Archives par mot-clé : littérature romande

Les «Arpèges» d’une amitié, entre lettres et couleurs

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Arpèges est la réunion de la peinture et du verbe. Publié chez Slatkine suite au décès de Jocelyne Gagliardi, qui fut professeur de littérature et d’histoire de l’art en Valais, cet ouvrage célèbre l’amitié de cette femme avec la peintre Isabelle Tabin-Darbellay. Par une sélection de lettres qu’elle lui a envoyées. Un véritable coup de cœur.

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Bertil Galland, l’homme de lettres romand

Le Regard Libre N° 46 – Alexandre Wälti

Bertil Galland est une personnalité qui a directement influencé le rayonnement d’auteurs romands tels que Jacques Chessex, Maurice Chappaz ou Alexandre Voisard. S’il est journaliste avant d’être éditeur, il a également écrit huit livres passionnants aux Editions Slatkine (voir recension sur www.leregardlibre.com) dans lesquels il évoque à la fois son travail journalistique et éditorial et sa passion des mots. Un homme généreux qui nous a offert plus d’une heure de son temps à Vevey. Une discussion qui a simplement commencé par le désir de savoir qui nous sommes, d’où nous venons et ce que nous faisons au Regard Libre. Un homme à l’écoute et qui a été à l’affût pour révéler au grand public de nombreuses plumes de Suisse romande.

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«La montagne sourde»

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

C’est un petit livre simple et bouleversant que publie en ce début d’année Gilbert Pingeon aux Editions de l’Aire. L’auteur, résidant d’Auvernier, offre au lecteur un récit exprimant son amour d’une montagne en particulier, sa montagne, la Montagne Sourde. Et la quatrième de couverture, par son ton, marque d’entrée le génie solitaire qui se cache derrière le narrateur:

«J’entends souvent dire: « Les montagnes sont à tout le monde. » Voilà le genre d’affirmation propre à vous scier les jambes et vous couper l’envie de marcher. De quoi, en tout cas, vous mettre de mauvaise humeur pour le reste de la journée.»

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«Dix petites anarchistes», un hommage aux émigrés suisses

Les bouquins du mardi – Alexandre Wälti

«L’attitude anarchiste, voilà notre sagesse. Pour les siècles à venir, on n’envisage ni un monde débarrassé de tout pouvoir ni éclairé enfin par l’anarchie universelle. On les imagine plutôt peuplés d’anarchistes. La révolte donnera sens à leur vie, comme elle a donné sens à la nôtre.»

Ainsi parle Valentine Grimm, la narratrice de Daniel de Roulet. Elle suppose une réponse possible et une attitude plausible parmi d’autres: remettre en question et changer en profondeur un système économique inégalitaire, patriarcal, vorace et prédateur qui arrive à bout de souffle, avant qu’il ne s’écroule une fois de plus comme en 2008. Une nécessité qui, comme à l’époque des dix petites anarchistes de l’écrivain imérien, n’a jamais été plus d’actualité qu’aujourd’hui: les gilets jaunes en France, les marches pour le climat en Suisse, le phénomène #MeToo dans le monde, Occupy Wall Street aux Etats-Unis, le mouvement 15-M en Espagne, etc.

Certes, toutes ces mobilisations civiles des dernières années ne partagent pas toujours les mêmes revendications, mais elles montrent un ras-le-bol grandissant face à une certaine conception de l’existence humaine. Comme Valentine, Colette, Juliette, Emilie, Jeanne, Lison, Adèle, Blandine, Germaine et Mathilde l’expriment très bien tout au long du roman. Penser une autre réalité, voilà ce qui les met toutes d’accord.

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«Le temps des mots à voix basse», ou l’art d’être concis et poétique

Les bouquins du mardi – Alexandre Wälti

La qualité d’un livre ne se mesure pas toujours à son épaisseur. Evidemment que 600 pages permettent une meilleure construction psychologique des personnages ou une trame plus élaborée que moins de 100. Anne-Lise Grobéty, en écrivant pour un jeune public, fait toutefois le pari des moments clefs au service du texte et de l’émotion. Elle réussit à toucher juste en allant droit au but dans Le temps des mots à voix basse.

