Archives par mot-clé : aide au suicide

« Une dernière touche (Die Letzte Pointe) » de Rolf Lyssy : l’illusion dangereuse

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Du haut de ses quatre-vingt-deux ans, le réalisateur zurichois Rolf Lyssy livre avec Une dernière touche (Die Letzte Pointe) une comédie aux motifs délicats, à savoir : la vieillesse, l’amour et la mort.

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Exit, un joyeux suicide

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

Il y a aujourd’hui dix nuits de cela, Monsieur « O. » se donnait la mort, dans la solitude de son domicile. Il se sentait « fatigué de vivre », disait-il. Le suicide est sombre et dramatique. Il n’est rien de plus horrible que de perdre son corps en le regardant ridé et marqué d’une vie qui n’a encore jamais cessé. C’est toujours la première fois que l’on meurt. Assister au dernier instant de l’existence, sa propre existence, donne le frisson de la nouveauté, de la grandeur, de la fin. L’ultime frisson : inutile, oublié, mort.

Monsieur O. fut toutefois victime. Ses hostiles frères, Bernard et Claude, ainsi que l’injuste justice genevoise s’étaient opposés à son envie de partir paisiblement. Alors même que l’association Exit avait proposé la solution idéale : un joyeux suicide accompagné. Qu’y avait-il de mal à respecter le choix individuel d’un homme simple et normal ? On en appelle sans cesse à la très sainte liberté pour mener une vie heureuse. Dès qu’il s’agit cependant d’expirer, une bonne fois pour toutes, le souffle des douleurs et du mal-être, la liberté n’est plus prise en considération. Pis encore lorsqu’une telle corruption prend sa source tragique au sein de la justice et de la famille. Apparaît là un second suicide, celui de la compassion. Continuer la lecture de Exit, un joyeux suicide

Quelques mots sur l’aide au suicide

Le Regard Libre N° 15 – Sébastien Oreiller

Les hôpitaux valaisans voudraient introduire l’aide au suicide dans leur enceinte. L’idée fait grand bruit. Déjà, les politiques réagissent, l’évêque donne son avis, le Grand Conseil est appelé à se prononcer. Dans l’opinion publique, le monde se divise à nouveau entre les forces du bien et celles du mal, suivant que l’on soit pour ou contre. Comme souvent, le risque est grand que le pathos ne prenne le pas sur la réflexion sérieuse, courbant l’échine sous la pression de l’inflation juridique.

On s’inquiète, à juste titre, de la composition de la commission d’éthique. Je m’inquiète déjà de sa seule existence. En dehors du fait que je n’aime guère cristalliser l’éthique dans les mains de certaines personnes, comme une denrée rare dont on aurait le monopole, je trouve assez étonnant, si ce n’est risible, de proclamer tout haut l’aide au suicide comme un droit, puis de la soumettre à l’approbation de quiconque. Ou l’acte est mauvais, ou il est bon. Il n’est pas bon ou mauvais suivant ce qu’en pense la commission d’éthique. Plus grave encore, il s’agit ici de se décharger de sa responsabilité morale en repassant la patate chaude à des « experts », tout en se justifiant aux yeux de soi-même et de la société. Assez lâche, donc, pour un citoyen libre et responsable. Continuer la lecture de Quelques mots sur l’aide au suicide