Archives par mot-clé : danse

« Climax », le climat du maximum

Neuchâtel International Fantastic Film Festival – Jonas Follonier

Nous sommes en 1996. L’élite des jeunes danseurs urbains s’apprête à faire une petite fête avant de partir en tournée. Un petit banquet a été préparé. Dans ce banquet, de la sangria. Dans cette sangria, un quelque chose qui va leur faire tourner la tête. Tous, danseuses et danseurs, homosexuels et hétérosexuels, toxicomanes et cleans, vont plonger dans un état inquiétant. Une soirée d’horreur va s’ensuivre, un cauchemar donnant le tournis et le vomi. Le réalisateur ? Gaspard Noé, évidemment.

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Michael Mooleedhar, un cinéaste qui apporte à Fribourg la danse et l’insouciance trinidadiennes

Le Regard Libre N° 38 – Loris S. Musumeci

Dreadlocks, chapeau et écharpe arborant les couleurs de la République de Trinité-et-Tobago. C’était la tenue de Michael Mooleedhar au Festival International de Films de Fribourg. Le cinéaste y a présenté son premier long-métrage : Green Days by the River, adaptation du roman éponyme de Michael Anthony. Rencontre au rythme de la danse et de l’insouciance.

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« Kâbus, les fantômes de l’espoir » – Rencontre avec Alice Fargier

Le Regard Libre N° 38 – Loris S. Musumeci

Dossier spécial « FIFF 2018 »

Alice Fargier est une cinéaste franco-suisse. Elle est passée par le théâtre, puis par la mise en scène cinématographique où elle a assisté de prestigieux réalisateurs asiatiques comme Hong Sang Soo et Tsai Ming Liang, pour en arriver à l’art de la création sonore au service de la radio France Culture. Désormais, elle se consacre à la réalisation de courts-métrages. Rencontre avec cette amoureuse des sons et des images.

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Einstein raconté par l’union des arts

Le Regard Libre N° 37 – Jonas Follonier

Ponctué d’extraits de lettres écrites par Einstein, la pièce éponyme a mis à l’honneur le scientifique et sa folie créatrice le 1er mars dernier au Théâtre du Crochetan. Mis en scène par Stéphanie Boll, le spectacle a réuni théâtre, danse et musique. Impressions.

Une faible lumière apparaît peu à peu sur le plateau. Un homme court sur pattes s’avance sur la scène, très hésitant. On reconnaît Einstein aux cheveux bouclés du jeune comédien ainsi qu’à sa moustache. Il se met alors à dessiner ce qui ressemble à la courbe d’une fonction sur l’immense tableau noir qui trône parmi le décor. Puis, des symboles mathématiques aussi complexes que mystérieux, à une rapidité de plus en plus effrénée, au son d’une musique qui ne va pas s’arrêter.

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« Red Sparrow », quand l’innocence n’existe plus

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« – Tu es venu t’apitoyer ?
– Non, je suis venu pour t’aider. »

Une jeune femme se prépare pour sa représentation de danse au Théâtre du Bolchoï cependant qu’un homme glisse un pistolet dans sa ceinture à l’arrière de ses pantalons. Le ballet s’ouvre ; la nuit tombe. Les violons du Théâtre s’engagent tout en douceur ; l’homme armé s’engage dans une ruelle. Les violons s’accélèrent et la tension monte pour l’homme : il est suivi. La danseuse étoile entre en scène. Elle est lumineuse et gracieuse. Les sirènes de la police s’enclenchent. L’homme tâche de fuir au pas de course. La danseuse, de son côté, saute sur ses pointes. Elégante. L’homme est cerné ; la danseuse chute violemment.

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« Green Days by the River »

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Tu as quitté l’école pour cueillir du cacao ? »

Tambours, chants. Les pêcheurs à la rivière ; les oiseaux volent d’arbre en arbre, traversant le ciel. Dans cette nature immaculée, un garçon, Shell, fait l’expérience de la nature humaine : il observe, saisi et éberlué, une jeune fille qui se baigne dans la rivière. Ses formes sont toutes faites de grâce, sa peau est chaude ; son regard, séducteur. Il s’agit de Rosalie, la fille de l’agriculteur indien Gidharee.

Ce dernier connaît la famille de Shell. Il est ami du père, malade, et développe une sympathie toute particulière pour le fils. Gidarhee lui propose de partir avec lui et ses chiens à la chasse et à la cueillette dans son immense domaine. Shell voit là une occasion de tuer l’ennui des vacances d’été, de se rapprocher de Rosalie et d’apparaître en gendre idéal. La drague légère commence, le travail s’amplifie et Shell devient un homme. Avec ses plaisirs et ses responsabilités, même les plus contraignantes.

