Archives par mot-clé : union européenne

Brexit, la fausse bonne idée d’un référendum

Les lundis de l’actualité – Diego Taboada

Ce mardi, la chambre des communes britannique se prononcera sur un accord de Brexit qui a toutes les chances d’être rejeté, car critiqué par les deux camps — tant les europhiles que les partisans d’un «hard» Brexit. Le vote avait déjà été repoussé à la fin de l’année dernière par le gouvernement au vu du peu de soutien, afin de permettre au gouvernement de convaincre les parlementaires du bien fondé de cet accord. Néanmoins, il ne semble y avoir aucune évolution dans les positions. 

Cet accord présenté par Theresa May comme la seule alternative possible à un chaos généralisé — ce qui rappelle étrangement le There is no alternative de Margaret Thatcher, dont l’actuel Première Ministre a dû s’inspirer pour tenir la barre face aux attaques incessantes venant de toute part depuis plus de deux ans — est loin de susciter l’adhésion du parlement. Après avoir réussi ce qui semblait le plus difficile, à savoir arracher un accord à des européens qui n’étaient prêts qu’à peu de concession et bien déterminés à donner un exemple de dureté au cas où un autre pays membre serait tenté par l’expérience du divorce, ce sera finalement son propre camp qui aura mis à mal les efforts de May. 

Alors que le parlement s’est attelé la semaine à de la cuisine parlementaire afin que ses propres propositions prévalent sur celles du gouvernement, se donnant ainsi selon certains analystes la capacité de retarder le Brexit, la date fatidique du 29 mars approche de plus en plus et avec elle la possibilité tant redoutée d’un Brexit sans accord.

Le risque d’un nouveau référendum 

Alors que l’impasse dans laquelle se dirige le Royaume-Uni se précise, le mouvement appelant à un deuxième référendum prend de l’ampleur. Refusé catégoriquement par Theresa May, le leader de l’opposition Jeremy Corbyn se dit ouvert à la possibilité d’un nouveau vote populaire mais sans enthousiasme, préférant des élections anticipées. Ce double jeu de cet anti-européiste affirmé qui n’a jamais vraiment tendu de main constructive et prêt à tout pour tirer des bénéfices électoraux ne surprend pas. 

Le référendum est-il donc la bonne solution? Pour un journal suisse, cela devrait aller de soi. Or, dans le contexte britannique et européen actuel, la réponse n’est pas si évidente. Sur quoi se prononceraient les britanniques? Sur l’accord? Sur le Brexit en lui-même? Et quel serait le message d’un tel référendum? Annuler la décision précédente car les difficultés pratiques sont trop grandes, ne serait-ce pas un déni de démocratie? La volonté populaire ne serait-elle pas bafouée? Il serait ensuite aisé pour certains partis de reprendre cela à leur compte, dans un contexte de méfiance et de rejet des élites dans nos démocraties. 

Certains partisans d’une nouvelle consultation argumentent depuis toujours que le peuple a été «leurré» par des arguments fallacieux. Cela signifie-t-il qu’on ne considère pas les citoyens capables de voter en prenant les éléments en compte? Au lieu d’une solution, un nouveau référendum risquerait de diviser encore plus un Royaume-Uni déjà déchiré. A l’heure où la démocratie subit des attaques de toute part, revenir sur la décision du 23 juin 2016 pourrait créer des problèmes dont les conséquences sont aujourd’hui difficiles à mesurer.

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Crédit photo: © Pixabay

La Suisse à la croisée de chemins

Les lundis de l’actualité – Clément Guntern

Voilà plusieurs années que la Suisse et l’Union européenne, à la demande de Bruxelles, négocient un accord institutionnel pour régir tous les autres accords qui les lient. Un accord pour les gouverner tous, en somme. Les négociations avancent avec peine et dans le plus grand secret. Selon certains médias, l’UE aurait déjà fait plusieurs concessions à la Suisse. Mais Berne serait restée crispée sur ses lignes rouges par peur de faire un nouveau faux pas et d’attiser un nouveau groupe d’opposants à l’accord.

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«Destins d’ici», témoignage d’une époque pour mieux réfléchir à l’avenir

Les bouquins du mardi – Alexandre Wälti

Sans prétention, écrire une vie. Le projet de Bertil Galland est simple. Et quelle vie! L’homme de lettres romand a publié huit tomes aux éditions Slatkine. Destins d’ici: Mémoires d’un journaliste sur la Suisse du XXe siècle conclut une série de livres passionnants et protéiformes. L’éditeur et journaliste revient sur une époque en la racontant à travers le destin de plusieurs personnages autant anonymes que publics. Un contenu qui fait réfléchir à l’époque que nous vivons.

