Archives par mot-clé : manuel valls

Manuel Valls, symbole d’un monde qui meurt

Regard sur l’actualité – Nicolas Jutzet

Le grand perdant de la primaire de la gauche, qui avait pris ses distances avant même le premier tour avec sa famille politique, semble perdu. Isolé. Lâché par son ancien parti, logiquement courroucé pour son infidélité, le voici (à nouveau) refoulé par En Marche! qu’il pensait rejoindre, empruntant un tapis rouge. Mais rien n’y fait, le prétendant ne trouvait pas, et ne trouve toujours pas, malgré son passé, son expérience, ses relations, son rôle de Premier Ministre, grâce aux yeux du symbole du renouveau. Pris entre le marteau et l’enclume, Manuel est seul, abandonné.

Triste sort pour celui qui avait milité auprès du Président sortant pour faire entrer ce technocrate ambitieux dans son gouvernement. Avec lui, il allait faire des réformes, pouvoir se profiler comme le « Schröder » français. Quelques mois et quelques impertinences distillées dans une presse complaisante plus tard, voilà Valls dépassé. Ringardisé par ce nouveau venu qui contrairement à lui sait convaincre, sait plaire et écouter. Bref, incarner ce renouveau qu’il voulait porter. La loi Macron, qui avait une majorité pour la faire passer par simple votation, servira de réponse. Valls emploie le 49-3 pour torpiller l’image et le travail de titan fourni en coulisse par le jeune arrogant. Mais rien n’y fait, la dynamique ne s’inverse pas. Valls est piégé. Entre un Président en disgrâce et la coqueluche des médias, il ne reste que peu de place pour celui qui se rêvait en synthèse des deux. Il voit l’étau se refermer. Continuer la lecture de Manuel Valls, symbole d’un monde qui meurt

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Vieille France

Regard sur l’actualité – Nicolas Jutzet

Un sentiment étrange me reste après la lecture de Bienvenue place Beauvau, celui d’une France qui se meurt. Comme si elle arrivait au bout, essoufflée, et qu’un nouveau départ était nécessaire. Une feuille blanche, pour retrouver ne serait-ce qu’un semblant de virginité, ô combien mise à mal par les actuels « amoureux de la République ». L’essai des journalistes d’investigation français Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé dresse un compte-rendu mortifiant de la déliquescence d’un organe pourtant central dans un Etat de droit qui se veut respectable. La machine policière française est une véritable usine à gaz qui laisse la part belle à la connivence, au copinage et, ce qui semble en être la suite logique, à la médiocrité.

Nombreux sont les exemples listés dans ce témoignage désabusé de la situation exécrable que vit la France. La surveillance est monnaie courante, que ce soit pour un rival politique ou un criminel supposé, les procédures sont faciles. Le soupçon est généralisé. Mais plus inquiétant encore, certaines affaires sortent carrément de la légalité et restent impunies. Ce qui, vous l’admettrez, est une réalité passablement difficile à assumer pour ceux qui devraient justement faire régner l’ordre.

Les luttes d’influence pour une once de pouvoir supplémentaire gangrènent l’entier de la construction qui ne cesse de trembler sur des fondations instables. Sans cesse remise en question, réformée sans réflexion sur le long terme, la machine policière est à l’agonie. On place ses amis aux postes délicats, pour s’assurer de leur fidélité le moment venu. On se court-circuite, on intrigue, on fait échouer l’autre, on détruit ce que notre prédécesseur a mis en place, oubliant sans cesse que c’est pour la France, un idéal, que l’on s’est engagé. Et les mêmes, Valls en particulier, qui ne jurent que par la « République » face à la caméra, s’avèrent être de pitoyables fossoyeurs en coulisses. Continuer la lecture de Vieille France

Les trois petits cochons

Le Regard Libre N° 24 – Jonas Follonier

Le 29 janvier dernier, Benoît Hamon a donc été choisi pour être le candidat socialiste à la présidence de la République française, devançant de beaucoup son adversaire, Manuel Valls. Cet événement atteste que les nostalgiques d’une gauche bien à gauche ne sont pas tous partis du Parti socialiste français pour aller rejoindre Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen. Ils se trouvent également à l’intérieur même du parti. On les appelle les frondeurs. Et cette élection nous montre qu’ils sont majoritaires au sein de leur camp.

Je déplore le choix des militants socialistes.Manuel Valls, malgré tous ses défauts, incarnait la réunion de deux tendances : un certain libéralisme sur les questions économiques et une approche très ferme en ce qui concerne les valeurs républicaines. En somme, tout comme Hollande, Valls semble regarder la réalité d’aujourd’hui telle qu’elle est. Pendant ce temps, Benoît Hamon croit être moderne en promettant un revenu de base universel. Continuer la lecture de Les trois petits cochons

La gauche française…

Regard sur l’actualité – Jonas Follonier

Cinq mois avant les présidentielles françaises, la gauche se dessine. La première chose qu’il convient de remarquer, c’est qu’il y aura trop de candidats. La dispersion des voix constitue un piège que les ténors du côté babord de l’échiquier politique français auraient pu, et dû, éviter. De l’extrême gauche au centre-gauche, on pourrait bien compter pas moins de six candidats (et sans doute plus) : une écologiste, un(e) anti-capitaliste, un communiste, une radicale de gauche, un(e) socialiste, un libéral progressiste et peut-être encore d’autres !

Clairement, il s’agit d’un gros n’importe quoi. Yannick Jadot, le candidat vainqueur de la primaire d’Europe Ecologie Les Verts, est inconnu du peuple. Philippe Poutou, du Nouveau Parti Anticapitaliste, reconnaîtrait, s’il avait un peu de décence, que sa candidature consiste en une farce, de mauvais goût qui plus est. Sylvia Pinel, elle, s’est autoproclamée candidate du Parti radical de gauche ; un peu d’histoire du radicalisme lui rappellerait que ne pas passer par une primaire revient à bafouer la philosophie qu’elle est censée porter. Continuer la lecture de La gauche française…