Tous les articles par Le Regard Libre

Revue mensuelle, depuis 2014 Pour la culture et le débat d’idées

Bacri le bougon? Bacri l’être humain!

Le Regard Libre N° 72 (en pré-commande ici) – Jonas Follonier

«Le plus célèbre des bougons français» s’en est allé, a-t-on pu lire un peu partout. Oui et non. Car si un bougon, un ronchon, un grognon, c’est quelqu’un qui râle plus qu’il ne le devrait, Jean-Pierre Bacri, lui, râlait juste ce qu’il fallait. Maître du jeu d’acteur minimaliste, il incarnait tout ce qu’il y a de plus normal: l’être humain lui-même, avec ses paradoxes et sa tragique beauté. Hommage.

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Une vie au service du livre, «Monsieur Payot» témoigne

Les bouquins du mardi – Ivan Garcia

A travers un foisonnant entretien, Pascal Vandenberghe, directeur général des librairies Payot, éclaire les lecteurs sur sa trajectoire. De sa jeunesse metzienne aux montagnes helvétiques en passant par Paris, «Monsieur Payot» – comme le surnomment certains médias – détaille les expériences et les rencontres réelles ou littéraires qui ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui, ainsi que son aventure avec Payot Libraire. Un livre incontournable pour toute personne désireuse d’en savoir plus sur cette enseigne et l’homme qui a contribué à la rendre indépendante.

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Du «nous» au «moi»: le suicide de la gauche américaine

ARTICLE LONG FORMAT, Antoine Bernhard | Pour comprendre l’idéologie régnant actuellement dans certaines universités, il convient de se pencher sur l’histoire récente des Etats-Unis, où cette idéologie est née. En 2017, l’énigmatique Donald Trump prêtait serment pour quatre ans à la tête de la première puissance mondiale. Aujourd’hui, l’heure est au bilan. Si tous les médias s’accordent pour décrier les politiques désastreuses de Trump, peu sont ceux qui analysent le contexte qui a permis le triomphe d’un nouveau populisme américain. Trente années pendant lesquelles la gauche s’est repliée sur un idéal de plus en plus individualiste et antirépublicain, au mépris de la nécessité d’une vraie vision politique. C’est ce que l’intellectuel de gauche et professeur à Columbia University Mark Lilla a analysé dans son livre «La gauche identitaire» paru en 2018.

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Je suis «Lupin» et bien d’autres

Les plateformes ciné du samedi – Alissa Musumeci

Changements d’identité, énigmes et rebondissements inattendus, voilà tout ce que nous réserve Lupin, dans l’ombre d’Arsène, diffusé sur Netflix depuis janvier 2021. George Kay et François Uzan, créateurs de la série, ont vu très juste. Quelques jours après sa sortie, la première partie de Lupin est déjà dans le top 10 des contenus les plus regardés dans de nombreux pays. La Suisse, le Brésil, et bien d’autres ont été conquis par cette adaptation des recueils de nouvelles rédigées par Maurice Leblanc, à partir de 1905. A la distribution, on retrouve Assane Diop (Omar Sy) et Claire, son ex-petite-amie (Ludivine Sagnier).

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Quentin Mouron: «L’art m’a toujours semblé un artifice»

ENTRETIEN LONG FORMAT, Jonas Follonier | Il est décrit comme le «Houellebecq suisse». Quentin Mouron pourrait tout aussi bien être considéré comme le «Beigbeder suisse». Comme le quinquagénaire français, il cultive une image de bad boy bien sapé, de dandy décadent. Comme le quinquagénaire français, ses œuvres sont plongées dans l’atmosphère des points limites, des bars classes, mais glauques, de la «vulgarité de la bourgeoisie» comme chante Thiéfaine, du sang et de la blanche. Comme le quinquagénaire français, il utilise l’astuce du double littéraire pour peindre avec distance, mais panache, ses paradoxes personnels, jusqu’à pointer ceux de la société entière. Sauf que Quentin Mouron, lui, a la trentaine, et c’est déjà une petite star dans l’univers littéraire francophone. En fin d’année dernière (nous aurions voulu écrire avant le monde de maintenant, qui aurait été le  monde d’après), l’auteur canado-suisse a publié un ouvrage-concept, composé d’un essai sur l’écrivain décadent Jean Lorrain (1855-1906) et d’une nouvelle édition de son roman L’Age de l’héroïne. Le fil rouge  de ces deux textes? La volonté pour leurs figures centrales de s’échapper du monde – volonté qui se solde par une impossibilité. Quoique… L’art ne fait-il pas office de porte de secours? A Quentin Mouron de nous le dire, sans oublier de démolir toute l’époque au passage – y compris le milieu littéraire.

