A son décès en 1965, Winston Churchill était unanimement célébré comme le sauveur de la Grande-Bretagne. Aujourd’hui, sa statue est la cible d’actes de vandalisme. Cette dégradation de son image s’explique par plusieurs tournants historiographiques.
Est-il imaginable qu’un seul homme puisse mettre l’ensemble d’une ville à l’arrêt? C’est pourtant ce qui arriva le 30 janvier 1965, jour des funérailles de Winston Churchill. Pensées comme une occasion de renforcer l’unité nationale et d’affirmer la grandeur de l’Angleterre malgré la perte de ses colonies, elles prirent l’allure d’un sacre posthume. La nation saluait moins un ancien Premier ministre qu’un sauveur.
La télévision, la presse, puis la grande biographie officielle de Martin Gilbert contribuèrent à l’instauration d’un récit auquel il était facile d’adhérer: Churchill avait résisté en 1940 quand tout cédait, il ava
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