«Asterix – le secret de la potion magique»

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Le film d’animation Asterix – Le secret de la potion magique est une grande réussite. En réunissant tous les ingrédients d’un film pour enfants, il enchante aussi les plus grands. Quelques impressions.

Un dessin animé? Suis-je vraiment en train de me rendre au cinéma pour voir cela? Telles étaient naturellement les pensées de l’être empli de préjugés que je suis. Heureusement, la curiosité est aussi toujours de la partie! Et quelle ne fut pas ma surprise positive face à l’écran, tant ce qui s’offrit à moi constitua non seulement un bon moment, mais un véritable spectacle. Comme diraient les Vaudois, j’ai été «déçu en bien».

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«Pupille»: l’adoption ou la promesse de l’aube

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Une jeune femme (Leïla Muse) se présente seule à l’accueil d’un hôpital d’une ville française. Elle est enceinte. De combien de semaines exactement? Elle l’ignore. Elle n’a pas voulu de suivi de grossesse. Ce qu’elle sait en revanche, c’est que son accouchement est imminent et que l’enfant qu’elle est sur le point de mettre au monde, elle n’en veut pas. Cet enfant, elle lui donne un nom: Théo. En l’état, le nourrisson ne peut être adopté. Durant deux mois, sa génitrice peut en effet revenir sur sa décision. Il faut donc lui trouver une famille provisoire avant que le Service d’adoption puisse lui trouver, enfin, de vrais parents.

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« Los fantasmas del Caribe » ou l’identité fragmentée

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Le passé fait que le présent est différent. Quelque part entre deux temps verbaux, deux époques, deux réalités, l’identité trouve malgré tout un fil fragile sur lequel progresser en équilibriste.

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«Putain D’AVC!» : un temoignage indispensable et touchant

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

Un titre fort, dont la colère et la frustration qui surviennent lors d’un accident vasculaire cérébral (AVC) transparaissent bien. Chamboulé par cet événement qui transforma sa femme énergique et restant «joyeuse, heureuse, courageuse, au-delà, souvent, de la raison», Simon Roger-Vermot livre à travers un journal de bord rédigé au cours des semaines passées au chevet de sa femme ou dans les couloirs et autres salles d’attentes des institutions de soin un compte-rendu de l’expérience qu’impose un proche atteint d’un AVC.

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Le Conseil fédéral, plus que de la représentation

Les lundis de l’actualité – Diego Taboada

Avec l’élection au Conseil fédéral la semaine dernière, le monde politique suisse reprenait ses titres de noblesse, chahuté en Romandie par les affaires Broulis, Savary, Maudet et Barazzone. Après la prise de conscience collective que la Suisse n’est pas épargnée par les sorties de route politiciennes, c’est un retour à la «normalité», qui tombe à pic.

Le genre, nouveau critère 

C’était au tour de Johann Schneider-Ammann (PLR) et de Doris Leuthard (PDC) de tirer leur révérence après de longues années de bons et loyaux services à la patrie. L’élection au Conseil Fédéral est une institution en elle-même, régie par des us et coutumes plus au moins codifiées. C’est aussi peut-être l’un des rares exécutifs nationaux dont le critère essentiel est la représentation, et non le programme. La représentation linguistique évidemment – inscrite plus ou moins clairement dans la constitution – exige que les différentes langues soient représentées au mieux au le gouvernement. La représentation des sensibilités partisanes ensuite – la fameuse «formule magique», garante de stabilité – implique que les partis soient présents dans l’exécutif en fonction de leur poids à l’Assemblée fédérale. Ces deux critères sont en général scrupuleusement respectés. 

Lors de cette campagne, l’on a eu droit à un nouveau critère, omniprésent :celui du genre. Il était impératif que les deux futurs conseillers fédéraux soient des femmes, afin de respecter la parité. Une revendication toute naturelle, surtout à l’heure où la question du genre est en première ligne, du mouvement #metooau débat sur l’égalité salariale. Dont acte. Karin Keller-Sutter et Viola Amherd sont des femmes. 

La compétence: un critère souvent oublié 

Mais hormis la qualité de «femme», qui a été principalement mis en avant, pendant et après l’élection par la majorité des commentateurs, Karin Keller-Sutter et Viola Amherd sont de formidables politiciennes avec un bilan que beaucoup peuvent envier.

Mme Keller-Sutter s’est consacrée aux affaires de sécurité et justice lors de son mandat au Conseil d’état à St-Gall avant de se tourner vers l’économie et la santé au Conseil des Etats, qu’elle a présidé en 2017. Candidate malheureuse au Conseil fédéral en 2010, elle fait partie des parlementaires les plus influents. Mme Amherd est reconnue pour son efficacité (notamment lors de son passage à l’exécutif de la ville de Brig), son travail et son profil consensuel. Son engagement pour la Suisse périphérique fait également partie de sa marque de fabrique. Pourquoi donc tant insister sur le fait que ce soient des «femmes», ou originaires de régions minoritaires comme la Suisse orientale ou le Haut-Valais? Pourquoi leur avis sur la réforme des retraites, l’accord-cadre avec l’UE ou le rôle des entreprises publiques comme la Poste ou Swisscom n’est pas ce qui devrait intéresser? 

