Archives par mot-clé : l’art de perdre

«L’Art de perdre»: l’art de réussir à créer des liens

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

«Qu’est-ce que vous croyez qu’elles font vos filles dans les grandes villes? Elles disent qu’elles partent pour leurs études. Mais regardez-les: elles portent des pantalons, elles fument, elles boivent, elles se conduisent comme des putes. Elles ont oublié d’où elles viennent.»

Naïma est l’héritière d’une histoire familiale chargée de l’Histoire. Sa famille, d’origine kabyle, est arrivée en France durant l’été 62. Date maudite selon son père Hamid, qui n’a quasiment jamais parlé de l’Algérie à ses filles. Date maudite aussi pour son propre père, Ali, qui avait suggéré aux siens de ne jamais préciser la date de leur arrivée en France, surtout en présence d’autres ressortissants algériens. L’été 62 est en effet le moment où sont arrivés les «harkis», ces Algériens qui ont choisi la France face au FLN.

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S’opposer au torrent

La citation de la semaine – Loris S. Musumeci

« Il faut être fou pour s’opposer au torrent. Mektoub. La vie est faite de fatalités irréversibles et non d’actes historiques révocables. »

Alice Zeniter, L’Art de perdre

© Loris S. Musumeci pour Le Regard Libre

Lectures du Goncourt 2017 (épisode 2/2)

Le Regard Libre N° 34 – Loris S. Musumeci

Tiens ferme ta couronne, Bakhita, L’Art de perdre et L’ordre du jour formaient une liste de qualité en tant que finalistes pour l’irremplaçable Prix Goncourt. Le 6 novembre, c’est finalement L’ordre du jour d’Eric Vuillard qui l’emporta. Retour sur l’impression suscitée par ce court roman atypique mais puissant.

« Le Soleil est un astre froid. Son cœur, des épines de glace. Sa lumière, sans pardon. En février, les arbres sont morts, la rivière pétrifiée, comme si la source ne vomissait plus d’eau et que la mer ne pouvait en avaler davantage. Le temps se fige. Le matin, pas un bruit, pas un chant d’oiseau, rien. Puis une automobile, une autre, et soudain des pas, des silhouettes qu’on ne peut pas voir. Le régisseur a frappé trois coups mais le rideau ne s’est pas levé. »

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