Archives par mot-clé : loris musumeci

« Trois visages », quand les mots simples d’un paysan iranien mènent au prix du scénario à Cannes

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Et si c’était un canular, Monsieur Panahi ? »

Une vidéo amateur est adressée à l’actrice Behnaz Jafari, dans son propre rôle. « Bonjour Madame Jafari, je suis Marziyeh », salue la jeune fille qui se filme en selfie. Elle annonce ensuite gravement qu’elle est sur le point de se suicider parce que sa famille l’empêche de devenir actrice. Celle qui, pour le coup, est actrice reçoit ces images l’interpellant et vit la panique. Elle se sent responsable, d’autant plus si Marziyeh s’est vraiment donné la mort. Elle part donc contrôler sur place ce qu’il en est vraiment avec le réalisateur Jafar Panahi, lui aussi dans son propre rôle.

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« Amori », ma per favore !

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Plutôt que me remettre avec toi, je préfère me tuer. »

Claudia et Flavio tombent amoureux. Ou plutôt, c’est Claudia, professeur de littérature surexcitée et très sentimentale, qui tombe amoureuse de Flavio, lui aussi professeur de littérature. Le coup de foudre advient lors d’un colloque universitaire. « Je crois que je suis tombée amoureuse de toi », lui dit-elle vite fait bien fait lors de leur première discussion en tête-à-tête dans un restaurant. Surpris, Flavio se laisse séduire.

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« Love, Simon » : mais comment faire son coming out ?

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Donc, comme je le disais, je suis comme toi. J’ai une vie totalement, parfaitement normale. »

Il est plutôt cool comme mec et il est beau garçon. Au lycée, tout roule. En famille, rien de quoi se plaindre. Et son groupe de potes est soudé et génial. Simon mène donc une vie « totalement, parfaitement normale ». Mais il y a un secret dont le jeune a omis de faire part à son entourage : il est homosexuel. Bien sûr, il est sorti avec des filles pour faire genre, comme on dit dans le jargon de la jeunesse, mais ce sont les garçons qui lui donnent les papillons aux ventres.

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« Bécassine ! », un humble spectacle d’émerveillement

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Vous pouvez m’appeler simplement Bécassine. »

Bécassine est une fille gentille. Bécassine est une fille simple, et même un peu simplette. Bécassine, on la connaît. C’est la bécasse de la bande dessinée, qui devient désormais un personnage de film, avec sa personnalité et ses aventures propres. Elle est bretonne ; elle rêve de Paris, de sa grandeur et de ses lumières. Au fond d’elle, elle veut en fait simplement se rendre utile, travailler et être heureuse.

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Michael Mooleedhar, un cinéaste qui apporte à Fribourg la danse et l’insouciance trinidadiennes

Le Regard Libre N° 38 – Loris S. Musumeci

Dreadlocks, chapeau et écharpe arborant les couleurs de la République de Trinité-et-Tobago. C’était la tenue de Michael Mooleedhar au Festival International de Films de Fribourg. Le cinéaste y a présenté son premier long-métrage : Green Days by the River, adaptation du roman éponyme de Michael Anthony. Rencontre au rythme de la danse et de l’insouciance.

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« 3 jours à Quiberon » pour 3 contrastes de Romy Schneider

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Pour certains vous êtes une sainte tragique ; pour d’autres, une putain. »

Un cerf-volant de toile blanche vole dans le ciel blanc. Il s’y noie. Egaré par le vent. Çà et là. Poussé par les vagues célestes. Retenu par les nuages. « Regarde, il monte. » Romy Schneider est en cure au Sofitel de Quiberon, en Bretagne. La vedette tâche d’y soigner les contrastes de sa vie. L’alcoolisme souffert, la sobriété désirée ; l’inconstance affligeante, la constance affligée ; le malheur réel, le phantasme du bonheur.

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« Kâbus, les fantômes de l’espoir » – Rencontre avec Alice Fargier

Le Regard Libre N° 38 – Loris S. Musumeci

Dossier spécial « FIFF 2018 »

Alice Fargier est une cinéaste franco-suisse. Elle est passée par le théâtre, puis par la mise en scène cinématographique où elle a assisté de prestigieux réalisateurs asiatiques comme Hong Sang Soo et Tsai Ming Liang, pour en arriver à l’art de la création sonore au service de la radio France Culture. Désormais, elle se consacre à la réalisation de courts-métrages. Rencontre avec cette amoureuse des sons et des images.

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« Le Pape François : Un homme de parole »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« François, va et répare ma maison. Elle tombe en ruines. »

La forme est surprenante. On s’attendait bien à un documentaire, comme annoncé partout, mais non à la récupération d’archives de quasiment tous les voyages du pape François – et même des interventions de l’homme qu’il était avant de siéger à Rome, à savoir l’archevêque Bergoglio. On ne pensait pas non plus que le Saint-Père en personne participerait au film, se livrant à la caméra de Wim Wenders en interview.

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« La cité lassitude » : du fonctionnaire d’Etat ressurgit l’adolescent rêveur

Les lettres romandes du mardi – Loris S. Musumeci

« Mathias aimait la vie, mais se gardait de tout ce qui lui donnait un parfum doucereux ou consolateur. Les filles et le jazz l’attiraient davantage pour leur part de rugueux mystère que pour leur facile beauté et s’il ne papillonnait que brièvement dans le camp des fragiles conquêtes, c’est qu’il craignait encore de s’y consumer. Une part de lui était devenue méfiante et répugnait à l’abandon qui dévore. Il devinait bien qu’il était charmeur, mais il pensait devoir son attraction à l’originalité de ses idées et non à la finesse de ses traits. Son ego et ses succès le trompaient. Il était juste attachant nigaud quand il se croyait profond raisonneur. »

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L’été 86

La citation de la semaine – Loris S. Musumeci

« Tout autour on se trouble, s’inquiète, soupçonne un hic, perçoit un aveu de mes trop virulentes dénégations. Ça cache quelque chose, une plaie, une écorchure, une entorse incurable au bonheur.

Toujours j’ai donné le change, mais aujourd’hui me trouve las d’esquiver et pressé d’admettre qu’en effet il y a quelque chose qu’il ne faut pas tarder à raconter.

Le temps est venu quoi qu’il en coûte de remonter à la blessure.

De remonter à 86.

A l’été 86. »

François Bégaudeau, La blessure la vraie

© Loris S. Musumeci pour Le Regard Libre