Dans un pays comme la Suisse qui se caractérise par sa fragmentation culturelle et linguistique, il est évidemment essentiel que les différentes sensibilités soient représentées. De plus, l’élection de deux femmes au Conseil fédéral est un symbole fort et important pour la cause féministe et égalitaire. Cependant, en insistant uniquement sur leur genre et moins sur leurs compétences intrinsèques (ou de manière subsidiaire), c’est laisser la possibilité de penser que ce n’est finalement que cela qui compte, ce qu’elles représentent. Souligner leur compétence, leur parcours, leur capacité et préparation à assumer la charge de Conseiller fédéral en tant qu’individu et non en tant que membre d’un groupe est bien plus valorisant. Cela permet également de couper l’herbe sous le pied à ceux qui, encore, considèrent que les femmes n’ont rien à faire en politique. La légitimité doit venir de la compétence de chacun, non pas de son genre, ou de son canton d’origine. 

Représenter, oui, mais pas seulement

Avec cette obsession de représentation, l’on minimise souvent que le rôle de conseiller fédéral est exigeant. Sept ministres, en charge chacun de trois ou quatre départements. La collégialité dans laquelle se prennent les décisions implique que chaque conseiller doive se charger de ses thématiques mais également s’intéresser à celles des autres, car la figure de premier ministre qui tranche sur les différents thèmes n’existe pas en Suisse. C’est donc bien une fonction éprouvante, avec une charge de travail impressionnante qui nécessite des individus préparés. 

Par ailleurs, la récente polarisation et médiatisation de la politique suisse ainsi que la complexité des enjeux auxquels fait face le pays implique que les membres du gouvernement soient toujours plus préparés, compétents, et non simplement des caisses enregistreuses des décisions de leur parti. 

L’équilibre entre les régions linguistiques et la présence des femmes dans les institutions politiques est un enjeu important de notre siècle, mais cette «frénésie de la représentation» ne doit pas faire oublier qu’il est essentiel d’avoir des personnes compétentes, capable de forger des compromis mais aussi d’avoir une ligne politique claire. Avec Karine Keller-Sutter et Viola Amherd, on peut non seulement saluer des représentantes féminines, mais surtout des politiciennes capables, qui aideront la Suisse, espérons-le, à faire face aux défis qui l’attendent.

Ecrire à l’auteur : diego.taboada@leregardlibre.com

Crédit photo: © Wikimedia CC 2.0

Zélig, un caméléon dans la jungle universitaire

Les vendredis de la microbrasserie – Arthur Schneiter

Cette semaine, il n’est point question d’une brasserie locale… mais de plusieurs. Ou plutôt, d’un endroit qui en regroupe plusieurs. Pour les Neuchâtelois, l’adresse ne sonne peut-être pas comme une évidence, mais à Lausanne, Zelig est une institution. Fondée il y a presque trente ans par plusieurs étudiants de l’UNIL, l’association, qui se définit comme un «espace de rencontre» que comme un bar à proprement parler, réunit sous sa houlette une multitude d’activités.

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Les duos subtils de Véronique Sanson nous la font redécouvrir

Les mélodies du jeudi – Jonas Follonier

Cet article sera accompagné d’encadrés, de commentaires et de compléments sur l’œuvre et la vie de Véronique Sanson, dans notre édition de janvier, en commande ici.

La grande artiste française Véronique Sanson n’avait pas besoin de publier cet album pour que l’intemporalité de son génie soit reconnue. Et pourtant, elle a bien fait de le faire. Duos volatils, sorti le 23 novembre dernier, réunit des duos inédits avec d’autres figures actuelles de la chanson française, toutes générations confondues. Sanson réinterprète ainsi en studio ses plus grands succès avec des confrères. Cette dimension essentielle de l’altérité a le mérite de nous faire entrer encore plus dans le monde de la chanteuse. Nos trois coups de cœur.

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«Les Veuves», un film féministe mais pas que

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Je voulais juste savoir comment vous alliez après la perte de votre mari.»

Les portraits de quatre vies familiales se succèdent, entrecoupés d’une scène de cambriolage assez chaude et mouvementée. Les quatre familles sont celles des quatre braqueurs. Ces derniers, pris la main dans le sac, sont cernés par les forces de l’ordre après une course-poursuite. L’épisode se termine en coups de feu de la part d’une police acharnée. La mort des quatre bandits laisse désormais place à quatre veuves. Malgré le deuil, elles ne sont pas au bout de leurs peines. La mafia afro-américaine locale tient à ce que ces quatre femmes leur remboursent des dettes

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«Voyage à Yoshino (Vision)»: un shinrin-yoku

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Alors que la fin de l’été approche, Jeanne (Juliette Binoche) s’envole pour le Japon. La raison de ce périple est une plante rare aux vertus prétendument miraculeuses: la vision. Celle-ci aurait comme propriété de mettre un terme aux douleurs humaines et se trouverait dans la magnifique forêt de Yoshino. Alors qu’elle mène ses recherches, Jeanne fait la rencontre de Tomo (Masatoshi Nagase), un garde forestier en qui elle revoit un amour passé.

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«Au nom du père», de ses deux fils et de son esprit détraqué

Les mercredis du cinéma – Diana-Alice Ramsauer

Un article paru dans Bon pour la tête

Oui, la série Au nom du père regroupe tous les questionnements d’une frange de la population aisée, centrée sur son petit épanouissement personnel: rapport au père, problème de couples, spiritualité, gestion des émotions ou encore découverte d’une sexualité LGBTQIA*. Et pourtant, la force des émotions qui en ressort n’est pas anodine. Le jeu de l’acteur Lars Mikkelsen, primé aux Emmy Awards pour la meilleure interprétation masculine, n’est pas étranger à la puissance du récit. Continuer la lecture de «Au nom du père», de ses deux fils et de son esprit détraqué

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