Archives par mot-clé : roman

Le chemin tortueux des parents d’enfants autistes

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

Dans son premier roman, Un bonheur que je ne souhaite à personne, Samuel le Bihan nous parle de l’autisme à travers le personnage de Laura. Cette femme est mère de deux enfants, dont un petit garçon autiste. S’étant refusée à le placer en hôpital psychiatrique, elle est la fondatrice d’une structure accompagnant les enfants autistes dans leur différence.

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«La montagne sourde»

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

C’est un petit livre simple et bouleversant que publie en ce début d’année Gilbert Pingeon aux Editions de l’Aire. L’auteur, résidant d’Auvernier, offre au lecteur un récit exprimant son amour d’une montagne en particulier, sa montagne, la Montagne Sourde. Et la quatrième de couverture, par son ton, marque d’entrée le génie solitaire qui se cache derrière le narrateur:

«J’entends souvent dire: « Les montagnes sont à tout le monde. » Voilà le genre d’affirmation propre à vous scier les jambes et vous couper l’envie de marcher. De quoi, en tout cas, vous mettre de mauvaise humeur pour le reste de la journée.»

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«Invasion»: les extraterrestres, l’homme et la société

Les bouquins du mardi – Amélie Wauthier

«Si vous, les humains, arriviez à comprendre que tous vos combats ne sont, en réalité, que des jeux, et que vos adversaires sont des êtres humains exactement comme vous, sont vos frères, vos amis, alors vous pourriez mettre fin aux trois quarts des ennuis que vous vous créez tout seuls.»

Billy Morton est un vieux pêcheur qui vit à Long Island avec sa femme et leurs deux enfants. Un jour, il tombe sur un poisson pas comme les autres, un poisson sphérique, avec des millions de poils argentés sur le corps et qui refuse de retourner à l’eau. Très vite, Billy réalise que quelque chose cloche mais décide malgré tout de ramener l’étrange créature chez lui. Il est alors loin d’imaginer tous les ennuis qui vont lui tomber dessus. Car, vous vous en doutez, s’il est apparemment inoffensif, on ne peut cacher un extra-terrestre métamorphe ultra-futé chez soi sans attirer l’attention des voisins ni alerter les autorités et la presse locales, le FBI et tout un tas de tracas. Encore moins quand ce nouveau compagnon décide de pirater les serveurs des grandes agences gouvernementales américaines, sous prétexte que «c’est rigolo».

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«Le dernier été»: une bonne chanson, mais pas un tube

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

Premier roman de Benedict Wells, Le dernier été propose de rencontrer Beck, «un prof guetté par la quarantaine» ayant enchaîné les histoires sans lendemains, les soirées avec son seul ami Charlie, et qui trouve un jour en Rauli Kantas, l’un de ses élèves, la possibilité de se ressaisir d’un vieux rêve qu’on lui avait arraché: devenir un musicien reconnu mondialement. Rauli est jeune, inconscient de son talent, et Beck en crise existentielle les imagine déjà Rauli, Charlie, lui et Lara, la première femme – et la seule personne – qui puisse lui faire ressentir cette émotion étrange et déstabilisante qu’est l’attachement sincère.

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«Le complot contre l’Amérique»

Le Regard Libre N° 43 – Clément Guntern

Dossier spécial Philip Roth (1/4)

La dystopie de Philip Roth, auteur mondialement reconnu et apprécié, peint la vie dans une Amérique devenue antisémite. L’histoire modifiée révèle nos angoisses, brise nos certitudes et ravive une peur qui jusque-là sommeillait en nous.

Le livre de Philip Roth, publié en 2004 aux Etats-Unis, ne fait certainement pas partie de ses œuvres les plus connues ou que l’on citerait spontanément en discutant de la trace qu’il a laissée pour la littérature. Pourtant, tout autant que d’autres, Le Complot contre l’Amérique a sa place entre Pastorale américaine (1997) et La Tache (2000). Les préoccupations qui ont jalonné son œuvre y sont présentes, comme la place du Juif ou le rôle de l’histoire. Mais ce roman reste surtout celui de la peur, celle qui plane sur nous en permanence et pour toujours.

