Archives par mot-clé : jean-david ponci

Dmitri Chostakovitch, un funambule face au pouvoir

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | Député du Soviet suprême en 1947, secrétaire général de l’Union des compositeurs soviétiques en 1960, Héros du Travail Socialiste en 1966… Ces nominations, acceptées à contrecœur, n’étaient souvent qu’un moyen pour publier en son nom des articles qu’il n’avait pas écrits, ou pour lui faire lire des discours qu’il n’approuvait pas. Cela correspond bien à la conception totalitaire du pouvoir selon laquelle tout est au service de l’Etat. Chostakovitch était censé être un rouage de plus de cette gigantesque machinerie. Comment un artiste peut-il être encore créatif dans de telles conditions? Chostakovitch fait plus que répondre à ce dilemme. Il l’incarne par sa vie même. Tout comme un funambule qui doit se soumettre, s’il veut survivre, aux lois de la pesanteur, Chostakovitch se soumet aux lois implacables du régime, mais, en même temps, il les défie en composant des musiques qui peuvent être interprétées comme une raillerie.

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Offenbach, le premier postmoderne

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | Si la modernité commence à la Renaissance avec la remise en valeur du patrimoine antique, la postmodernité pourrait bien débuter avec la relativisation de cet héritage. Offenbach est ainsi le premier qui ose mettre en scène les dieux de l’Olympe pour s’en moquer. Mais il n’y a jamais chez lui d’effronterie gratuite. Dans ses œuvres, on retrouve tout un programme de remise en question de l’establishment: il thématise la libération sexuelle, l’émancipation de la femme. Il se moque de la force militaire, il met en doute la légitimité du pouvoir politique, il montre les aspects ridicules de l’amour bourgeois… On peut avoir l’impression qu’il n’était qu’un saltimbanque. En fait, seul l’humour lui permettait de dire ce qu’il n’aurait jamais eu le droit d’exprimer dans un genre plus sérieux que l’opérette.

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Les biocarburants et le rôle essentiel des Etats pour l’avenir de la planète

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | La volonté de différents pays d’augmenter la proportion de biocarburants dans l’essence met en relief d’importants enjeux: la difficulté d’une écologie vraiment bénéfique, mais aussi le rôle essentiel des Etats pour promouvoir des politiques fondées sur les valeurs face à une économie mondialisée qui ne semble connaître que la rentabilité comme critère.

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Tchaïkovski, fragile et pourtant maître de son destin

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | Beau malheur, un oxymore qui caractérise bien la musique de Tchaïkovski. Très sensible, trop sensible, il souffrit toute sa vie de son homosexualité, d’une certaine manie de la persécution, de manque de confiance en soi, de l’incompréhension des autres musiciens… Même s’il n’a pas été le seul homme à souffrir, il est sans doute celui qui a réussi à exprimer la douleur de la manière la plus poignante. Non seulement ses mélodies sont magnifiques, mais elles mettent son âme à nu, elles semblent surgir du tréfonds de sa détresse pour s’élever vers le ciel. Pourtant, derrière cette fragilité, se cache un homme qui savait bien ce qu’il voulait, comme le montre sa détermination à publier ses œuvres telles quelles, malgré les critiques, jusqu’à sa mort programmée, pour laquelle il compose son propre requiem, la Pathétique.

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GAFAM: Plaidoyer pour un pluralisme technologique

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | On considère habituellement qu’avec Obama, les Etats-Unis commencent à renoncer à leur rôle de gendarmes du monde. Ce mouvement s’accélère avec Trump, dont le slogan «America First» sonne le repli des USA sur eux-mêmes. Toutefois, c’est curieusement à la fin du mandat de Trump qu’un nouveau pouvoir mondial, toujours en mains américaines, fait montre de sa puissance. Les GAFAM, acronyme pour les grandes entreprises Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, censurent certains contenus pour des raisons politiques, révélant aux yeux du monde, scandalisé, qu’ils ne sont pas que des fournisseurs de service. Cette situation historique est propice à une réflexion sur les conditions à fournir pour garantir la liberté d’expression sur le Net. Analyse.

