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«Freud», entre blâmes et succès

Le Netflix & chill du samedi – Loris S. Musumeci

La nouvelle série Netflix, Freud, remporte autant de succès que de blâmes. Le succès vient des chiffres: depuis sa sortie en mars dernier, la série reste dans le Top 10 du plus haut taux de spectateurs. Les blâmes viennent de l’accueil critique: production à la frontière du guignol qui d’une part n’enseigne rien de la psychanalyse, qui d’autre part dépeint un Sigmund à mille lieux de la figure très – sans doute trop – idolâtrée des milieux intellectuels. Succès et blâme vont de pair, tout en cohérence. L’un et l’autre s’expliquent légitiment. Regard.

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Réflexion sur la liberté

Le Regard Libre N° 9 – Sébastien Oreiller

Tout le monde se casse les dents sur la liberté, tant le sujet est vaste et épineux. Sartre disait : « La liberté, c’est vouloir ce que l’on peut. » En lieu d’une définition, voilà un pléonasme, un sophisme même, qui n’apprend rien sur la liberté en tant que telle. Sartre se contente de préciser les conditions dans lesquelles s’exerce cette fameuse liberté, sans préciser ce que l’on peut vraiment – à noter d’ailleurs que l’on ne peut pas quelque chose mais que l’on peut faire quelque chose. La liberté se pose en actes. Nuance. – La réciproque même aurait été plus constructive, à savoir que n’est pas libre celui qui recherche ce qu’il ne peut atteindre. Mais ça, tout le monde le sait ; le philosophe de l’existentialisme tourne autour du pot. L’éminent père du Zarathoustra lui aussi préfère rester dans le vague : « La liberté, c’est d’avoir la volonté d’être responsable de soi-même. » Or, on est libre parce que l’on a la volonté d’être responsable de soi-même. C’est une cause, non la liberté en soi. Ajoutons que le mot même de liberté est un concept désagréable qui ne renvoie à rien. Il n’y a pas de liberté : il n’y a que des êtres libres ou non. Il faut donc en revenir au fait physique, si simple et effrayant parce que si dangereux : être libre, c’est faire ce que l’on veut. A cela, il faut ajouter l’indispensable corollaire social : être libre, c’est faire ce que l’on veut, quitte à en payer les conséquences.

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« L’adversaire »

Le Regard Libre N° 9 – Loris S. Musumeci

« Qu’il ne joue pas la comédie pour les autres, j’en suis sûr, mais est-ce que le menteur qui est en lui ne la lui joue pas ? Quand le Christ vient dans son cœur, quand la certitude d’être aimé malgré tout fait couler sur ces joues des larmes de joie, est-ce que ce n’est pas encore l’Adversaire qui le trompe ?
J’ai pensé qu’écrire cette histoire ne pouvait être qu’un crime ou une prière.
Paris, janvier 1999 »

Jean-Claude Romand : Père de famille idéal, fils consciencieux, grand médecin à succès… et menteur, assassin, fou.

Son histoire est celle d’un homme banal, qui pendant dix-huit ans a menti sur tout à tout le monde. Et tout éclate le 9 janvier 1993, lorsqu’il tue sa femme, ses enfants, ses parents et tente, sans succès, de se suicider. On découvre alors qu’il n’était pas médecin à l’OMS comme il le prétendait. Il n’était rien. Durant toutes ces années, sans l’ombre d’un doute, sa famille, ses amis le crurent dans ce mensonge d’une vie, mais au moment où la vérité s’apprêta à déchirer le voile de l’imposture pour ressurgir à la lumière, Jean-Claude Romand ne trouva d’autre issue que d’assassiner « ceux qu’il aimait », ceux qui eussent été meurtris par cette vérité étouffée, si vieille et nouvelle à la fois. Continuer la lecture de « L’adversaire »