses membres défunts sur l’autel de la maison.

Seule une figure ne trône pas en effigie : celle du père de Mama Coco, l’arrière-arrière-grand-mère et confidente de Miguel. Le mystérieux personnage aurait abandonné sa famille pour suivre son destin : la musique. Considéré comme maudit, la musique elle-même a été complètement bannie et haïe par la famille. Et pourtant, le jeune garçon ne rêve que de devenir musicien. Secrètement.

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Hommage à Jean-Philippe Smet

Les lundis de l’actualité – Jonas Follonier

Johnny Hallyday décédé, c’est comme un cercle carré, ça n’existe pas. Et pourtant, même si Laetitia ne croyait pas elle-même à ce qu’elle écrivit cette nuit-là, ces mots annoncèrent la nouvelle au monde entier : « Mon homme n’est plus. » Au matin du 6 décembre, l’humanité sembla découvrir pour la première fois la réalité irrévocable de la mort, à l’occasion de celle du plus grand chanteur que la France ait jamais connu.

Johnny Hallyday évoque en chacun de nous des milliers de souvenirs, parce qu’il faisait partie de nos vies, comme un membre de la famille que l’on ne rencontre pas souvent mais dont nous savons en permanence qu’il existe. Sa mort m’a d’abord renvoyé aux années de l’école primaire, où, avec un ami, nous avions reproduit à notre façon le clip de la chanson Marie. Je découvrais Johnny, qui allait ne plus jamais me quitter. Lire la suite Hommage à Jean-Philippe Smet

Tariq Ramadan : le silence des complices

Le Regard Libre N° 34 – Jonas Follonier

Après la plainte de deux Françaises à l’encontre de Tariq Ramadan pour viol et agressions sexuelles, et suite à une série de révélations émanant d’anciennes élèves de l’islamologue alors professeur à Genève, les bons observateurs auront ressenti un silence pesant. Accablant. Inacceptable. Celui des islamo-gauchistes.

Si le concept d’islamo-gauchisme peut se discuter, les faits, eux, sont là : a-t-on vu les journalistes de Mediapart, d’habitude si enclins à appuyer les scandales qui descendent les puissants, mettre en lumière l’affaire Ramadan ? A-t-on entendu son président, le trotskiste Edwy Plenel, prendre la parole sur les plateaux ? A-t-on vu le philosophe Edgar Morin ou le sociologue Jean Ziegler se joindre à la cause des victimes ? Non. Lire la suite Tariq Ramadan : le silence des complices

« M », ou l’amour sans paroles

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Tu sais comme les maisons incendiées se penchent l’une contre l’autre. »

Lila est sévèrement bègue. Mal à l’aise, moquée et orpheline de sa mère, la jeune fille mène une vie que personne n’envierait. Son visage semble à tout moment épris de tristesse : peu s’en faut pour qu’elle éclate en sanglots. Elle vit dans un petit appartement, avec un père qui passe son temps devant la télévision en robe de chambre et une petite sœur espiègle n’ayant manifestement reçu aucune éducation. Néanmoins, Lila est dotée d’une véritable âme de poète.

De son côté, Mo est un homme de trente ans secrètement analphabète. Son gagne-pain ? Des courses automobiles clandestines avec des gitans. Lui, orphelin de père, a toujours sa mère, mais il a coupé tout lien avec elle depuis qu’elle l’a abandonné. Deux existences incendiées se rencontrent au hasard d’un arrêt de bus. Si le coup de foudre est évident au premier regard, la communication comporte quelques difficultés entre la bègue et l’illettré. Cet amour mouvementé révélera toutefois une fécondité qui assumera la tragédie respective des amants, au prix de déceptions et larmes.

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