Archives par mot-clé : jeunisme

Est-ce à Greta Thunberg de recevoir un prix Nobel?

Les lundis de l’actualité – Clément Guntern

Il y a quelques jours, des parlementaires norvégiens ont annoncé qu’ils allaient proposer la jeune militante suédoise pour le climat au prix Nobel de la paix. On peut légitimement se demander pourquoi. Certainement parce que ses coups d’éclats médiatiques lui ont permis d’être entendue par une très large audience. Ses prises de parole – qui frappent par leur vivacité et leur côté offensif – adossées aux mots qu’il faut pour être entendue lui ont donné une légitimité médiatique soi-disant mondiale. Mais c’est tout.

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Pierre Maudet, l’arrogant du bout du lac

Regard sur l’actualité – Nicolas Jutzet

Pierre Maudet est donc officiellement candidat. Etonnant : il est pourtant connu pour son intelligence et sa clairvoyance. Sa candidature laisse percevoir cette ambition sans borne qui lui sert de boussole depuis toujours. Aveuglante ? La victoire d’un candidat latin risque de lui boucher l’horizon pour longtemps, si ce n’est à jamais. L’homme est pressé. Un destin, ça se force. En soi, l’ambition est éminemment souhaitable et respectable ; ici, le désir de l’individu risque de nuire à sa communauté.

Pour le PLR, cette annonce est un poison. Elle démontre certes que le parti compte de nombreuses personnalités de grande qualité, si le doute existait, mais elle donnera au final une mauvaise image de lui. Maudet sera vu comme le tueur de Tessinois ou l’obstacle sur lequel une femme aura chuté. Tout ça pour un jeune homme doté de charisme à défaut de colonne vertébrale philosophique solide. Un utilitariste pur jus. Maudet ne vend pas de rêve, il exécute. Sa vie est façonnée par l’Etat, il réfléchit par lui. Il est l’incarnation même de la froideur de la machine étatique. Un haut fonctionnaire brillant. Il se targue de n’être le candidat d’aucun lobby. Il en oublie sa corporation, sans doute la plus vorace. Continuer la lecture de Pierre Maudet, l’arrogant du bout du lac

Succession de Didier Burkhalter : l’illusion du jeunisme

Regard sur l’actualité – Nicolas Jutzet

A chaque fois qu’une place se libère dans notre collège, le Conseil fédéral pour les intimes, une liste allongée de critères apparaît dans les médias qui se passionnent pour un événement somme toute très peu intéressant pour le grand public : le choix d’un haut-fonctionnaire par une assemblée d’élus.

Et cette liste, arbitraire au possible, s’appuie en partie sur un article de notre chère Constitution, Art. 175 alinéa 4 : « Les diverses régions et les communautés linguistiques doivent être équitablement représentées au Conseil fédéral ». Vous avez dit vague ? Mais d’autres font partie de l’équation : égalité des sexes, capacité à gouverner, provenance géographique, connaissance de la politique fédérale. Les élus, qui défendent le « bien commun », n’aiment pas élire un externe, un gueux qui préfère agir dans son canton, ou pire, en dehors du monde politique. Corporatisme quand tu nous tiens.

Circonspect face à tant de niaiserie, j’ai toujours rêvé d’une élection en fonction des compétences, du talent, du curriculum vitae. Mais cela est très peu suisse apparement. Karin Keller Suter et Thomas Aeschi, pour prendre des exemples récents, « lassen Grüssen » comme disent nos amis outre-Sarine. Pas de tête qui dépasse, surtout pas. Continuer la lecture de Succession de Didier Burkhalter : l’illusion du jeunisme