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« Coco », une touchante ode à la famille

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Qu’est-ce qu’on va pouvoir faire de ce garçon ? »

Miguel Rivera est un enfant de la petite ville mexicaine Santa Cecilia. Il en porte en lui un fort sentiment familial. A l’approche de l’incontournable Dia de los Muertos – la Fête des Morts – tout a été préparé pour réserver aux ancêtres Rivera un bon retour annuel, par des offrandes et l’exposition de la photographie de chacun de ses membres défunts sur l’autel de la maison.

Seule une figure ne trône pas en effigie : celle du père de Mama Coco, l’arrière-arrière-grand-mère et confidente de Miguel. Le mystérieux personnage aurait abandonné sa famille pour suivre son destin : la musique. Considéré comme maudit, la musique elle-même a été complètement bannie et haïe par la famille. Et pourtant, le jeune garçon ne rêve que de devenir musicien. Secrètement.

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« M », ou l’amour sans paroles

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Tu sais comme les maisons incendiées se penchent l’une contre l’autre. »

Lila est sévèrement bègue. Mal à l’aise, moquée et orpheline de sa mère, la jeune fille mène une vie que personne n’envierait. Son visage semble à tout moment épris de tristesse : peu s’en faut pour qu’elle éclate en sanglots. Elle vit dans un petit appartement, avec un père qui passe son temps devant la télévision en robe de chambre et une petite sœur espiègle n’ayant manifestement reçu aucune éducation. Néanmoins, Lila est dotée d’une véritable âme de poète.

De son côté, Mo est un homme de trente ans secrètement analphabète. Son gagne-pain ? Des courses automobiles clandestines avec des gitans. Lui, orphelin de père, a toujours sa mère, mais il a coupé tout lien avec elle depuis qu’elle l’a abandonné. Deux existences incendiées se rencontrent au hasard d’un arrêt de bus. Si le coup de foudre est évident au premier regard, la communication comporte quelques difficultés entre la bègue et l’illettré. Cet amour mouvementé révélera toutefois une fécondité qui assumera la tragédie respective des amants, au prix de déceptions et larmes.

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« Le Brio »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Ce qui compte, c’est d’avoir raison ; la vérité on s’en fout. »

La banlieue parisienne, traversée par le métro. Neïla Salah (Camélia Jordana) se rend en Place du Panthéon, à l’Université Assas, pour un premier jour d’études en droit. Son retard de cinq minutes lui coûte cependant l’attention du professeur Pierre Mazard (Daniel Auteuil). Face à une assemblée ébahie, le docte orateur humilie la jeune étudiante sous des jeux de mots et des remarques pointant directement du doigt le faciès sémite de Neïla. Comme si cela ne lui suffisait pas pour s’attirer des problème, il enchaîne avec une critique moqueuse de l’islam. La haine est signée. Pierre Mazard est convoqué par le doyen de la faculté. Seule solution de rachat : préparer la proie de la rentrée au prestigieux concours d’éloquence.

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Novecento, quand le monologue émeut Fribourg

Le Regard Libre N° 33 – Loris S. Musumeci

« Mon dernier souvenir de lui, c’est une voix. Juste une voix qui parle. »

Le souvenir théâtral que Fribourg garde, en revanche, c’est le festival FriScènes. Où la scène laisse place au verbe, l’illuminant de ses projecteurs, créant le silence autour de lui dans la salle obscure. La voix du jeune comédien Lionel Fournier, notamment, a marqué les esprits. Seul sur les planches, pour interpréter le monologue d’Alessandro Baricco, sous une mise en scène sobre et touchante de Cédric Jossen.

