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Un « Dracula » inédit proposé au théâtre

Le Regard Libre N° 31 (pas encore paru) – Jonas Follonier

Dracula : un personnage fameux surtout pour ses diverses apparitions au cinéma. C’est cette fois sur les planches que l’on peut voir le célèbre vampire, et c’est une première. Le roman épistolaire Dracula de Bram Stoker a été revisité par le metteur en scène Stéphane Albelda, bien connu pour son talent en Valais et au-delà.

Le résultat est époustouflant. La troupe de Nova Malacuria a bien atteint les objectifs que se fixe cette institution culturelle depuis plus de trente ans : faire se rencontrer les différents arts de la scène. Mais c’est avant tout à la frontière des genres que se situe cette création.

Passant des larmes les plus glacées au rire le plus entier, le public peut assister jusqu’au 2 septembre à un spectacle total sous la lune des jardins du Collège des Creusets, à Sion, du mercredi au samedi, à 20h30. Portés par une musique décapante composée par Baptiste Mayoraz et interprétée en direct, les acteurs, jeunes pour la plupart, témoignent d’un jeu subtil, réaliste et tragique. Rencontre avec l’un d’entre eux, Thibault Hugentobler. Lire la suite Un « Dracula » inédit proposé au théâtre

« Phèdre » en Valais – Rencontre avec Stéphane Albelda

Le Regard Libre N° 11 – Jonas Follonier

Professeur de littérature, musicien, Stéphane Albelda est aussi metteur en scène : il dirige depuis 2006 la troupe du Lycée-Collège des Creusets à Sion (Valais) et assure la mise en scène de nombreux autres spectacles. En 2015, il a monté la tragédie « Phèdre » de Racine, un classique qui a eu du succès dans la capitale valaisanne.

Jonas Follonier : Pourquoi le choix de Racine ? Etait-ce la première fois que vous vous attaquiez à une tragédie classique ?

Stéphane Albelda : C’est la première fois que je me suis attaqué à une pièce en alexandrin. C’est une telle entreprise que j’y ai toujours renoncé. Mandaté par le Théâtre des Collines, je m’y suis rendu pour refuser leur proposition. Mais la rencontre humaine m’a fait changer d’avis et a précédé l’entreprise artistique : il s’agit d’une troupe extrêmement hétérogène, de milieux différents et d’expériences différentes. Le fait que ces gens se soient fédérés pour faire vivre un texte classique m’a touché et a laissé augurer une entreprise pure.

Quels sont les grands défis dans la mise en scène d’une tragédie de Racine ?

Il y a deux défis majeurs. Le premier porte sur le sens : que raconte Phèdre ? Que raconte un mythe au XXIe siècle ? On sait que les mythes ont une parole fondamentale. L’enjeu de la mise en scène consiste à trouver le pont entre un texte et un public actuel. Le deuxième défi est formel : comment révéler la langue de l’alexandrin aujourd’hui ? Car il faut la garder : je ne crois pas aux processus de modernisation par la destruction. Pour que l’alexandrin se révèle, il faut une certaine écoute. L’effet contemporain s’est surtout porté sur les césures : en les travaillant bien, le jeu des silences devient fondamental. Il s’agit donc d’un grand travail sur le rythme. Ce travail se rapproche de celui du chef d’orchestre, qui doit faire jouer de manière actuelle une composition classique ou baroque. Lire la suite « Phèdre » en Valais – Rencontre avec Stéphane Albelda

Poésie théâtrale : Noces de Sang

Le Regard Libre N° 10 – Jonas Follonier

Les spectateurs de la salle ont le souffle coupé. Jamais la scène des Creusets n’a été autant poétique. Plus rien n’existe que la terre, le sang, le ciel, la passion. Nous nous trouvons dans Noces de Sang.

La pièce de Frederico Garcia Llorca laissera des marques rouges tant elle est palpitante. L’excellence du spectacle présenté du 13 au 19 avril à l’aula du Lycée-Collège des Creusets se mesure aux émotions du public au moment de la représentation, mais aussi au travail qu’un tel niveau exige : si le metteur en scène Stéphane Albelda a toujours atteint les sommets qu’il s’est fixé, je crois ne pas trop m’avancer en affirmant que cette année, la troupe du Lycée-Collège des Creusets a présenté la meilleure précision scénique de son histoire. La gestuelle des acteurs, jusqu’au moindre battement de cil, la pigmentation des décors et des costumes, l’intensité tragique de la musique ou encore la justesse des chœurs resteront gravées dans les mémoires.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © Jean-Yves Fumeaux

 