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Les idées de réaction et de progrès chez Jean Starobinski

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | Dans son essai Action et réaction. Vie et aventures d’un couple (1999), originalement composé, mais d’une ferme rigueur intellectuelle, le critique littéraire suisse Jean Starobinski revenait sur les concepts d’action et de réaction, et montrait comment ils avaient servi dans l’histoire des idées, tant scientifiques que médicales, psychologiques, littéraires, philosophiques et politiques. Il en consacrait le dernier chapitre à leur aspect politique. Il n’est pas inintéressant d’y revenir aujourd’hui, car en plus de servir d’illustration à l’Abrégé de métapolitique d’Alain Badiou, paru un an avant l’essai de Starobinski, il démontre la maniabilité aisée, surtout en politique, des termes d’action, ou de progrès, et de réaction, et que rien n’est plus trompeur que des mots d’une telle généralité. Par ailleurs, ils favorisent une tendance à scinder tout sujet politique en deux, toujours à quelques nuances près.

«La Revanche des Sith», tragédie testament de Lucas

Les mercredis du cinéma – Danilo Heyer

Arrivé à ce stade de l’aventure Star Wars, après la postlogie, les spin-off et la fin de la deuxième saison du Mandalorien, il n’est peut-être pas inutile de tourner sur ses talons et de porter le regard sur une époque où Disney n’avait pas encore la franchise sous son emprise. Soit sur le dernier épisode de la prélogie, l’épisode III: La Revanche des Sith (2005) signé George Lucas.

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«L’Anomalie», un roman éclaté sur fond de philosophie

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

En lisant le synopsis de L’Anomalie, je m’attends à un polar. Un peu de science-fiction. Un livre à suspense. Un roman philosophique. J’ai (presque) raison, puisque il est tout cela, mais pas entièrement. Hervé Le Tellier nous offre un ouvrage magistral dans lequel se mêlent les genres littéraires. Sautant de l’un à l’autre, le lauréat du Goncourt 2020 s’amuse à nous montrer que pour faire une œuvre passionnante, nul besoin de s’appuyer sur une cohérence absolue.

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Quand Evgueni Zamiatine annonce la chute de Rome

Article inédit – Ivan Garcia

Au travers de deux héros, un jeune Attila, prince des Huns, et un historien byzantin nommé Priscus, Evgueni Zamiatine nous fait remonter le temps et découvrir la Rome de la fin du IIIe siècle et du début du IVe siècle. Une cité décadente et perdue qui attend sa fin imminente, voire sa punition céleste.

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«Quartier des Banques» – Grangier, l’entreprise familiale gangrenée

Les plateformes ciné du samedi – Malika Brigadoi

Difficile de trouver sa place dans le marché impitoyable des séries. Quartier des Banques – une série helvético-belge, créée par Stéphane Mitchell, Fulvio Bernasconi et Jean-Marc Fröhle – s’est révélée être la première pierre de l’édifice grandissant des séries de la chaîne nationale. Dès les premiers épisodes, le spectateur plonge dans les coulisses de Grangier, une entreprise familiale de gestion de fortune basée à Genève. Alors que la première saison – diffusée en 2017 – prend pour contexte l’ébranlement du secret bancaire en 2012 par les Américains et la crise financière qu’il entraîna, la deuxième – sortie en 2020 – s’intéresse aux fonds spoliés et au blanchiment d’argent. Entre secrets de famille et problèmes économiques; enlèvements, intimidations, jeux de pouvoir, déloyauté, perfidie, amour et argent incarnent les ingrédients phares de cette saga financière.

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