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Oui à l’Union européenne, mais réformée

Le Regard Libre N° 43 – Diego Taboada

Les élections européennes de 2019 sont présentées dans la plupart des médias comme un référendum pour ou contre l’immigration. Pourquoi ne pas plutôt y voir une opportunité de repenser le système dans son ensemble et de proposer enfin des réformes pour sauver l’Union européenne?

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La géopolitique de l’Arctique

Le Regard Libre N° 41 – Clément Guntern

Même si certains en doutent toujours, le réchauffement de la planète est devenu une certitude dont les effets les plus spectaculaires se font ressentir aux extrémités nord et sud de la Terre. Cette nouvelle donne a modifié les jeux d’intérêts entre les nations, surtout dans le nord.

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François Asselineau: «J’ai créé mon parti par désespoir»

Le Regard Libre N° 43 (à paraître) – Jonas Follonier

François Asselineau fut candidat à l’élection présidentielle française de 2017. Classé parmi les « petits candidats », il était le seul à proposer une sortie de la France de l’Union européenne. Jugé complotiste par certains, lucide par d’autres, l’homme est dans tous les cas très intéressant. Rencontre avec le président de l’Union populaire républicaine.

Jonas Follonier : Le lancement immédiat d’une procédure de sortie de l’Union européenne, de l’Euro et de l’OTAN se trouve au cœur de la ligne politique de votre parti, n’est-ce pas ?

François Asselineau : J’ai créé l’UPR le 25 mars 2007, le jour même du cinquantième anniversaire du Traité de Rome. Lorsque nous avons déposé les statuts à la préfecture de police de Paris, la nécessité d’une sortie de l’Union européenne était inscrite dans l’objet même du parti politique. Ce n’est donc pas quelque chose de conjoncturel. En ce moment, un certain nombre de personnes sur la scène politique française et européenne commencent à se poser des questions sur l’UE. Tant mieux, mais personne ne peut nier que j’ai eu la primeur de cette affaire, puisque cela fait depuis onze ans et demi que c’est ma proposition. Ce qui fait aussi la caractéristique de notre parti, c’est qu’il n’y a aucune ambiguïté sur notre objectif : il s’agit de sortir de l’Union européenne de façon juridique par l’article 50. Celui-ci impose une négociation qui doit durer deux ans au maximum.

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Au Conseil européen, les illusionnistes sont rois

Les lundis de l’actualité – Diego Taboada

Cette semaine, les chefs d’Etat et gouvernement des pays membres de l’Union européenne ont siégé au Conseil européen. Comme à chaque « réunion des hauts placés », les attentes étaient élevées. Au menu du jour : crise migratoire et réforme de la zone euro. Ce sommet, censé être déterminant pour régler l’énième crise de l’UE, a déçu, comme toujours. Les européistes se lamentent et les sceptiques s’en donnent à cœur joie : pas de réelle avancée mais des sourires et des déclarations vides de sens. De la poudre aux yeux, en somme – ou plutôt, de perlimpinpin.

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Une courte histoire du Venezuela pour comprendre le présent

Les lundis de l’actualité – Hélène Lavoyer

Voici une nouvelle dont vous avez certainement entendu parler cette semaine : Nicolàs Maduro, successeur d’Hugo Chavez à sa mort en 2013, a été réélu pour un mandat de président du Venezuela. Avec près de 70% des suffrages, le président se retrouve pourtant plus isolé et contesté que jamais ; en effet, la situation économique et sociale se dégrade, et le pays reste l’un des plus dangereux au monde, notamment à cause de son statut de « plaque tournante » pour le milieu de la drogue.

Comment comprendre l’abstention de plus de la moitié de la population lors des élections ? Quelles sont les causes du mécontentement de la population ? Tenir compte de la politique sous Chavez nous permet de saisir un peu plus l’enjeu actuel. Continuer la lecture de Une courte histoire du Venezuela pour comprendre le présent

Une Italie divisée

Les lundis de l’actualité – Loris S. Musumeci 

Les résultats sont tombés. Ils révèlent enfin de manière officielle le mal-être que l’Italie a crié dans ses urnes. Le Mouvement 5 étoiles s’est hissé en premier parti de la péninsule, ayant rassemblé 32% des voix. C’est le Parti Démocrate qui le suit tragiquement à 19%, chutant ainsi de près de dix points par rapport à 2013. Viennent enfin les trois bienheureux partis de droite avec 18% pour la Lega, 14% pour Forza Italia de Berlusconi et 4% chez les Fratelli d’Italia.

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Pologne, la tentation autocratique

Les lundis de l’actualité – Diego Taboada

Une nouvelle loi sur le rôle de la Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale fait polémique. Elle est représentative d’une tendance dans certains pays au sein de l’UE qui défendent la « démocratie illibérale » comme modèle alternatif. Alors que le danger pour la démocratie est réel, l’Union européenne peine à se faire entendre. Continuer la lecture de Pologne, la tentation autocratique