Archives de catégorie : Musique

Offenbach, le premier postmoderne

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | Si la modernité commence à la Renaissance avec la remise en valeur du patrimoine antique, la postmodernité pourrait bien débuter avec la relativisation de cet héritage. Offenbach est ainsi le premier qui ose mettre en scène les dieux de l’Olympe pour s’en moquer. Mais il n’y a jamais chez lui d’effronterie gratuite. Dans ses œuvres, on retrouve tout un programme de remise en question de l’establishment: il thématise la libération sexuelle, l’émancipation de la femme. Il se moque de la force militaire, il met en doute la légitimité du pouvoir politique, il montre les aspects ridicules de l’amour bourgeois… On peut avoir l’impression qu’il n’était qu’un saltimbanque. En fait, seul l’humour lui permettait de dire ce qu’il n’aurait jamais eu le droit d’exprimer dans un genre plus sérieux que l’opérette.

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Le concert idéal de Johnny Hallyday qui n’a jamais existé

Article inédit – Daniel Wittmer

Community manager pour Le Regard Libre – c’est-à-dire membre de l’équipe qui s’occupe des réseaux sociaux du magazine – je cultive avec mon boss une même passion intime pour certains domaines de la musique, et plus particulièrement pour Johnny Hallyday. A l’occasion des 78 ans que l’artiste aurait eu le 15 juin 2021, nous nous sommes prêtés à un jeu extrêmement pointu. Et ô combien révélateur de l’univers précis qui nous fait rêver tous les deux, bien au-delà du chanteur. Voilà que je prends la plume pour vous raconter cette expérience.

Lire l’article (en libre acccès)

William Sheller arrête la chanson et se livre: «En 2018, un autre moi est né»

Le Regard Libre N° 75Jonas Follonier

L’un des plus grands noms de la chanson française publie son autobiographie. L’auteur, compositeur et interprète des fameux Un homme heureux, J’cours tout seul, Le carnet à spirale et autres perles comme La navale, Centre-ville ou Chanson lente, retrace sa drôle de vie dans William, sorti en mars aux Editions des Equateurs. Se prêtant au jeu des confidences et allant surtout au bout de son art à lui, transmettre des impressions et des émotions dans leur vérité crue, l’artiste détaille son parcours inimaginable, bousculé par tant d’événements et de personnalités. William Sheller, un homme émerveillé et autant ému qu’émouvant, a accepté avec plaisir notre demande d’entretien. Découvertes sur son père, bisexualité, passion de la composition, hypersensibilité, cocaïne, critique de l’époque actuelle: aucun sujet n’est évité sur une vie écrite en lettres capitales, à l’encre bleue.

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Tchaïkovski, fragile et pourtant maître de son destin

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | Beau malheur, un oxymore qui caractérise bien la musique de Tchaïkovski. Très sensible, trop sensible, il souffrit toute sa vie de son homosexualité, d’une certaine manie de la persécution, de manque de confiance en soi, de l’incompréhension des autres musiciens… Même s’il n’a pas été le seul homme à souffrir, il est sans doute celui qui a réussi à exprimer la douleur de la manière la plus poignante. Non seulement ses mélodies sont magnifiques, mais elles mettent son âme à nu, elles semblent surgir du tréfonds de sa détresse pour s’élever vers le ciel. Pourtant, derrière cette fragilité, se cache un homme qui savait bien ce qu’il voulait, comme le montre sa détermination à publier ses œuvres telles quelles, malgré les critiques, jusqu’à sa mort programmée, pour laquelle il compose son propre requiem, la Pathétique.

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Mendelssohn, le romantique qui peignait avec l’orchestre

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | «Ah, vous aimez Mendelssohn». Dans une soirée mondaine, c’est sans doute le compositeur dont il ne faut pas trop chanter les louanges. Sa musique est trop accessible pour que vous puissiez attirer l’intérêt de votre interlocuteur. Le snob tend à oublier que la facilité est une qualité compatible avec la grandeur et avec la beauté. Mendelssohn était considéré comme le meilleur compositeur de son époque, en tout cas en Angleterre. Voici un petit tour d’horizon pour nous débarrasser des préjugés à son égard et découvrir ce qu’il a d’original et de profond.

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Johannes Brahms, ours mal léché ou homme blessé?

