«Duelles», entre satisfaction sensorielle et frustration intellectuelle

Les mercredis du cinéma – Kelly Lambiel

Sur le plan formel, le dernier film d’Olivier Masset-Depasse est un chef-d’œuvre. Lumière, bande-son orchestrale, univers rétro, jeux de caméra techniques et maîtrisés, performance des acteurs, il jouit de qualités esthétiques nombreuses, indéniables. On peine pourtant à se laisser porter et si on sort de la salle les sens satisfaits, on ne se défait pas du goût, certes subtil, mais désagréable qui reste en bouche. Décryptage.

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«After», un avant et un après la passion

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Toi et moi on pourra jamais être juste des amis.»

Tessa est mignonne et gentille. Elle a toujours écouté sa maman et son petit copain Noah. Parce que lui aussi il est tout mignon et tout gentil. En plus, il lui donne plein de bons conseils; il ne veut que son bien. Et des conseils, elle en a besoin pour son nouveau départ. Tessa quitte sa petite ville pour aller à la fac’, à Atlanta. Or le changement n’est pas que géographique, il est radical. Nouvelle école, nouvelle vie. Et nouvelles rencontres. Dont celle de Hardin; un bad boy tout de noir vêtu qui, après résistance, va lui faire tourner la tête, lui faire perdre son sang-froid. Son manège à elle c’est lui! Mais tout n’est pas si simple: la passion a ses raisons que la raison ignore.

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«Tanguy, le retour»: retour vers le passé?

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

C’est le danger de tous les «Machin, le retour». Des films qui assument déjà dans leur titre que le plat qui nous est servi date de la veille. Enfin bon quoi, Tanguy, c’était très drôle, alors pourquoi pas aussi la suite? La réponse ici.

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Le Prix Georges-Nicole pour Adrien Bürki et sa chapelle intrigante

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Le jeune auteur veveysan Adrien Bürki a été récompensé par le prix Georges-Nicole destiné à reconnaître le talent de nouvelles plumes romandes. Sur la Chapelle est un recueil de quatre petits récits tentant de retracer l’histoire de l’ancienne église qui a donné son nom au village St-Légier-la Chiésaz.

C’est un écrit travaillé, à la langue maîtrisée et au rythme léché, que publient les Editions de l’Aire, toujours plus productives (et tant mieux!), à l’occasion du Prix Georges-Nicole 2019, dont elles sont partenaires. Le Regard Libre était présent au Château de Nyon le mercredi 17 avril dernier, quand le prix a été remis à Adrien Bürki. Nous avons pu assister au caractère sérieux et un brin nonchalant d’un jeune auteur qui s’affirme comme tel, caractère se retrouvant en quelque sorte dans sa prose.

Sa prose, je l’ai aimée. J’ai aimé découvrir le temps d’une bonne heure, sur une terrasse ensoleillée d’un printemps neuchâtelois bien présent, les récits de destins singuliers mais imaginaires. Des destins s’incarnant dans l’environnement de la chapelle mise à l’honneur, au fil de son existence. De 800 environ, temps de sa fondation, au XVIIe siècle, qui l’a vu déchoir. Dans cette suite de quatre récits où beaucoup d’importance est donnée à la nature, à l’environnement, au climat, de petites phrases sont dignes d’un grand écrivain: «Ainsi martin grandit, et Saint-Lethgier était à la fois son univers et sa chambre», ou «Charlotte Lanzy entra dans le moulin et dans sa vie.»

Mais cette composition souffre d’un bémol important. Ce qui vaut pour le journalisme vaut en un sens pour la littérature: l’essentiel est de faire en sorte qu’un texte parle aux lecteurs. Or, ici, le caractère suisse romand de ce texte, qui le dote de qualités indéniables, se confond bien vite avec une certaine fadeur. Le plus souvent lors de la lecture de ces quatre récits, nous ne savons pas trop où nous sommes, de qui nous parlons, ce que nous sommes en train de lire et, enfin, si nous y trouvons même quelque plaisir. Heureusement, quelques occurrences remédient à ce défaut. Les passages les plus réussis sont ceux où l’auteur se laisse aller à quelque élan énumératif, comme ici:

«Couché sur le dos, pieds nus, mains sales, yeux clos, la chaleur rose-orange derrière les paupières, chaud, chaud, chaud, l’air dans les narines, le soleil comme une armure de feu sur le corps, dans le dos la pierre cuisante comme celle du potager où on ne doit pas poser la main, mais au moins ici sur la place il n’y avait personne à cette heure-ci pour le chasser ou le moquer.»