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Mendelssohn, le romantique qui peignait avec l’orchestre

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | «Ah, vous aimez Mendelssohn». Dans une soirée mondaine, c’est sans doute le compositeur dont il ne faut pas trop chanter les louanges. Sa musique est trop accessible pour que vous puissiez attirer l’intérêt de votre interlocuteur. Le snob tend à oublier que la facilité est une qualité compatible avec la grandeur et avec la beauté. Mendelssohn était considéré comme le meilleur compositeur de son époque, en tout cas en Angleterre. Voici un petit tour d’horizon pour nous débarrasser des préjugés à son égard et découvrir ce qu’il a d’original et de profond.

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L’idéologie woke: des faveurs pour les «défavorisés»

ARTICLE LONG FORMAT, Jean David-Ponci | La culture woke est apparue dans les années 2000 aux Etats-Unis pour décrire un militantisme en faveur des Noirs et, par extension, envers toutes les personnes jugées défavorisées en raison de leur appartenance ethnique, leur sexe, leur orientation sexuelle, leur physique ou leur handicap. De nombreux intellectuels de gauche comme de droite, le plus célèbre étant Barack Obama, ont condamné cette idéologie présente dans les universités. Aux Etats-Unis, la culture woke concerne en premier lieu la défense des Noirs, en particulier avec le mouvement Black Lives Matter, tandis qu’en Europe elle est surtout soutenue par les lobbys LGBT. Même si cette forme avancée de politiquement correct peut nous sembler ridicule, cette analyse nous fera découvrir que nous avons déjà admis les présupposés qui y mènent. Nous sommes tous déjà un peu woke sans en être conscients.

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Johannes Brahms, ours mal léché ou homme blessé?

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David David | Brahms, une réputation de misanthrope, une musique souvent lourde, trop académique. Brahms, un Allemand du Nord, n’aimait guère la France, et les compositeurs français n’ont eu de cesse de le dénigrer. On disait que, grâce à ses nombreux voyages en Italie, sa choucroute était souvent arrosée d’ambroisie, la boisson des dieux. C’est vrai… Derrière une certaine pesanteur, il y a des passages «divins» d’une intense beauté. C’est pourquoi, s’il me fallait emporter sur une île déserte une seule minute de musique, c’est chez Brahms que je la prendrais. Brahms est, en réalité, un homme profondément blessé par une enfance malheureuse comme musicien dans un cabaret du port de Hambourg; mais c’est de cette blessure que surgit la musique sublime que je choisirais de garder. Cette blessure nous aidera peut-être aussi à mieux le comprendre et à lui pardonner sa gaucherie.

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Frédéric Chopin, des armes parmi les roses

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | Chopin, une sensibilité exquise, un musicien souffreteux, fragile, dépressif… C’est volontiers ainsi qu’on se le représente. Et pourtant, Robert Schumann décrira sa musique comme des canons enfouis sous les fleurs. Chopin est en fait un pianiste politique, qui symbolise la Pologne libre. Par ailleurs, il avait beaucoup d’entregent et c’est pourquoi il était ami de tant d’artistes célèbres. Il n’était pas une bête de scène comme Liszt, mais savait se montrer charmant et drôle. L’expression «des armes parmi les roses» s’applique aussi à sa musique: la mélodie agréable et classique, presque à l’eau de rose, est souvent accompagnée d’une harmonie osée, propre à lui seul, qui rend ses compositions géniales.

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Robert Schumann, fou? Fou d’amour, en tout cas!

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | Dans le sillage de Beethoven, nous avons abordé précédemment les trois géants du XIXe, Wagner, Liszt et Berlioz, que l’on pourrait aussi dénommer les bulldozers du romantisme. Progressistes et innovateurs à l’extrême, ils ne correspondent guère à l’idée de l’artiste romantique, méditatif et fragile. Il est temps de laisser place aux «introvertis» de l’époque qui ont été des géants d’une autre manière. Il a déjà été question de Schubert, il reste Chopin, Brahms et surtout Schumann. Encore aujourd’hui, il est difficile de savoir ce qu’il en était de la folie de Schumann et de son amour pour Clara. Face à une vie auréolée de mensonges par ses proches, il nous lègue une œuvre criante de vérité, des chefs-d’œuvre de sensibilité qui font de lui le plus passionné des romantiques, ou peut-être même le plus romantique des romantiques.

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