Depardieu: Die Absurdität der Entscheidung von RTS in fünf Punkten
Zeichnung von Nathanaël Schmid für Le Regard Libre
Mit der vorübergehenden Aussetzung von Filmen, in denen Depardieu die Hauptrolle spielt, macht der öffentlich-rechtliche Rundfunk mindestens fünf Fehler in einem. Nicht nur muss zwischen Mensch und Werk unterschieden werden, sondern diese Entscheidung öffnet die Büchse der Pandora und RTS schießt sich selbst in den Fuß.
Nach dem belgischen Fernsehen entschied sich auch das Schweizer Radio und Fernsehen (RTS) Ende Dezember dafür, Filme, in denen Gérard Depardieu eine Hauptrolle spielt, «punktuell» aus seinem Programm zu streichen. Der französische Schauspieler, der von mehreren Frauen der Vergewaltigung und sexuellen Nötigung beschuldigt wird, war in die Schlagzeilen geraten, als er in der Sendung «Complément d'enquête» auf Bildern zu sehen war, die ihn mit obszönen Ausflügen in Richtung der Frauenwelt zeigten. Ein kleines Mädchen auf einem Pferd, das an ihm vorbei reitet, wird in einem der schlechten Witze, die er in seinem Umfeld reiht, sogar sexualisiert. Die Entscheidung von RTS ist ebenfalls ein schlechter Witz, und zwar aus mindestens fünf Gründen.
1. Die Werke unterscheiden sich vom Menschen.
Bien qu’on ne puisse pas trennen strictement l’acteur de la personne, il est possible d’admirer son talent artistique indépendamment du reste. Quand bien même on serait d’avis qu’une œuvre est marquée par la conduite de son créateur, cela ne serait pas sa allein dimension. Sonst könnte man nicht den berühmten Reise ans Ende der Nacht de Louis-Ferdinand Céline autrement que sous le prisme de l’antisémitisme de l’auteur, ce qui est absurde. Il existe des lecteurs de ce roman qui l’apprécient sans rien connaître de Céline.
Une majorité de Romands peut avoir été choquée par le comportement de Depardieu dans les images de «Complément d’enquête» – si tant est qu’il y en ait autant qui les aient vues, ce qui est peu probable: ces mêmes Romands peuvent zur gleichen Zeit affectionner les films dans lesquels joue l’acteur. En supposant le contraire, la RTS ne prend-elle pas ses téléspectateurs pour des idiots?
2. Das Aussetzen von Filmen mit der Begründung, dass sich das Publikum «mehrheitlich verletzt fühlen» könnte, wirft die Frage nach dem Kriterium auf.
A partir de quand une personnalité devient-elle indésirée des Romands, et comment la RTS fait-elle pour le «sentir» (c’est le verbe employé deux fois par le porte-parole interrogé par l’AFP)? Y a-t-il un degré d’immoralité à atteindre? D’ailleurs, la RTS sait-elle ce qu’est une moralité exemplaire? Pierre Palmade, on a compris qu’on ne le verrait plus. Mais alors, les films de Polanski? Ceux produits par Weinstein? Du reste, parle-t-on seulement d’actes et de paroles touchant au sexe ou d’autres types de méfaits entrent-ils aussi en compte? Et doivent-ils avoir un caractère judiciaire?
Concernant «Gégé», ce sont apparemment ses propos graveleux qui ont suscité le rejet, pas les plaintes pénales. Mais imaginons qu’on retienne ce critère juridique: Depardieu est présumé innocent. La RTS pourrait dire que le retrait de ces films est provisoire et que si l’acteur est reconnu coupable par les tribunaux, elle confirmera sa décision, mais pourquoi cette double peine pour l’acteur? Pourquoi un média ferait-il une seconde fois le travail des juges?
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Auch Mein Kampf est disponible dans des librairies, dans une version très annotée pour contextualiser le propos. Justement, c’est son contenu qui rend pertinent le débat autour de ce livre: dans ce pamphlet, Hitler appelle à la violence. Nul film avec Depardieu ne fait l’apologie d’un crime.
3. Le service public ne devrait pas viser à montrer au public seulement ce qu’il veut voir.
Au contraire! Pourvu qu’il nous heurte. Tout comme le journalisme, qui vise à transmettre des informations et réflexions au public, que celles-ci lui plaisent ou non, la fiction a entre autres facultés celle de nous faire réfléchir, et parfois changer d’avis. Un bon programmateur ne cherche pas à choyer sa clientèle, il vise à lui proposer une offre de qualité.
4. En plus, un film, c’est une œuvre collective.
Il est regrettable de punir toute une équipe d’artistes, de salariés, pour la méconduite d’un seul homme.
5. Mit dieser Entscheidung schwächt RTS den Service public.
Wer einen Film mit Depardieu in der Hauptrolle sehen möchte, kann dies jederzeit tun: Er wird auf private Kanäle oder Plattformen gehen, um sich einen Film anzusehen. streaming qui n’ont pas choisi pour lui ce qui pourrait le choquer. Une situation d’autant plus ironique qu’elle intervient dans le contexte d’une votation à venir sur le montant de la redevance audiovisuelle, que d’aucuns souhaiteraient abaisser. La RTS voudrait scier la branche déjà entaillée sur laquelle elle est assise qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.
5 Kommentare
Vielen Dank, Madame. Zögern Sie nicht, sich für unseren kostenlosen Newsletter anzumelden (https://leregardlibre.com/newsletter/).
All das ist eine tolle Werbung für ihn
danke für Ihre "erhellenden" Kommentare ....mehrere Elemente helfen zu verstehen, ohne zu urteilen, danke. Micheline Sagourin
Vielen Dank, lieber Philippe!
Jedes Mal lese ich Artikel und Überlegungen, die die öffentliche Debatte heben. Für dieses erneute intellektuelle Glück ein herzliches Dankeschön! Philippe Bender, Fully (Wallis).
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