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« Et moi je vis toujours », le roman posthume de Jean d’Ormesson

Article inédit – Jonas Follonier

Longtemps, j’ai erré dans une forêt obscure. J’étais presque seul. Peu de voisins, pas d’amis. Pour ainsi dire pas de parents. J’ai à peine connu ma mère qui m’avait donné son lait. Je n’ai guère eu le temps de m’attacher à elle. Mon père n’était jamais là. Il se promenait, il courait les filles, il se battait, il chassait.

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Bastien Roubaty, du caractère dès les premières vendanges

Les lettres romandes du mardi – Nicolas Jutzet

Le premier roman de Bastien Roubaty, étudiant en littérature et histoire, est une belle promesse. Parvenant parfaitement à mêler les différents univers, avec un bémol en fin de récit qui cède à la facilité des clichés , il signe un ouvrage réussi, donnant d’ores et déjà envie de le lire les prochains. Plongée dans 174 pages passionnantes.

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« Anna Karenina » : La névrose est plus belle en VO

Les mercredis du cinéma – Nicolas Jutzet

Le langage claque aux oreilles. La sécheresse du russe, langue originale du film, laisse au spectateur la mission délicate et exigeante de s’imaginer l’équivalent dans sa langue. Ce qui, bien qu’aidé par les sous-titres, représente un exercice ardu. Ce film est sans doute une source de motivation inégalable pour apprendre l’alphabet cyrillique, tant la spontanéité des échanges semble prégnante et juste. La magie se perd quelque peu dans la traduction, mais l’essentiel reste.

Le charme des acteurs principaux, Elizaveta Boïarskaïa dans le rôle d’Anna Karénine et le renversant amant, Maxime Matveïev, qui se glisse parfaitement dans les habits du Comte Vronski, est indiscutable. En face, le mari éconduit, d’une froideur saisissante, Vitaliy Kishchenko, ravira les fans de Poutine, tant sa ressemblance est saisissante. Continuer la lecture de « Anna Karenina » : La névrose est plus belle en VO

Rencontre avec Elisa Shua Dusapin, une révélation métissée des lettres romandes

Le Regard Libre N° 29 – Loris S. Musumeci

En plus d’être jeune et charmante, Elisa Shua Dusapin apparaît sur la scène des lettres romandes comme une révélation envoûtante, pour sa plume délicate et son sens du métissage. De mère coréenne et père français, l’écrivain a grandi à la frontière de ces deux cultures. Ce qui a donné une tonalité multiculturelle à son premier roman, Hiver à Sokcho (2016). Il y est question de la rencontre entre une narratrice franco-coréenne dont on ne connaît le nom et Kerrand, un auteur de bande-dessinée normand. Elle, travaille dans une pension miteuse pour financer ses études ; lui, devient son hôte en quête d’inspiration. Se tisse entre ces deux êtres, que tout semble séparer, un lien empreint d’angoisse et de sensualité, de lassitude et de pudeur. Cette œuvre simple et percutante connaît un vrai succès, qui lui a valu récemment de nombreux prix.

Loris S. Musumeci : Vos origines familiales ne sont pas sans liens avec le roman. De quel joyeux métissage êtes-vous issue ?

Elisa S. Dusapin : D’emblée, il est pour moi fondamental d’établir qu’Hiver à Sokcho n’est pas une autobiographie. Le seul point commun que l’on retrouve entre la narratrice et moi, c’est l’origine franco-coréenne. Ma mère étant Coréenne et mon père Français. Je suis née en France, mais la plus grande partie de ma vie s’est déroulée ici, à Porrentruy. Ma protagoniste est en revanche née en Corée et ne connaît la France que par la littérature. Continuer la lecture de Rencontre avec Elisa Shua Dusapin, une révélation métissée des lettres romandes