Tous les articles par Le Regard Libre

Revue mensuelle, depuis 2014 Pour la culture et le débat d’idées

L’écrivain et ses mensonges: comment un auteur se crée une légende

ARTICLE LONG FORMAT, Ivan Garcia | Ils s’appellent William Faulkner, Ernest Hemingway, John Steinbeck ou autres. Ils sont de grands écrivains, ont été publiés, lus, consacrés et interviewés. Les légendes qu’ils nous ont laissées sont grandioses mais, sous tant de beaux traits, ne faut-il pas également chercher des traces du travail qu’ils ont accompli et de l’existence qu’ils ont vécue? Dans son nouvel essai, Julia Kerninon compare le discours des écrivains sur leur parcours à leur biographie pour montrer à quel point les légendes ont pris le pas sur la réalité. Un rééquilibrage de la balance.

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Querelle sur les droits: l’homme n’est pas une abstraction

ARTICLE LONG FORMAT, Enzo Santacroce | Les discours communautaires, actuellement en vogue et portés par des minorités en mal d’existence plutôt que victimes de réelles répressions, torpillent la belle idée du XIXe siècle selon laquelle la liberté des minorités devait être préservée et défendue en la transformant en une arme contre la liberté d’expression, qui comprend, entre autres, le droit de faire de l’humour. Il est à craindre que la polémique provoquée par l’épisode de la comédienne romande Claude Inga-Barbey mettant en scène les difficultés à nommer les transformations de genre illustre une ère marquée par la police de la pensée. D’un point de vue philosophique, cette situation recèle une opposition entre deux types d’universalisme, soit celui proclamant les droits de l’Homme contre celui des droits des hommes.

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Un périple autour du monde pour «Ne pas laisser le temps à la nuit»

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

Ne pas laisser le temps à la nuit est un roman basé sur les dialogues. Il présente la quête identitaire d’une jeune femme tentant de fuir son passé. Paradoxal? Pas forcément, puisqu’il montre à quel point on peut se perdre en cherchant ses racines. 

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Le concert idéal de Johnny Hallyday qui n’a jamais existé

Article inédit – Daniel Wittmer

Community manager pour Le Regard Libre – c’est-à-dire membre de l’équipe qui s’occupe des réseaux sociaux du magazine – je cultive avec mon boss une même passion intime pour certains domaines de la musique, et plus particulièrement pour Johnny Hallyday. A l’occasion des 78 ans que l’artiste aurait eu le 15 juin 2021, nous nous sommes prêtés à un jeu extrêmement pointu. Et ô combien révélateur de l’univers précis qui nous fait rêver tous les deux, bien au-delà du chanteur. Voilà que je prends la plume pour vous raconter cette expérience.

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William Sheller arrête la chanson et se livre: «En 2018, un autre moi est né»

L’un des plus grands noms de la chanson française publie son autobiographie. L’auteur, compositeur et interprète des fameux "Un homme heureux", "J’cours tout seul", "Le carnet à spirale" et autres perles comme "La navale", "Centre-ville" ou "Chanson lente", retrace sa drôle de vie dans "William", sorti en mars aux "Editions des Equateurs". Se prêtant au jeu des confidences et allant surtout au bout de son art à lui, transmettre des impressions et des émotions dans leur vérité crue, l’artiste détaille son parcours inimaginable, bousculé par tant d’événements et de personnalités. William Sheller, un homme émerveillé et autant ému qu’émouvant, a accepté avec plaisir notre demande d’entretien. Découvertes sur son père, bisexualité, passion de la composition, hypersensibilité, cocaïne, critique de l’époque actuelle: aucun sujet n’est évité sur une vie écrite en lettres capitales, à l’encre bleue.

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«Grand Piano»: de la musique, vraiment?

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | Grand Piano (2013), du réalisateur espagnol Eugenio Mira, est un film comique prenant pour prétexte la musique classique au sens large. Ne se présentant apparemment pas comme tel, mais plutôt comme un thriller psychologique exprimant une angoisse ponctuée d’humour sporadique, c’est pourtant bien ce qu’il est. Rires garantis.

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«Chico & Rita»: peinture sociale d’un rêve brisé

ARTICLE LONG FORMAT, Alice Bruxelle | Les dessins animés sont-ils réservés uniquement aux enfants ? Si, pour vous, la réponse est affirmative, c’est que vous n’avez sans doute pas encore découvert Chico & Rita (2011), long-métrage animé hispano-britannique réalisé par Fernando Trueba et Javier Mariscal. Histoire d’une passion amoureuse sur fond de jazz afro-cubain, il dessine la vie de deux musiciens aux rêves avortés par des enjeux sociaux bien plus puissants qu’eux. Abordant les thèmes de la perte d’identité et du racisme, les deux réalisateurs dotent à ce dessin animé une profondeur qui n’a rien à envier aux films traditionnels.

«Un Américain en enfer», un conte diablement original

Les bouquins du mardi – Ivan Garcia

Décidément morts trop tôt, deux Américains, un Noir et un Blanc, atterrissent en enfer et passent leur temps à travailler et à étudier. Mais ils n’ont qu’une envie: s’échapper de ce trou perdu pour revenir en Amérique et contribuer à faire du pays un lieu meilleur, allant même jusqu’à berner le Diable, grand partisan de la «modernisation de l’enfer» et adepte de picole et d’orgies. Un récit original qui, grâce à sa légèreté et son style comique, nous enseigne quelques leçons sur le racisme.

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«Only Lovers Left Alive», la musique face au désenchantement

ARTICLE LONG FORMAT, Ivan Garcia | Lui est un musicien-vampire. Elle est une lectrice-vampire. Leur principal souci? Se procurer du sang frais. Dans Only Lovers Left Alive, un couple de buveurs de sang millénaires s’aime sur fond de déchéance du monde. Et tout cela, en musique, s’il vous plaît. Un long-métrage tiré par les cheveux et, finalement, peu funky.

Le dessin et les coutures de l’image

ARTICLE LONG FORMAT, Vinciane Vuilleumier | Les œuvres sur papier exercent toujours sur moi une fascination particulière. Peut-être est-ce dû au fait que le support est toujours présent et joue un rôle actif dans l’image – il est l’espace négatif qu’on utilise pour faire jaillir la lumière, après tout. Sur une toile, une couche picturale lisse et unifiée laisse l’illusion qu’on est face à une image, seulement – la technique est si parfaite qu’elle masque l’objet et la création sous l’apparence d’une scène. Sur une feuille, les traces font émerger le dessin mais la surface marquée reste visible – son grain, sa teinte, les marques du temps et de l’usure, elle prête sa matière à la composition.

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