Danny Boodman T.D. Lemon Novecento a été abandonné quelques jours après sa naissance sur un paquebot. Il est adopté par un membre de l’équipage, et à huit ans se retrouve en virtuose au piano de la salle de bal. A vingt-sept ans, il rencontre le narrateur, un trompettiste qui se joint à l’orchestre. « Novecento et moi, là, on est devenu amis pour la vie, pour la mort. » Grâce au lien intime entre les deux musiciens, l’incroyable histoire du pianiste qui n’est jamais descendu de son bateau est offerte au public. Lire la suite Novecento, quand le monologue émeut Fribourg

Lectures du Goncourt 2017 (épisode 1/2)

Le Regard Libre N° 33 – Loris S. Musumeci

Le 5 septembre dernier, les membres de la prestigieuse académie du Goncourt avaient sélectionné quinze romans parus dans l’année. De ces quinze, huit ont été retenus le 11 octobre. La troisième sélection du 30 octobre a réduit encore le nombre des romans en lice et ce n’est que le 6 novembre que le grand vainqueur sera proclamé. Voici avis et aperçu de cinq romans de la première sélection, tous aussi riches que différents.

Nos vies, Marie-Hélène Lafon

« Ce livre ne raconte pas une histoire. Il noue, dénoue et tisse des histoires », annonce l’écrivain en présentant son roman. Tout commence par le portrait de Gordana, une jeune femme de l’Est qui travaille « en caisse quatre, au Franprix du numéro 93 de la rue du Rendez-Vous dans le douzième arrondissement de Paris. » La narratrice veut la connaître. Pour ce faire, elle imagine sa vie. Lire la suite Lectures du Goncourt 2017 (épisode 1/2)

« Ploukitudes » : rencontre avec Jean Romain et Stéphane Berney

Le Regard Libre N° 33 – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

Ploukitudes donne matière à penser. L’ouvrage est bouleversant tant il touche un point intime de l’homme, à savoir son côté plouc. Il a fallu qu’un philosophe (Jean Romain) et un journaliste (Stéphane Berney) travaillent ensemble pour peindre la société dans ses revers les plus absurdes et tragiques, à travers leur analyse sociologique. Rencontre dans un café plouc de la gare de Genève.

L. M. et J. F. : Qu’est-ce qui vous a poussés à écrire ensemble le livre Ploukitudes ?

Jean Romain : Je publiais des billets sur Facebook, pour constituer une sorte de manuel pratique de ploukitudes par petits épisodes. Stéphane Berney m’a alors contacté pour m’exposer son idée de transformer cette succession de billets assez disparates en un ouvrage plus structuré.

Stéphane Berney : Il y avait quelque chose de très puissant dans ses billets. Je trouvais que c’était dommage de ne les laisser qu’à Facebook, car ce sont des idées qui résument beaucoup de choses sur la société actuelle, et on voit d’ailleurs que le livre est en train de prendre son envol.

L’idée de base, c’est le plouc. Qui est-il ?

J. R. : Le plouc n’est ni le beauf, ni le con. C’est une personne qui essaie de se mettre à la mode parce qu’elle se sent larguée. Lire la suite « Ploukitudes » : rencontre avec Jean Romain et Stéphane Berney

« Borg/McEnroe »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Au tennis, l’important c’est comment on gagne. »

Björn Borg est la superstar du tennis. Après avoir remporté quatre Wimbledon d’affilée, il vise le cinquième. La pression qui l’habite est telle, que le tennisman, de nature impassible, en vient à douter de lui, au point de souffrir physiquement d’angoisse et de remettre en cause la totalité de son parcours de champion. Face à lui, se trouve l’intempestif mais non moins talentueux John McEnroe. Les deux dieux du court, s’affrontèrent en finale du prestigieux tournoi le 5 juillet 1980.

Janus Metz Pedersen réussit à rendre son film accessible à tout étranger du tennis. Certes, les passionnées y trouvent davantage leurs marques ; pourtant l’histoire tient quasiment le sport pour prétexte. C’est principalement la quête de deux hommes face à la gloire qui est racontée. Et le scénario léger mais ponctué de puissantes sentences le laisse bien transparaître. Sa construction par de nombreuses analepses sur les jeunesses respectives de Borg et McEnroe accentue encore le trait. Lire la suite « Borg/McEnroe »