Archives par mot-clé : sobriété

«Grandis pas»: Michel Polnareff livre une chanson plus sensible que jamais

Article inédit – Jonas Follonier

Grand article sur l’album Enfin! dans son ensemble avec une analyse approfondie de chaque chanson à paraître dans notre édition de janvier, en commande ici.

Pour ceux qui attendent depuis si longtemps le nouvel album studio de Michel Polnareff – dont le dernier, Kâma-Sûtra, remonte, tenez-vous bien, à 1990 – la présence notamment sur l’iTunes Store et en précommande à la FNAC de ce nouvel opus génialement intitulé Enfin! a de quoi susciter l’émotion. Oui, cette fois-ci, ce n’est pas une blague, voire un mensonge. Polnareff avait le même discours depuis le début: «le disque sortira quand il sera parfait et fini.» Loin de se moquer de son public, il lui a préparé ce qui d’abord devait le satisfaire, lui, pour qui seul le résultat final compte.

A lire aussi: Philippe Manœuvre, «L’album de Polnareff existe, puisque je l’ai écouté»

Cette nuit, à 00h01, Grandis pas est sorti comme par magie sur les plate-formes de téléchargement, se comprenant comme le premier single de ce nouvel album de chansons originales. Certes, il y a eu L’Homme en rouge, sorti en décembre 2015, lorsque l’album était «presque terminé», mais la rumeur veut que cette complainte grandiloquente traitant de la solitude à Noël ait été arrangée dans une nouvelle version pour l’album à paraître dans deux semaines. Grandis pas est donc le premier extrait dont nous sommes sûrs qu’il figurera entre nos mains, ou entre nos oreilles, pour ainsi dire.

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« 3 jours à Quiberon » pour 3 contrastes de Romy Schneider

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Pour certains vous êtes une sainte tragique ; pour d’autres, une putain. »

Un cerf-volant de toile blanche vole dans le ciel blanc. Il s’y noie. Egaré par le vent. Çà et là. Poussé par les vagues célestes. Retenu par les nuages. « Regarde, il monte. » Romy Schneider est en cure au Sofitel de Quiberon, en Bretagne. La vedette tâche d’y soigner les contrastes de sa vie. L’alcoolisme souffert, la sobriété désirée ; l’inconstance affligeante, la constance affligée ; le malheur réel, le phantasme du bonheur.

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Serge Lama et ses souvenirs à Genève

Les lundis de l’actualité – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

Au Théâtre du Léman, les 19 et 20 décembre derniers, passait un débutant. Ou pour le moins un artiste qui prit plaisir à se laisser considérer comme tel par le nom de la tournée : « Je débute ». Le Regard Libre était présent à ce moment haut en poésie. Impressions.

Un corps claudiquant s’avance sur la scène, pas à pas. Et voilà que la lumière se braque sur le visage d’un homme, aux traits vieillis par la nostalgie. Pourtant, malgré des jambes paraissant déjà en souffrance, et les lignes du temps passé dessinées sur le front, le personnage s’annonce puissant. Dès son premier sourire, Serge Lama transmet déjà la vivacité et la tendresse qu’il a acquises au prix de la même nostalgie, et du décès de son épouse survenu une semaine avant la sortie de son dernier album.

Les salutations au public sont chaleureuses, tout en restant dans la sobriété qui a toujours ressemblé au pâle noiraud. Il présente d’emblée ses musiciens pour lesquels il accompagne à chaque nom un petit propos d’éloge. Le chanteur se retrouve avec seulement neuf accompagnants, dont deux choristes. L’ambiance de la scène est alors quasiment familiale. Elle révèle une nécessaire collaboration entre ses membres. Serge Lama fait corps avec ses sept instrumentistes et ses deux choristes. Continuer la lecture de Serge Lama et ses souvenirs à Genève

Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

Le Regard Libre N° 31 – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

La Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, en Valais, accueille une centaine d’œuvres du maître d’Aix. L’exposition se tient du 16 juin au 19 novembre. Se laissant apprécier pour ses tonalités variées, elle place à l’honneur autant les portraits que les natures mortes ou les paysages de Cézanne. Ces derniers gardent cependant un rôle particulier à jouer : ouvrez grand votre esprit, les terres du peintre se mettent à chanter.

Après un passage des impressionnistes Degas, Manet, Gauguin, Van Gogh, Morisot, Renoir et Monet, c’est Paul Cézanne qui habite les murs de la Fondation artistique. Il est d’ailleurs un emblème de ce mouvement. Père de la modernité picturale, il choqua par son style épais et tacheté. Il permit l’audacieuse innovation d’une lumière qui fait vivre autant les paysages que les visages. Cela ne se déploya pas sans un manque de reconnaissance à son époque, et une grande solitude.

Un titre symphonique

Daniel Marchesseau, commissaire de l’exposition, s’est tout naturellement inspiré de l’état d’âme du personnage pour le choix du titre : Le Chant de la Terre. C’est le nom d’une symphonie de Mahler, dont les liens à Cézanne paraissent parler d’eux-mêmes. Dans un entretien au Figaro, le commissaire expliquait : « Ce sentiment de terrien qui est celui de Cézanne, ce marcheur accroché à sa lande, à sa terre, mort après avoir peint des heures sous la pluie, m’a semblé en profonde résonnance avec Le Chant de la Terre de Mahler. J’ai réécouté cet ensemble de lieder écrit pour voix seule : Cézanne lui aussi est seul, et l’orchestration de ses coloris, de ses panoramas, de ses mondes intérieurs, donne à sa peinture une dimension symphonique. La rencontre avec Mahler m’a semblé naturelle. » Continuer la lecture de Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda