Archives pour la catégorie Economie

Fabrice Houzé : « Je reproche aux écologistes leur manque de réflexion »

Le Regard Libre N° spécial « Ecologie : Pour un revirement intégral » – Nicolas Jutzet

Le livre de Fabrice Houzé est une réponse à la sempiternelle formule appréciée par les politiques : « ce bien n’a pas de prix ». Pas de prix, peut-être ; mais un coût, assurément. Dans la suite d’exemples listés tout au long de l’ouvrage, apparaissent de nombreux sujets que nous prenons pour acquis, pour justes, des mesures de « bon sens » qui, une fois passées au scanner, nous paraissent soudainement bien moins évidentes. Derrière cet amas d’idées reçues se cache pourtant une facture lourde, payée par les citoyens, la planète, ou encore nos futurs enfants. Le livre, sélectionné parmi quatre autres pour le prix Turgot du meilleur livre d’économie, aborde différentes thématiques. Dans le cadre de notre édition spéciale, nous avons interrogé son auteur sur son chapitre réservé à l’écologie. Lire la suite Fabrice Houzé : « Je reproche aux écologistes leur manque de réflexion »

Les élites en Suisse, du XXe siècle jusqu’à nos jours

Le Regard Libre N° 33 – Nicolas Jutzet

Longtemps terre d’émigration, la Suisse, dans sa forme moderne, a su devenir un modèle qui fait recette. Et qui attire, depuis la fin du XIXe siècle, de nombreux ressortissants d’autres pays. Les raisons de ce succès sont connues, ses acteurs, eux, beaucoup moins. Qui furent les puissants du pays ? Et qu’en-est-il aujourd’hui ?

Jusque dans les années quatre-vingt, le profil sociologique type du membre de l’élite économique pouvait se résumer de la façon suivante : un homme, blanc, avec un grade à l’armée, ayant effectué des études de droit ou d’ingénierie, actif en politique et issu d’une famille bien établie.

Les femmes laissées de côté

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Cinquante nuances de frontaliers : le canton de Neuchâtel

Le Regard Libre N° 30 – Nicolas Jutzet

Cinquante nuances de frontaliers (1/3)

Grand objet de discussion au café du commerce, la question des frontaliers n’a pas fini de faire parler d’elle. Le canton de Neuchâtel est l’une des régions touchées par ce phénomène en Suisse. Une initiative lancée par l’UDC relance le débat. Qu’en est-il réellement ?

Cette série d’articles souhaite s’intéresser aux flux de travailleurs qui, chaque jour ou presque, viennent de l’étranger pour travailler dans notre pays. Le premier épisode aborde la thématique en prenant l’exemple du canton de Neuchâtel. Par la suite, nous nous intéresserons à deux autres parties du pays qui sont plus clairement identifiées avec cette problématique : Genève et le Tessin. En traitant ce thème sous la forme d’un feuilleton, il sera possible de comparer les résultats des différentes régions et de parvenir à des conclusions approfondies et nuancées sur un sujet qui, trop souvent, donne lieu à des discussions caricaturales.

Par sa proximité géographique avec la France, le canton de Neuchâtel présente des incitatifs que d’autres régions de Suisse centrale ne connaissent pas. Toutefois, il s’agit désormais d’identifier si le recours à la main d’œuvre venue de France voisine entraîne une raréfaction de postes de travail pour les locaux, ou si les deux populations sont compatibles et profitent mutuellement du travail de l’autre.

Une initiative de l’UDC neuchâteloise

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Cinquante nuances de frontaliers : le canton du Tessin

Le Regard Libre N° 31 – Nicolas Jutzet

Cinquante nuances de frontaliers (2/3)

Si la thématique est vaguement à l’agenda dans le canton de Neuchâtel, elle semble à l’ordre du jour de manière permanente au Tessin tant elle occupe une place de choix dans les différents médias locaux et dans la bouche des politiciens du coin.

Non content d’avoir accepté à 68.2% l’initiative populaire du 9 février 2014 « Contre l’immigration de masse », le canton s’est distingué à nouveau récemment suite à l’acceptation à près de 60% de l’initiative « Les nôtres d’abord » qui prévoit de « définir les modalités d’introduction des articles demandant que, dans le domaine de l’emploi privé ou public, les résidents suisses ou étrangers du canton aient la priorité par rapport aux frontaliers. Par ailleurs les places vacantes devront être annoncées aux offices de l’emploi. A terme il devra par ailleurs être mis fin au phénomène du dumping salarial et aux licenciements abusifs ». La population semble donc convaincue qu’un problème existe sur le marché du travail et que le monde politique doit prendre des mesures pour y remédier. Mais qu’en est-il vraiment ? Tour d’horizon. Lire la suite Cinquante nuances de frontaliers : le canton du Tessin

Les médias à l’ère du numérique

Le Regard Libre N° 29 – Nicolas Jutzet

Le débat est émotionnel. Souvent idéologique. Ravivé par l’élection de Donald Trump et par le focus placé sur les « fake news », la question revient régulièrement : quelle place réservera l’évolution technologique à la presse ? Dans la plupart des cas, ces inquiétudes liées à l’avenir de la presse sont rapidement suivies par une demande d’intervention accrue de l’Etat. Sous couvert de bonne volonté, d’intentions louables, ces injonctions cachent souvent un paternalisme regrettable. Toujours est-il que la branche est aux pieds du mur et qu’elle doit trouver des nouvelles solutions pour le franchir.

Anachronique, la situation actuelle est intenable

La science économique justifie l’intervention de l’Etat dans un secteur par l’existence d’un monopole naturel et/ou d’un bien public. Un monopole naturel peut exister en raison de la structure d’un marché. Par exemple, s’il permet des économies d’échelle croissantes (un produit supplémentaire coûte moins cher à produire que le précédent) ou s’il existe des barrières à l’entrée (impossible pour un concurrent d’ « entrer » dans le marché, ou alors juste dans une « niche »). Ces barrières peuvent être règlementaires, techniques ou encore géographiques. Lire la suite Les médias à l’ère du numérique

Le réchauffement climatique, un défi économique

Le Regard Libre N° 27 – Nicolas Jutzet

Il existe un consensus parmi les spécialistes de la thématique : si nous ne changeons rien, nous allons sous peu faire face aux lourdes conséquences induites par une augmentation de la température moyenne non maîtrisée. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) prévoit une augmentation de la température moyenne de 2,5° à 7,8° C. avant la fin du siècle. Le consensus scientifique postule que la limite supérieure qui serait gérable et acceptable pour l’humanité se réduit à une augmentation de 1,5° à 2° C. maximum. Par ailleurs, il s’accorde sur l’origine humaine du réchauffement climatique.

Parvenir à atteindre cet objectif nécessitera des efforts considérables. La tâche s’annonce ardue car ni la croissance démographique, ni le souhait légitime des pays émergents d’atteindre un niveau économique semblable aux actuels pays développés n’aidera. Au contraire. Le problème est reconnu depuis la fin du XXe siècle, mais malgré les bonnes intentions des diverses parties impliquées, difficile d’identifier à ce jour un réel mouvement global à même de changer la donne. Quelles sont les raisons de ce surplace ? Lire la suite Le réchauffement climatique, un défi économique

Banques en exil : comment les grandes banques européennes profitent des paradis fiscaux

Les lundis de l’actualité – Léa Farine

Le rapport publié par Oxfam, mouvement mondial de lutte contre la pauvreté, met en évidence le phénomène massif d’évasion fiscale pratiquée par les grandes banques européennes. Ces informations ne sont pas difficiles à obtenir. En effet, depuis la dernière crise financière, une mesure appelée « reporting pays par pays public » a été adoptée par les pays de l’Union européenne. Elle a « pour objectif de rendre les banques plus transparentes et redevables de leurs activités vis-à-vis des citoyens ».

On y apprend par exemple que : « les 20 plus grandes banques européennes déclarent 1 euro sur 4 de leurs bénéfices dans les paradis fiscaux, soit un total de 25 milliards d’euros en 2015 ». La conséquence est la suivante : « les banques européennes ne se sont pas acquittées du moindre euro d’impôt sur 383 millions de bénéfices dans les paradis fiscaux en 2015. » Or, pour les États, ce manque à gagner doit être compensé, par exemple avec l’augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée, qui touche directement les couches les plus pauvres de la population. Lire la suite Banques en exil : comment les grandes banques européennes profitent des paradis fiscaux