Insieme – une approche différente

Le Regard Libre N° 8 – Hélène Iven 

L’association Insieme Valais, soutenue par le Lycée-Collège des Creusets dans le cadre de la marche d’automne et de l’action de Noël 2014, bien que locale, n’a jamais parue si éloignée. Eloignée de notre quotidien d’une part, parce que la prise en charge de personnes handicapées est rarement abordée, ni dans le milieu scolaire, ni ailleurs ; d’autre part du fait que le handicap est trop souvent considéré comme « hors-norme » dans une société où la différence effraie. En effet, ce sont des commentaires facilement entendus dans les conversations : les handicapés mettent mal à l’aise. Pourquoi ? Sont-ils trop différents ? Cette pensée m’indigne, d’autant plus que je ressentais le même trouble, jusqu’au jour où j’ai voulu dépasser les apparences, m’éloigner de la fausse image que j’avais des handicapés mentaux et me rapprocher d’eux pour apprendre à vraiment les connaître.

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Le collège pousse-t-il à fumer ?

Le Regard Libre N° 6 – Florent Aymon

Il faut bien le reconnaître, malgré toutes les campagnes publicitaires, la prévention, les affiches, les restrictions ou l’augmentation des prix, de plus en plus de jeunes fument. Que ce soit des cigarettes ordinaires, des cigares ou des cigarettes électroniques, qu’ils fument régulièrement ou « uniquement en soirée », nombreux sont ceux qui sortent en courant de leur salle de classe à 9h40 pour pouvoir se satisfaire de leur dose de nicotine tant attendue. Ceci est aujourd’hui un vrai problème de société, et la preuve en est là, quand on sait que la Confédération investit plus de 20 millions par année depuis 2006 pour lutter contre ce phénomène toujours en plein essor qu’est le tabagisme. Alors, comment se fait-il que malgré les fonds alloués à l’OFSP, le nombre de fumeurs ne baisse pas ou peu ? Intéressons-nous par exemple aux raisons qui poussent les collégiens à fumer.

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Le français au collège

Un article inédit de V. Sirine

Le présent article ne vise aucun professeur, ni qui que ce soit. S’il cherchait à le faire, il se limiterait à une bordée d’injures bien senties. Est-il besoin de justifier à un maraud fieffé la bastonnade qu’il mérite ? Non. Bats-le. Si tu ne sais pas pourquoi, lui le saura. Le présent article ne tend guère plus, malgré les apparences – qui ne sont que celles de l’art à la petite semaine –, à exciter un troupeau d’étudiants (professionnels, s’entend) à une vindicte sanglante, qui n’aurait pas sa place dans un article aussi bienveillant.

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Voyage au Tibet

Le Regard Libre N° 5 – Cassandre Villar

Quelques mois après le retour d’un voyage bouleversant, une rétrospection s’impose. Cet été, les étudiants et accompagnants de l’Association Tête Au Cœur ont pris leur envol vers des terres lointaines et pourtant si proches. En effet, les paysages comme le mode de vie rustique du Tibet rappelaient le Valais de nos grands-parents. Plus qu’une impression de retour sur nos origines, il s’agissait également de redécouvrir la spiritualité à la base de notre culture. Nous avons eu l’occasion de suivre les pas du Valaisan Bhx Maurice Tornay et ainsi de découvrir, au cas où nous l’aurions oublié, que la religion chrétienne n’est pas seulement un système dogmatique et moralisateur ou, pire encore, naïvement angélique, comme le montre malheureusement parfois certains prêtres ou religieux en Occident, mais d’avantage un ensemble de valeurs humaines et un questionnement de la conscience.

Croyant, athée ou agnostique, chaque étudiant a su trouver dans ce voyage un lieu d’ouverture au monde, à une réalité différente de la nôtre et à un questionnement personnel. L’assemblage de l’effort physique engagé durant l’ascension des sommets et de la prise de conscience face à la réalité des Tibétains persécutés par le communisme chinois fut l’occasion pour chacun d’entre nous de grandir en maturité. Au fil des jours et
des kilomètres, le sens de voyage « de la tête au cœur » devenait de plus en plus clair pour nous. La rencontre avec ces individus si pauvres matériellement et pourtant si humains, l’expérience de la vie de groupe au sein de conditions pas forcément les plus confortables ainsi que la confrontation à notre intériorité lors d’instants plus méditatifs nous ont permis de vivre l’expérience de la rencontre humaine et de la présence au présent.

Puissions-nous ne pas retomber trop rapidement dans l’engrenage du « métro-boulot-dodo » et de la superficialité si chers à notre société en nous remémorant sans cesse les perles acquises lors de ce voyage. Partager les fruits de ce vécu est sans doute une des meilleures manières de faire durer l’aventure au-delà des frontières asiatiques. Par conséquent, je ne peux que vous encourager à faire le pas de prononcer librement un « oui » déterminé aux voyages, aux expériences humaines, aux questionnements, aux risques, à tout ce qui vous positionnera face à vos aprioris… à la vie.