Archives par mot-clé : laïcité républicaine

Le débat sur la laïcité déchire Genève

Regard sur l’actualité – Jonas Follonier

La laïcité, pour faire court, est un principe hérité du XIXe siècle qui vise à ce que l’Etat soit neutre en matière religieuse et séparé des Eglises. L’idée d’une séparation entre l’Eglise et l’Etat a bien sûr des origines lointaines (« il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César »), mais soyons clair : la laïcité telle qu’elle se manifeste (timidement, à part en France) depuis deux siècles a ses racines dans la pensée des Lumières – ne pensons qu’à Locke ou Voltaire et leurs traités sur la tolérance et l’Etat libéral.

Les républicains du XIXe siècle ont ensuite érigé la laïcité en tant que principe ; celle-ci est donc constitutive de nos Etats modernes, forgés par les radicaux en France comme en Suisse. Mais quel homme politique connaît encore l’Histoire aujourd’hui, si ce n’est quelques passionnés ? Il semble que personne ne se rend compte à quel point notre héritage bicentenaire est précieux. Continuer la lecture de Le débat sur la laïcité déchire Genève

Alain Finkielkraut, itinéraire d’un essayiste singulier

Le Regard Libre N° 12 – Jonas Follonier

Alain Finkielkraut est né en 1949 de parents juifs polonais tous les deux rescapés de la Shoah. Naturalisé à l’âge de un an, il estime avoir une dette envers la France qui lui a permis, à travers l’école républicaine, de devenir français en recevant la culture de son pays d’accueil, et plus particulièrement la langue et la littérature françaises.

D’abord engagé en tant que maoïste puis en tant que gauchiste dans les années 60, Finkielkraut s’est toujours distingué du socialisme dans ce qu’il avait de subversif et de totalitaire. Il faut dire que sa vie intellectuelle ressemble à celle d’un de ses modèles, Charles Péguy, car, comme le dit Yann Moix en s’adressant à l’homme qui nous intéresse : « Péguy était socialiste tout seul, peut-être même le seul socialiste digne de ce nom pendant l’affaire Dreyfus, et comme Péguy a été récupéré par la droite et qu’il n’a jamais renié une ligne de son œuvre, vous vous identifiez un petit peu à lui. Parce que finalement dans son immobilité, il a eu toujours raison. »

A ses débuts, il publie deux ouvrages avec son ami Pascal Bruckner puis s’affirme comme essayiste à force de nombreux écrits, dont La défaite de la pensée fut le premier à avoir beaucoup de succès. Cet essai ainsi que les suivants, qui se comptent en dizaines, témoignent d’une profonde cohérence et bien qu’il n’ait pas vraiment érigé un système métaphysique comme l’ont fait Platon ou Descartes, Finkielkraut a néanmoins énoncé un certain nombre d’idées construites et argumentées. Continuer la lecture de Alain Finkielkraut, itinéraire d’un essayiste singulier