Archives par mot-clé : roman

«Bed Bug», beaucoup d’insectes pour un peu de suspens

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

Le dernier ouvrage de Katherine Pancol vient de paraître aux Editions Albin Michel. L’auteure populaire signe avec Bed Bug son dix-huitième ouvrage. Le style est plaisant, malgré une impression de déjà-vu et un fil rouge peu présent.

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La douleur est le terreau de l’artiste dans l’«Orléans» d’Yann Moix

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

«Il faudrait désormais vivre clandestinement chez mes parents, orphelin quoiqu’en leur compagnie. Je leur déniai au demeurant, à compter de ce jour, la qualité de parents – ils ne représentaient à mes yeux que ce qu’ils pensaient d’ailleurs qu’ils étaient: de simples géniteurs. Seule la biologie me liait à eux, , et la biologie ce n’est pas grand-chose. Elle comporte toutefois une malédiction: cette ressemblance physique, cette gestuelle héritée qui, lorsque l’heure est tardive et qu’on se retrouve face au miroir d’un appartement vide, d’une chambre d’hôtel tel dimanche d’août, donne envie de se tirer une balle dans la tête. La mort me débarrasserait tôt ou tard de moi-même, c’est-à-dire d’eux.»

Le ton est donné. Ce ton qu’on connaît bien chez Yann Moix, à savoir celui de la radicalité, celui de l’intégrité. Orléans marque un tournant dans la carrière de l’écrivain: définitivement, il pose les fondements de son art. Il a grandi dans la souffrance, dans la violence infligée par des parents relégués au rang de géniteurs. Dalida disait que «la douleur est le terreau de l’artiste.» Elle avait raison.

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Jacques Pilet nous emmène dans la Suisse d’il y a un siècle

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Le journaliste suisse Jacques Pilet a sorti en août dernier son deuxième roman aux Editions de l’Aire, Hôtel Belvédère. A sa lecture, nous nous plongeons dans la Suisse de 1914. Au sein d’une Europe en feu, un jeune fils de paysan veveysan, Jules, qui découvre l’amour avec une étudiante russe et décide de partir en Afrique. Un récit prenant, qui nous parle de l’Histoire tragique au moyen d’une histoire sympathique.

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Partez «A la recherche d’Alice Love»

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

Après une chute, Alice Love, trente-neuf ans, se retrouve amnésique: elle a oublié les dix dernières années de sa vie. Mère de trois enfants et en instance de divorce, elle se réveille alors convaincue d’être une jeune mariée enceinte. Sa vie, si différente, ne lui convient pas: son agenda déborde de tous les côtés et elle ne trouve aucun plaisir dans les activités qui sont devenues son quotidien.

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«Carnaval noir» ou l’éternel retour du mal

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Le dernier roman en date de Metin Arditi, Carnaval noir, est sorti en août 2018 aux Editions Grasset. Racontant sous fond d’histoire à suspense l’éternel retour de la déraison humaine, il peut être lu à tout moment en guise d’avertissement. Et il se pourrait bien que notre époque ne soit pas à l’abri de quelque carnaval infernal.

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«Ça raconte Sarah»: un Choix Goncourt de la Suisse au cœur d’une passion lesbienne

Le Regard Libre N° 51 – Loris S. Musumeci

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires, épisode #4

«Ça raconte Sarah, sa beauté inédite, son nez abrupt d’oiseau rare, ses yeux d’une couleur inouïe, rocailleuse, verte, mais non, pas verte, ses yeux absinthe, malachite, vert-gris rabattu, ses yeux de serpent au paupières tombantes. Ça raconte le printemps où elle est entrée dans ma vie comme on entre en scène, pleine d’allant, conquérante. Victorieuse.»

Vous savez donc de quoi il s’agit. Ça raconte Sarah, eh bien, raconte Sarah. Ça raconte Sarah à travers les yeux d’une narratrice dont elle tombe amoureuse. Avec laquelle elle vit une passion folle et érotique. Puis la fin de cet amour, et la mort lente qu’engage cette rupture. Le sujet est simple, le livre est court; ce qui a plu aux jurés du Choix Goncourt de la Suisse. 

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«Pop-Corn Girl» ou la fougue américaine

Les bouquins du mardi – Ivan Garcia

«Microroman» à la saveur corsée entre teen movies et ironie voltairienne, Pop-corn girl s’avère une lecture agréable et drôle sur les (més-)aventures d’une jeune Genevoise en échange dans une banlieue de Chicago. Une ode moqueuse qui fait appel à nos phantasmes d’adolescents revisités sous un prisme adulte légèrement cynique. Et qui casse à coup de marteaux nos illusions ainsi que celles de la protagoniste, ce qui se révèle fort sympathique.  

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«L’hiver du mécontentement»: un Interallié artificiel

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires – épisode #2

Le Regard Libre N° 48 – Loris S. Musumeci

«La peur. Voilà bien une preuve de la faiblesse de l’Angleterre. Si on a peur de ses propres pauvres, de ses propres enfants, c’est qu’on est très affaibli soi-même, qu’on se sent très vulnérable, pareil à une petite mammy toute frêle, recourbée sur sa canne, sur un bout de trottoir, au moment de la sortie des écoles comme au milieu d’un ouragan. L’Angleterre est une petite vieille qui n’a plus la force de rien. L’Angleterre est dur le déclin.»

Candice prépare avec sa troupe de jeunes filles Richard III de Shakespeare. «Voici venir l’hiver de notre mécontentement», première réplique de la pièce, qui résonne fortement avec l’actualité. Nous sommes dans l’hiver 1978-79, en Grande-Bretagne. Et c’est la crise totale. Chômage, grèves et désespoir d’un peuple qui n’en peut plus. Une certaine Margaret Thatcher arrive au pouvoir, après avoir pris des cours de diction dans le même théâtre où Candice répétait la pièce. La jeune fille avait rencontré celle qui deviendrait «la dame de fer» à ces occasions; et le courant n’était pas passé. Etait-ce prémonitoire?

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«Leurs enfants après eux»: un Goncourt social

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires – épisode #1

Le Regard Libre N° 47 – Loris S. Musumeci

«Voilà que toute le monde se retrouvait plus ou moins larbin, à présent. La silicose et le coup de grisou ne faisaient plus partie des risques du métier. On mourait maintenant à feu doux, d’humiliation, de servitudes minuscules, d’être mesquinement surveillé à chaque stade de sa journée; et de l’amiante aussi. Depuis que les usines avaient mis la clef sous la porte, les travailleurs n’étaient plus que du confetti. Foin des masses et des collectifs. L’heure, désormais, était à l’individu, à l’intérimaire, à l’isolat. Et toutes ces miettes d’emplois satellitaient sans fin dans le grand vide du travail où se multipliaient une ribambelle d’espaces divisés, plastiques et transparents: bulles, box, cloisons, vitrophanies.»

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Philippe Claudel: «Comment les siècles futurs jugeront-ils votre époque?»

Le Regard Libre N° 48 – Loris S. Musumeci

Philippe Claudel est l’une des grandes figures actuelles de la littérature française. Mais son art s’étend jusqu’au théâtre et au cinéma. Aussi, il est membre de la prestigieuse académie Goncourt. Son dernier roman, L’Archipel du Chien, raconte l’histoire d’une île où l’on retrouve un beau matin trois corps d’hommes noirs échoués sur la plage. Des migrants. Pour qui l’espoir d’une vie meilleure autre part a été noyé à jamais. Des habitants de l’île voient ces cadavres comme une menace pour leur avenir. Ils doivent s’en débarrasser.

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