Archives par mot-clé : stéphane albelda

Van Gogh, si près du théâtre albeldien

Le Regard Libre N° 37 – Jonas Follonier

La pièce a été créée par la Compagnie Hussard de Minuit au Théâtre Interface, à Sion, du 2 au 11 mars 2018. Son sujet ? Les lettres épistolaires que se sont envoyées un certain Vincent van Gogh et son frère Théo. La mise en scène est signée Stéphane Albelda ; le célèbre peintre est incarné par Stéphane Liard. Ce spectacle visuel « si près de la nuit étoilée » sera rejoué du 5 au 17 juin 2018 à Lausanne.

Continuer la lecture de Van Gogh, si près du théâtre albeldien

Un « Dracula » inédit proposé au théâtre

Le Regard Libre N° 31 – Jonas Follonier

Dracula : un personnage fameux surtout pour ses diverses apparitions au cinéma. C’est cette fois sur les planches que l’on peut voir le célèbre vampire, et c’est une première. Le roman épistolaire Dracula de Bram Stoker a été revisité par le metteur en scène Stéphane Albelda, bien connu pour son talent en Valais et au-delà.

Le résultat est époustouflant. La troupe de Nova Malacuria a bien atteint les objectifs que se fixe cette institution culturelle depuis plus de trente ans : faire se rencontrer les différents arts de la scène. Mais c’est avant tout à la frontière des genres que se situe cette création.

Passant des larmes les plus glacées au rire le plus entier, le public peut assister jusqu’au 2 septembre à un spectacle total sous la lune des jardins du Collège des Creusets, à Sion, du mercredi au samedi, à 20h30. Portés par une musique décapante composée par Baptiste Mayoraz et interprétée en direct, les acteurs, jeunes pour la plupart, témoignent d’un jeu subtil, réaliste et tragique. Rencontre avec l’un d’entre eux, Thibault Hugentobler. Continuer la lecture de Un « Dracula » inédit proposé au théâtre

« Phèdre » en Valais – Rencontre avec Stéphane Albelda

Le Regard Libre N° 11 – Jonas Follonier

Professeur de littérature, musicien, Stéphane Albelda est aussi metteur en scène : il dirige depuis 2006 la troupe du Lycée-Collège des Creusets à Sion (Valais) et assure la mise en scène de nombreux autres spectacles. En 2015, il a monté la tragédie « Phèdre » de Racine, un classique qui a eu du succès dans la capitale valaisanne.

Jonas Follonier : Pourquoi le choix de Racine ? Etait-ce la première fois que vous vous attaquiez à une tragédie classique ?

Stéphane Albelda : C’est la première fois que je me suis attaqué à une pièce en alexandrin. C’est une telle entreprise que j’y ai toujours renoncé. Mandaté par le Théâtre des Collines, je m’y suis rendu pour refuser leur proposition. Mais la rencontre humaine m’a fait changer d’avis et a précédé l’entreprise artistique : il s’agit d’une troupe extrêmement hétérogène, de milieux différents et d’expériences différentes. Le fait que ces gens se soient fédérés pour faire vivre un texte classique m’a touché et a laissé augurer une entreprise pure.

Quels sont les grands défis dans la mise en scène d’une tragédie de Racine ?

Il y a deux défis majeurs. Le premier porte sur le sens : que raconte Phèdre ? Que raconte un mythe au XXIe siècle ? On sait que les mythes ont une parole fondamentale. L’enjeu de la mise en scène consiste à trouver le pont entre un texte et un public actuel. Le deuxième défi est formel : comment révéler la langue de l’alexandrin aujourd’hui ? Car il faut la garder : je ne crois pas aux processus de modernisation par la destruction. Pour que l’alexandrin se révèle, il faut une certaine écoute. L’effet contemporain s’est surtout porté sur les césures : en les travaillant bien, le jeu des silences devient fondamental. Il s’agit donc d’un grand travail sur le rythme. Ce travail se rapproche de celui du chef d’orchestre, qui doit faire jouer de manière actuelle une composition classique ou baroque. Continuer la lecture de « Phèdre » en Valais – Rencontre avec Stéphane Albelda

Poésie théâtrale : Noces de Sang

Le Regard Libre N° 10 – Jonas Follonier

Les spectateurs de la salle ont le souffle coupé. Jamais la scène des Creusets n’a été autant poétique. Plus rien n’existe que la terre, le sang, le ciel, la passion. Nous nous trouvons dans Noces de Sang.

La pièce de Frederico Garcia Llorca laissera des marques rouges tant elle est palpitante. L’excellence du spectacle présenté du 13 au 19 avril à l’aula du Lycée-Collège des Creusets se mesure aux émotions du public au moment de la représentation, mais aussi au travail qu’un tel niveau exige : si le metteur en scène Stéphane Albelda a toujours atteint les sommets qu’il s’est fixé, je crois ne pas trop m’avancer en affirmant que cette année, la troupe du Lycée-Collège des Creusets a présenté la meilleure précision scénique de son histoire. La gestuelle des acteurs, jusqu’au moindre battement de cil, la pigmentation des décors et des costumes, l’intensité tragique de la musique ou encore la justesse des chœurs resteront gravées dans les mémoires.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © Jean-Yves Fumeaux