Archives par mot-clé : fiction

De la nuance et de l’histoire avec «Les Derniers Tsars»

Le Netflix & chill du samedi – Loris S. Musumeci

Netflix multiplie les documentaires et les séries historiques. Qualité et pertinence ne sont pas toujours au rendez-vous. Malgré tout, la plateforme a le mérite de susciter systématiquement la curiosité, quitte à ce que la bande-annonce promette bien plus que la film ou la série ne vaut réellement. Ainsi va la vie, ainsi va la pub. En tout cas, Netflix parvient à donner à son public le goût pour l’histoire. Comme avec Les Derniers Tsars, qui met d’emblée l’eau à la bouche: on sent que la réalisation ne se limitera pas à compte rendu politique. L’histoire se raconte aussi à travers les passions humaines, les aspirations de personnages ambitieux, les coups de grâce du destins et ses coups durs. Mission accomplie!

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Ce qu’A VRAI DIRE aurait pu être (et ce qu’il sera)

Article inédit – Ivan Garcia, Jonas Follonier et Lauriane Pipoz

Du 13 au 22 mars derniers aurait dû avoir lieu A Vrai Dire, festival des autofictions organisé par le Théâtre Benno Besson d’Yverdon-Les-Bains. Bien préparés, les rédacteurs du Regard Libre, média partenaire du festival, s’apprêtaient à vivre au rythme du théâtre, pendant une dizaine de jours, entre pièces, critiques à chaud, interviews d’artistes, palabres dramatiques à échanger, vidéos à faire, petits fours à déguster et verres à partager. Mais c’était sans compter sur un convive inattendu: le Sieur Coronavirus qui, dès le 13 mars, sur ordre du Conseil Fédéral, a forcé tout le monde à se confiner chez soi. Pour remédier à ce drame, nous vous proposons un petit tour d’horizon de ce que nous aurions pu vivre à A VRAI DIRE – et que, peut-être, nous vivrons lors de sa tenue prochaine.

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Seriez-vous prêts à croire au retour du «Messiah»?

Le Netflix & chill du samedi – Loris S. Musumeci

L’attente ardente du retour de Jésus-Christ, le Messie, est chantée chaque dimanche dans les églises chrétiennes du monde entier. Les Juifs, n’ayant pas reconnu en Jésus de Nazareth la figure du Sauveur, attendent encore et toujours leur Messie. En islam, particulièrement dans sa branche chiite, on attend Al Mahdi. Une sorte de Messie lui aussi, qui sera douzième et dernier imam, dernier successeur du prophète Mahomet. Allah l’enverra sur Terre dans une période de troubles, vers la fin des temps derniers.

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Captain Marvel: La femme rompue

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Pour leur vingt-et-unième film, les studios Marvel retracent l’histoire de Carol Danvers, ancienne pilote de l’US Air Force et qui deviendra l’un des personnages les plus puissants que l’univers Marvel n’ait jamais compté.

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« Fleuve noir »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Ecoutez Madame, un brave garçon comme le vôtre ça disparaît pas comme ça. »

Le commandant Visconti est chargé de l’affaire Dany.  Dany Arnault a disparu un mercredi. Il a quitté la maison le matin pour se rendre au lycée, mais il n’est pas allé en cours. Aucune trace de lui. Le flic interprété par Vincent Cassel peine cependant à se concentrer sur l’affaire : il est profondément alcoolique et son fils est mêlé à une histoire de deal. Pourtant, il ne lâche rien. L’apparition d’un suspect trop suspect, le professeur Bellaile, et, par-dessus tout, l’amour naissant pour la Solange, mère de la victime, poussent Visconti à aller au-delà des droits que lui accordent l’enquête.

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Philippe Forest : « De certaines expériences extrêmes, on ne peut jamais rien dire »

Le Regard Libre N° 37 – Loris S. Musumeci

Philippe Forest est un homme de lettres reconnu pour ses amples connaissances en la matière. Il est professeur de littérature et contribue à de prestigieuses revues telles que la NRF. Depuis la mort de sa fille, Pauline, arrachée à la vie toute petite par un cancer, Philippe Forest a commencé à écrire des romans, liant la démarche du deuil à celle de l’écriture. Après plusieurs grands succès, comme son premier roman, L’Enfant éternel (1997), ou Sarinagara (2004), l’auteur se livre à une réflexion romanesque sur l’oubli. Nous l’avons rencontré à Fribourg.

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« Le Sang », extrait n° 11

Le Regard Libre N° 35 – Sébastien Oreiller

Chapitre III : Départ de la mère

En portant le cercueil, le poids de la mère sur les épaules, il ne songeait même pas lorsqu’il pénétra sous la vieille nef de pierre. Il ne songea pas que peut-être il avait causé sa mort, au chagrin distillé dans son cœur par les événements de la montagne, la disparition soudaine de son fils. Il savait qu’elle connaissait tout, qu’elle n’avait jamais rien dit, mais qu’elle savait. Il avait perdu sa jeunesse ; un mois plus tard, la mère était morte. Il n’y avait rien à comprendre. L’office commença, et il s’assit devant, avec les petits frères et sœurs, qui pleuraient sans trop se rendre compte. Qu’allait-il faire avec eux ? Les envoyer au pensionnat, en ville, chez les prêtres ? Il n’en avait pas les moyens. Le pensionnat, pour eux, ce serait l’orphelinat. Ou alors, il les éduquerait, du mieux qu’il pourrait, mais il ne pourrait être à son tour et père et mère. Continuer la lecture de « Le Sang », extrait n° 11

« Le Sang », extrait n° 10

Le Regard Libre N° 34 – Sébastien Oreiller

Intermède

Depuis la montagne, on entendait les marécages de la plaine. De ci, de là, le fleuve mal endigué laissait apparaître de petites taches qui brillaient dans la nuit et vous reflétaient. Tel une bise d’automne, le coassement des grenouilles s’envolait le long des pentes, jusque dans les chambres à coucher, tout un petit monde humide qui s’agitait le soir venu, comme un grand corps qui se tourne et se retourne, immobile. Rien de plus nonchalant que ces batraciens qui gloussaient, à quelques centimètres les uns des autres, se dévisageaient sans mot dire, gobant des mouches faciles à gober. Et pourtant, de leurs aspérités, de leur ressentiment de grenouilles s’élevait comme un chœur sinistre dans la nuit, une sorte battement irrégulier, accouplé au bourdonnement sourd des insectes. Continuer la lecture de « Le Sang », extrait n° 10