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De la «crise politique» à la «vraie Renaissance». Notre revue de presse4 minutes de lecture

Dans leur grande majorité, les médias ont dépeint le résultat des législatives 2022 en France comme une défaite pour le président réélu Emmanuel Macron, privé d’une majorité absolue au parlement. Mais c’est sur l’interprétation de ce que cette situation signifie pour le quinquennat que divergent les analyses. Morceaux choisis.

A l’issue du second tour des élections législatives du 19 juin dernier, l’alliance Ensemble! du président a remporté 245 sièges, la coalition de la gauche Nupes 137 sièges et le RN 89 sièges. S’il est d’abord à noter que le parti présidentiel n’a de loin pas obtenu la majorité absolue dont il a bénéficié pendant cinq ans et qu’il visait à maintenir, tous les observateurs s’accordent à dire que le fait majeur de ce second tour des législatives consiste en la percée historique et inattendue du Rassemblement national de Marine Le Pen (qui remporte à peu près quinze fois plus de sièges qu’il y a cinq ans). Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, n’a pas réussi à faire de son alliance de gauche – la Nupes – la première force d’opposition du pays.

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Le Figaro voit dans cette reconfiguration du parlement ni plus ni moins qu’«une crise politique interne». Libération se réjouit plutôt d’une «vraie Renaissance du parlementarisme à la française, avec ses débats houleux, ses deals de couloirs, ses compromis tard dans la nuit». Les deux médias, opposés idéologiquement, se rejoignent en revanche sur leur jugement sévère envers Emmanuel Macron, qui n’a même pas fait campagne. Une chroniqueuse du Monde va jusqu’à lier cette «Assemblée nationale ultrapolitisée» à la «dépolitisation de la campagne» par le président. La Tribune de Genève, qui annonce des débats «houleux, mais passionnants», ne dit pas autre chose en pointant le «péché d’orgueil» du chef d’Etat.

Une France impossible à gouverner?

Toujours en Suisse, watson n’hésite pas à la qualifier la nouvelle assemblée de «chamboulée et comme impossible à gouverner». Sauf si… «ceux qui se prétendent les élus de la France qui souffre sauront parler autrement qu’en démagogues». Rien à voir avec le Journal du Dimanche qui, de son côté, préfère se demander si ce ne serait pas le Président qui ne saurait pas gouverner plus que le pays qui serait ingouvernable:

«Pour faire passer la réforme des retraites, une majorité existe: l’alliance de ­Renaissance et des LR. Sur le pouvoir d’achat, un accord peut se dessiner avec des élus de la gauche réaliste et de la droite sociale. Pour obtenir cet équilibre il faut discuter, écouter, transiger, composer parfois, s’effacer souvent. Une gageure quand on s’est dit Jupiter.»

Une chose est sûre: la France doit désormais faire l’apprentissage d’un parlementarisme de type plus helvétique. Un exercice – dans le registre de la démocratie semi-directe – aussi difficile qu’il le serait dans une pratique plus réelle de la démocratie directe en France. Ce samedi, Emmanuel Macron a annoncé qu’il maintenait en fonction la Première ministre Elisabeth Borne et qu’il la chargeait de former un nouveau «gouvernement d’action» pour juillet. Il s’est en outre engagé à bâtir une «coalition» ou des «accords» avec les autres partis (sauf l’extrême gauche et l’extrême droite) sur des dossiers importants. Bien malin qui sait dire ou dit savoir vers quel futur le pays se dirige.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Image: © Capture d’écran YouTube

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