Archives par mot-clé : wajdi mouawad

Lâcher prise et se laisser guider par «tout ce qui nous submerge»

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

Gretel, la trentaine, vient de retrouver sa mère Sarah. Cette dernière l’avait abandonnée seize ans plus tôt alors qu’elles vivaient seules près d’une rivière. Aujourd’hui atteinte d’Alzheimer, Sarah n’est plus en état de répondre aux questions de Gretel. Ce sera à la fille de reconstruire son propre passé, si elle le peut et si elle le veut. Son histoire est impossible à séparer de certaines vieilles ombres enfouies: qu’est-il réellement arrivé près de la rivière, et quelle est la part d’imagination dans ses souvenirs ?

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D’intenses festivités au La Bâtie Festival

Le Regard Libre N° 53 – Ivan Garcia

Du 29 août au 15 septembre prochains aura lieu la quarante-troisième édition du festival La Bâtie de Genève. L’occasion pour l’événement de «marquer le coup» et de donner à voir des grands noms de la scène, ainsi que de proposer une programmation hétéroclite entre danse, théâtre et musique.

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Parlons littérature d’aujourd’hui avec Thomas Hunkeler

Le Regard Libre N° 51 – Loris S. Musumeci

Le statut de professeur n’est qu’un titre parmi tant d’autres. Le vrai professeur est celui qui transmet non seulement une matière, mais encore une passion. C’est le cas de Thomas Hunkeler, professeur de littérature française à l’Université de Fribourg. Voilà un homme qui a de la prestance, voilà un homme animé. Il sait de quoi il parle, comme il sait aussi s’égarer dans la liberté d’une parole ouverte, non-académique et sans a priori, pour nous partager ses goûts et ses pensées au sujet de la littérature.

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Un « Dracula » inédit proposé au théâtre

Le Regard Libre N° 31 – Jonas Follonier

Dracula : un personnage fameux surtout pour ses diverses apparitions au cinéma. C’est cette fois sur les planches que l’on peut voir le célèbre vampire, et c’est une première. Le roman épistolaire Dracula de Bram Stoker a été revisité par le metteur en scène Stéphane Albelda, bien connu pour son talent en Valais et au-delà.

Le résultat est époustouflant. La troupe de Nova Malacuria a bien atteint les objectifs que se fixe cette institution culturelle depuis plus de trente ans : faire se rencontrer les différents arts de la scène. Mais c’est avant tout à la frontière des genres que se situe cette création.

Passant des larmes les plus glacées au rire le plus entier, le public peut assister jusqu’au 2 septembre à un spectacle total sous la lune des jardins du Collège des Creusets, à Sion, du mercredi au samedi, à 20h30. Portés par une musique décapante composée par Baptiste Mayoraz et interprétée en direct, les acteurs, jeunes pour la plupart, témoignent d’un jeu subtil, réaliste et tragique. Rencontre avec l’un d’entre eux, Thibault Hugentobler. Continuer la lecture de Un « Dracula » inédit proposé au théâtre

En pleines « Forêts »

Promenades théâtrales (2/6)

Le Regard Libre N° 15 – Loris S. Musumeci

« EDMOND. Ma mémoire est une forêt dont on a abattu les arbres. »

Forêts. Une quête tragique pour retrouver les arbres abattus et ainsi reconstruire l’histoire de femmes, d’hommes, de fils, de pères, de frères : d’une famille à l’héritage en ruines, tel un crâne fracassé dont il faut recomposer les morceaux.

La pièce appartient à la tétralogie du Sang des promesses de Wajdi Mouawad. Elle en est la troisième tragédie, réalisée en 2006 ; la première étant Littoral (1997), la deux-ième Incendies (2003), la quatrième Ciels (2009). Selon l’auteur, sans comporter « une suite narrative, ces histoires, puisqu’il s’agit d’histoires avant tout, abordent, de manière différente et, j’ose l’espérer, de manière à chaque fois plus complexe et plus précise, la question de l’héritage. Celui dont on hérite et celui que l’on transmet à notre tour. » Continuer la lecture de En pleines « Forêts »

« Phèdre » en Valais – Rencontre avec Stéphane Albelda

Le Regard Libre N° 11 – Jonas Follonier

Professeur de littérature, musicien, Stéphane Albelda est aussi metteur en scène : il dirige depuis 2006 la troupe du Lycée-Collège des Creusets à Sion (Valais) et assure la mise en scène de nombreux autres spectacles. En 2015, il a monté la tragédie « Phèdre » de Racine, un classique qui a eu du succès dans la capitale valaisanne.

Jonas Follonier : Pourquoi le choix de Racine ? Etait-ce la première fois que vous vous attaquiez à une tragédie classique ?

Stéphane Albelda : C’est la première fois que je me suis attaqué à une pièce en alexandrin. C’est une telle entreprise que j’y ai toujours renoncé. Mandaté par le Théâtre des Collines, je m’y suis rendu pour refuser leur proposition. Mais la rencontre humaine m’a fait changer d’avis et a précédé l’entreprise artistique : il s’agit d’une troupe extrêmement hétérogène, de milieux différents et d’expériences différentes. Le fait que ces gens se soient fédérés pour faire vivre un texte classique m’a touché et a laissé augurer une entreprise pure.

Quels sont les grands défis dans la mise en scène d’une tragédie de Racine ?

Il y a deux défis majeurs. Le premier porte sur le sens : que raconte Phèdre ? Que raconte un mythe au XXIe siècle ? On sait que les mythes ont une parole fondamentale. L’enjeu de la mise en scène consiste à trouver le pont entre un texte et un public actuel. Le deuxième défi est formel : comment révéler la langue de l’alexandrin aujourd’hui ? Car il faut la garder : je ne crois pas aux processus de modernisation par la destruction. Pour que l’alexandrin se révèle, il faut une certaine écoute. L’effet contemporain s’est surtout porté sur les césures : en les travaillant bien, le jeu des silences devient fondamental. Il s’agit donc d’un grand travail sur le rythme. Ce travail se rapproche de celui du chef d’orchestre, qui doit faire jouer de manière actuelle une composition classique ou baroque. Continuer la lecture de « Phèdre » en Valais – Rencontre avec Stéphane Albelda