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« Ballerina »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Les rêves ne se réalisent pas. Ce ne sont que des chimères. La vie est sans pitié. »

Félicie et Victor se l’entendent dire au quotidien. Les deux orphelins bretons rêvent cependant de fuir le vieux monastère de Quimper pour s’envoler vers Paris et goûter à sa magie. Elle se voit déjà briller en étoile à l’Opéra Garnier ; lui veut devenir le plus grand des inventeurs.

Les ballets de la majestueuse institution artistique rayonnent dans toute l’Europe. L’ingénieur Eiffel réalise un certain projet de tour, encore en chantier, au centre ville, ou de fameuse statue qui deviendra symbole de l’outre-Atlantique. Nous sommes dans le glorieux Paris bouillant de charme des années 1880, décoré de la nouvelle architecture du baron Hausmann. Continuer la lecture de « Ballerina »

« Polina, danser sa vie »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« C’est quoi pour vous danser ?
Ça vient tout seul. »

Au rythme de la musique et du sang chaud en singularité, Polina, danser sa vie raconte l’histoire éternelle et banale d’une ballerine russe, dans les années 1990, en plein post-communisme.

Le corps de Polina est fin, son mouvement gracieux, et danser lui « vient tout seul ». Ses modestes parents, au moyen de nombreux sacrifices, l’inscrivent alors aux cours de l’exigeant Bojinski pour devenir un jour l’étoile du symbole de la fierté russe : le théâtre du Bolchoï.

La petite fille grandit, sa silhouette devient plus fortement délicate et son regard et ses lèvres plus sensuels. Après plusieurs années dures et fermes chez le maître, il est temps de passer l’audition pour pénétrer le rêve du Bolchoï. Polina passe remarquablement l’audition, mais, du haut de ses dix-huit ans, elle tombe amoureuse d’un charmant danseur français, de passage à Moscou. A la triste amertume de sa mère, la petite étoile décide de s’envoler pour Aix-en-Provence en compagnie de son âme sœur. Continuer la lecture de « Polina, danser sa vie »

Un local culturel ouvre à Neuchâtel

Le Regard Libre N° 20 – Jonas Follonier

En plein centre-ville de Neuchâtel, dans l’un des nombreux beaux immeubles de cette cité estimable, ce n’est pas un appartement d’habitation, un « open space » ou un salon de massage qui vient d’ouvrir ses portes, mais un local aménagé par des jeunes de la région soucieux de créer un espace culturel. Et pas n’importe lequel. Ni élitiste ni alternatif, le Lokart a pour vocation de servir de lieu de création et de présentation de toute forme d’art. Lors du week-end d’inauguration les 27 et 28 août derniers, j’ai pu échanger des propos avec l’un des membres fondateurs du collectif artistique.

Jonas Follonier : Bonjour, pouvez-vous nous dire d’où est née l’idée de créer un tel local ?

Mehdi Berdai : L’origine se trouve clairement dans des intérêts communs pour la culture, notamment neuchâteloise. Le noyau s’est créé autour de la danse, avec Héloïse Marcacci et moi. D’autres personnes se sont vite montrées intéressées par notre projet : Virginia Eufemi et Thierry Fivaz, tous deux passionnés de théâtre, de cinéma et d’art pictural ; Lisa Mazenauer, interessée par la photographie et l’approche du corps, ainsi que Sacha Dubois, qui nous a rejoints par la suite et qui lui a apporté la dimension théâtrale.

Ce local dans lequel nous nous trouvons me paraît être un endroit rêvé pour les amoureux de soirées culturelles et de débats (j’en fais partie). A quoi sera-t-il destiné ?

Tout d’abord, il va nous servir à donner des cours dans les domaines où nous avons une certaine expérience. Héloïse donnera des cours de danse orientale et de tribal fusion, pour ma part ce sera la danse classique. Des leçons de renforcement corporel seront proposées par nous deux. Ensuite, la salle peut aussi très bien se prêter à des soirées débats, à des vernissages d’ouvrages, etc. Enfin, le local a un potentiel cinématographique vu qu’il possède un écran. Le studio peut servir à d’autres compagnies et associations que nous, cela va de soi. Continuer la lecture de Un local culturel ouvre à Neuchâtel