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Rencontre avec Claire May

Le Regard Libre N° 45 – Alexandre Wälti

La binationalité intrigue Claire May. Elle questionne notamment ce sujet dans Oostduinkerke au même titre qu’elle interroge les tiraillements intimes qui trouvent parfois leurs origines dans un certain déterminisme social et culturel à l’image de ses deux personnages principaux: Emma et Charles. C’est ce que l’on comprend au moment de fermer la dernière page du premier roman de l’écrivain belgo-suisse, paru aux Editions de l’Aire.

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«bascules ciao», y a-t-il quelque chose à dire?

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Cette chronique sera accompagnée d’un article contradictoire ainsi que de deux poèmes extraits du recueil bascules ciao dans notre édition de février, en commande ici. Vous serez ainsi invités, chers lecteurs, à donner votre propre avis sur cette poésie.

Que voulez-vous? Dois-je mentir? Le Regard Libre, porteur de la littérature romande? Porteur de ce qui nous interpelle, avant tout, en bien et en mal. Pour ma part, nombreuses sont les fois où je me suis retrouvé déçu par des œuvres que, soit j’avais considérées dans le méli-mélo de la mondialisation bobo-helvético-sérieuse, soit que j’avais appréciées «malgré moi». Cette fois, nul besoin de prendre des pincettes. Nous avons affaire à une pseudo-poésie sans véritable intérêt.

André Petitat nous livre basclues ciao (sans majuscules au titre! oui, ce n’est pas moi), son recueil de poèmes récemment publiés aux Editions de l’Aire, pourtant appréciables et même exemplaires dans le paysage éditorial de notre pays. Cet ouvrage, je l’ai lu. J’ai pleuré. Quelles qualités un texte doit-il présenter pour être considéré comme un poème? Des rimes, dirait un classique. Un rythme, dirait un laxiste. Une âme, dirait un amateur de métaphores.

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Les Billes du Pachinko – Un voyage intérieur

Les lettres romandes du mardi – Nicolas Jutzet

Le Regard Libre et ses lecteurs ont découvert Elisa Shua Dusapin grâce à son premier livre Hiver à Sokcho. Une rencontre relatée dans notre vingt-neuvième édition (juillet 2017). Entre temps, le livre s’est transformé en véritable succès, faisant de son auteur une promesse désormais attendue au tournant. Dernièrement, Elisa Shua Dusapin fut même l’invitée de l’Elysée, conviée au palais de l’Elysée par le président français Emmanuel Macron en présence de son homologue sud-coréen, Moon Jae-In. Que de chemin parcouru!

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Myriam Wahli et la fulgurance de l’enfance

Le Regard Libre N° 39 – Alexandre Wälti

Une voix d’enfant qui traverse les champs en toute insouciance malgré la gravité de la réalité. La phrase ébauche un résumé de Venir grand sans virgules de Myriam Wahli. Un premier roman qui est coloré d’inventivité littéraire et d’émotions contrastées. L’occasion de la rencontrer et de découvrir plus attentivement l’univers scintillant qui pétille dans ses mots.

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« Diable d’acteur et Dieu en bouteille » : le conte d’une soirée avinée

Les lettres romandes du mardi – Alexandre Wälti

Le neuchâtelois Roger Favre a écrit son Diable d’acteur et Dieu en bouteille comme un conte dont le lecteur boit autant les paroles qu’il respire les effluves d’alcool des deux personnages. Il pourrait se croire dans un soir de weekend interminable. Une histoire dont le point de départ est d’une simplicité ahurissante : une conversation de bistrot. Un voyage littéraire nourrit par l’Histoire avec le rire sarcastique au coin des lèvres en bonus.

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