Archives par mot-clé : armée française

«Frère d’âme»: un Goncourt des lycéens au style africain

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires – épisode #2

Le Regard Libre N° 48 – Loris S. Musumeci

«Il m’a dit: ‘Par la grâce de Dieu et par celle de notre grand marabout, si tu es mon frère, Alfa, si tu es vraiment celui que je pense, égorge-moi comme un mouton de sacrifice, ne laisse pas le museau de la mort dévorer mon corps! Ne m’abandonne pas à toute cette saleté. Alfa Ndiaye… Alfa… je t’en supplie… égorge-moi!’»

Un roman qui fait froid dans le dos et qui raconte une guerre au sacrifice de la jeunesse, à l’apogée de la folie. Alfa Ndiaye et Mademba Diop sont deux «frères d’âmes»: amis intimes qui ont grandi ensemble, sous le même toit. Le premier est fort, grand, beau et vaillant; le second, tout aussi vaillant, n’a pas la puissance de son camarade, il est même plutôt frêle. Et ça ne pardonne pas quand on est tirailleur sénégalais et qu’on est envoyé au front. Malgré tous les efforts d’Alfa pour protéger Mademba, ce dernier ne tarde pas à succomber. Mais ce qui hante l’esprit du survivant: l’agonie du mort. Il l’a supplié trois jours de souffrance durant de l’achever, mais rien n’y fit. Alfa ne put le tuer. Il a été inhumain. Pour combler la douleur, il vide ses ennemis de leurs tripes et collectionne leurs mains.

Lire la suite de la critique
Publicités

Que penser de l’affaire de Villiers ?

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

A bout de souffle, il déclare : « La France est en guerre. Les moyens ne sont pas à la hauteur. » Dans des conditions qui se sont présentées à lui comme intenables, le chef d’état-major aux armées a démissionné mercredi dernier. Une première sous la Ve République.

Le général de Villiers, soixante-et-un ans, s’était vu demandé humblement par Emmanuel Macron de renouveler son mandat, le 30 juin dernier. L’âge de la retraite est aux aguets, mais l’honneur militaire l’emporte. Le charisme du président n’a pas manqué de se mettre en œuvre au maintien du général. L’engagement pour élever la fortune des armées à hauteur de 2% du PIB, de surcroît, demeure. Continuer la lecture de Que penser de l’affaire de Villiers ?