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David David | Brahms, une réputation de misanthrope, une musique souvent lourde, trop académique. Brahms, un Allemand du Nord, n’aimait guère la France, et les compositeurs français n’ont eu de cesse de le dénigrer. On disait que, grâce à ses nombreux voyages en Italie, sa choucroute était souvent arrosée d’ambroisie, la boisson des dieux. C’est vrai… Derrière une certaine pesanteur, il y a des passages «divins» d’une intense beauté. C’est pourquoi, s’il me fallait emporter sur une île déserte une seule minute de musique, c’est chez Brahms que je la prendrais. Brahms est, en réalité, un homme profondément blessé par une enfance malheureuse comme musicien dans un cabaret du port de Hambourg; mais c’est de cette blessure que surgit la musique sublime que je choisirais de garder. Cette blessure nous aidera peut-être aussi à mieux le comprendre et à lui pardonner sa gaucherie.

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Chansons de Noël: entêtantes ou attachantes?

ARTICLE LONG FORMAT, Anaïs Sierro | La période de Noël est terminée. Mais c’est tout juste si l’on n’a pas encore dans nos têtes l’une ou l’autre chanson de Noël. Celles que l’on déteste dans les magasins ou celles que l’on chérit sous le sapin. Mais alors, pourquoi notre relation à ces dernières est-elle si contradictoire? Et pourquoi le marché musical continue-t-il à surfer sur la vague de «Noël»? Peut-être et simplement parce que comme tout style musical, il en existe des sous-catégories. Et dans ce cas précis, il y en a deux grandes: les «mélancoliques» et les «divertissantes».

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«Idiot Prayer : Nick Cave Alone at Alexandra Palace», la grâce comme horizon

ARTICLE LONG FORMAT, Fanny Agostino | Longtemps peu enclin à répondre aux questions des journalistes, Nick Cave s’inspire de conversations avec son public pour repenser quarante ans de carrière sous la forme piano-voix. L’australien dispense un récital solitaire en toute transparence. Une confidence magnifique, sans échappatoire et sans tricherie.

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Frédéric Chopin, des armes parmi les roses

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | Chopin, une sensibilité exquise, un musicien souffreteux, fragile, dépressif… C’est volontiers ainsi qu’on se le représente. Et pourtant, Robert Schumann décrira sa musique comme des canons enfouis sous les fleurs. Chopin est en fait un pianiste politique, qui symbolise la Pologne libre. Par ailleurs, il avait beaucoup d’entregent et c’est pourquoi il était ami de tant d’artistes célèbres. Il n’était pas une bête de scène comme Liszt, mais savait se montrer charmant et drôle. L’expression «des armes parmi les roses» s’applique aussi à sa musique: la mélodie agréable et classique, presque à l’eau de rose, est souvent accompagnée d’une harmonie osée, propre à lui seul, qui rend ses compositions géniales.

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Pomme, poésie dans nos cœurs

ENTRETIEN LONG FORMAT, Indra Crittin | Si l’on décrit, à juste titre, Claire Pommet, alias Pomme, comme une auteure-compositrice-interprète, voyez-la plutôt comme une aquarelliste. Pour son dernier projet musical, sa plume – enfin, son pinceau – a baigné dans une mer de larmes, un océan d’incertitudes. Ce qu’elle dépeint est basé sur la transparence de ses émotions – une palette de couleurs authentiques. L’artiste lyonnaise livre son manque de confiance en soi, sa peur de la mort, et ses autres expériences de manière à ce que l’on s’identifie à elle, tout en développant notre propre interprétation de son œuvre. Rien d’étonnant à ce que son travail soit minimaliste: peu de couches de peinture sont nécessaires pour que la lumière se réfléchisse. Celle qui a été profondément marquée par Barbara, la dame en noir, et qui a commencé à se faire connaître avec des reprises sur YouTube, nous embarque désormais dans son univers poétique, à la fois sombre et lumineux. Son dernier carnet de voyages? Une (dernière) réédition de son deuxième album «Les Failles», élu Album révélation aux Victoires de la musique 2020. Loin de son premier album qui était A peu près ce qu’elle voulait, cet opus témoigne de choix artistiques pleinement assumés. Discussion avec cette jeune artiste sacrément douée, qui désacralise les tabous et écrit notamment de magnifiques chansons d’amour.

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