Le premier ouvrage d’Adrien Bürki mérite donc d’être lu, d’être très lu, d’autant que la note qui clôt Sur la Chapelle donne à cet écrit tout son sens. On comprend, pour ainsi dire, où l’auteur voulait en venir avec sa fiction, quand on comprend que sa démarche est avant tout historique, du moins qu’elle clôt – comme la note clôt l’ouvrage – un chantier historique auquel Adrien Bürki lui-même a pris part. Chapeau bas pour cette curiosité du passé, une curiosité assez curieuse en l’espèce, certes, mais assez délicieuse également.


Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo: © Jonas Follonier pour Le Regard Libre

Une paix juste ou juste la paix?

Le Regard Libre N° 49 – Clément Guntern

Les conflits contemporains sont de plus en plus caractérisés par une absence de règles. Des groupes armés mais aussi des Etats bafouent chaque jour le droit international. Mais un aspect n’est que rarement évoqué tant la violence est omniprésente: la paix juste.

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Galanterie, machisme et indifférence

Le Regard Libre N° 49 – Jonas Follonier

La galanterie est aujourd’hui considérée comme machiste, du moins par certaines féministes. Selon elles, cette forme française de savoir-vivre masculin à l’égard des femmes cacherait une vision sexiste où la femme serait traitée comme un être faible et fragile.

Or, la galanterie est une marque de civilité parmi d’autres et ne peut donc sérieusement que s’opposer à des réflexes balourds tels que le machisme ou la sauvagerie. Ce qui frappe quand on prend le métro à Lausanne ou à Paris, ce n’est pas le machisme de méchants hommes de droite blancs cis-genres occidentalo-centrés, mais tout simplement le manque de civilité de quelques «ouesh ouesh», de plus en plus nombreux. Ceux qui écartent leurs jambes en empiétant sur les autres sièges avec leur training insupportable.

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Michel Houellebecq: «Sérotonine»

Arrivé dans les librairies le 4 janvier dernier, le septième roman de l’auteur superstar Michel Houellebecq, Sérotonine, se fait des plus déchirants. L’auteur nous raconte l’histoire d’un homme, Florent-Claude, ingénieur agronome de quarante-six ans qui n’a pas su saisir sa chance et qui est passé, stupidement, naïvement, à côté de sa vie. Mais au-delà de l’histoire d’un destin gâché, Michel Houellebecq confirme une fois de plus, pour certains des talents prophétiques, pour d’autres qu’il possède réellement un regard fin et particulièrement aiguisé sur le monde d’aujourd’hui.

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Spotify ou Bandcamp: faire le choix de l’industrie ou de la musique

Le Regard Libre N° 49 – Alexandre Wälti

Comment acheter de la musique? La question paraît sans doute simpliste. Or, la consommation de streaming est en constante augmentation et a chamboulé les revenus des musiciens. C’est plus simple. Il y a un vaste choix. C’est moins contraignant que de rendre visite à un disquaire. Petite comparaison entre Spotify et Bandcamp.

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Le jour de la marmotte

Les vendredis de la microbrasserie – Arthur Schneiter

Arrêtez tout ce que vous êtes en train de faire! Lâchez tout et prenez un train, bus ou métro direction place de la Riponne. Haut lieu de la saison estivale lausannoise, terrasse extrêmement prisée au moindre rayon de soleil, la Grenette a rouvert ses portes au public mercredi et jeudi dernier. Démarrée en grandes pompes par un mini-festival de deux jours, la sixième saison du bar en plein air est officiellement lancée. Je m’y suis rendu hier soir afin de tâter le terrain, bière à la main.

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«L’Apollon de Gaza» nous met en émoi

Les mercredis du cinéma – Lauriane Pipoz

En 2013, une statue d’Apollon est retrouvée au large de Gaza. Chacun a sa théorie sur le mystérieux objet: certains le datent de l’époque grecque, d’autres voient en lui une contre-façon. Les rumeurs vont bon train et l’affaire agite la sphère médiatique. Mais quelque temps plus tard, elle disparaît. Dans cette ville ravagée par la violence, qu’est-il arrivé à l’Apollon de Gaza?

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