Archives par mot-clé : nécessité

La corrosion de l’utile

Le Regard Libre N° 40 – Giovanni F. Ryffel

Depuis que l’on vit dans la société du spectacle, nous assistons à une telle banalisation de la pensée que le langage, censé la véhiculer, s’en trouve lui-même galvaudé. Les mots sont utilisés à tort et à travers pour signifier des concepts toujours plus vagues, mais qui vendent bien. Le concept d’utilité, ainsi que les notions qui lui sont attenantes, subissent le même sort, d’autant plus qu’elles sont le fer de lance d’une propagande de la consommation à laquelle les industries ne peuvent guère renoncer. Peut-être pourrions-nous tenter d’y voir plus clair.

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Méditations syriennes

Le Regard Libre N° 9 – SoΦiamica

« Perte de la vue puis perte de la foi et de la destination : Aussi ma nuit extrême est-elle trois nuits. » Abul Ala Al-Ma’ari

Né en 973 après J.-C. près d’Alep en Syrie, Abul Ala Al-Ma’ari est un des plus grands poètes et penseurs de l’Âge d’or islamique. Il devint aveugle dès quatre ans, ce qui ne l’empêchera pas de faire ses études à Alep, Antioche et Tripoli, et de publier un premier recueil de poésies philosophiques intitulé Saqt az-zand, soit l’Étincelle d’Amadou. Devenu populaire, il est invité par les prestigieuses instances intellectuelles de Bagdad, auxquelles il refuse de vendre une partie de ses œuvres et dont il perdra par conséquent le soutien. Il rentre alors en 1010 en Syrie où il mène une vie d’ascète jusqu’à la fin de sa vie en 1057, retiré dans une modeste maison. À la fois respecté pour ses talents littéraires et blâmé pour l’audace de sa pensée libre, Al-Ma’ari écrit son deuxième ouvrage, la Nécessité de ce qui n’est pas Nécessaire (Luzum ma lam yalzam), suivi de l’Epître du Pardon (Risalat al-ghufran), auquel on comparera souvent la Divine comédie de Dante. Son œuvre se terminera avec le recueil d’homélies Al-Fusul wa al-ghayat, littéralement Paragraphes et Périodes. Une grande partie de ses écrits est aujourd’hui malheureusement perdue.

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