«Tom et Jerry» auraient pu mieux faire, va!

Les mercredis du cinéma – Ivan Garcia

Le duo cartoonesque créé par William Hanna et Joseph Barbera revient dans un long-métrage réalisé par Tim Story, qui ancre les deux héros dans le XXIe siècle. Un film drôle par moments mais dont le scénario semble manquer de cohérence. 

Vous suiviez leurs péripéties lorsque vous étiez enfant, vous riiez lors de leurs éternelles courses-poursuites et vous ne saviez probablement pas qui du chat ou de la souris vous préfériez. En 2021, Tom le chat et Jerry la souris font leur retour dans un long-métrage mêlant prises de vues réelles et animation. Cette fois-ci, l’intrigue se passe à New York et, à vrai dire, il semblerait que le film soit plutôt un long-métrage avec quelques scènes de Tom et Jerry, et non un film consacré réellement à ces deux personnages. Cela en raison des multiples sous-intrigues qui jalonnent l’histoire qui nous est montrée. Résumé express. 

Une souris à l’hôtel 

La séquence d’ouverture montre New York et des pigeons en plein chant. De là, s’ensuit une transition où l’on remarque que Jerry cherche à louer un nouveau chez soi dans «The Big Apple» mais, comme lui l’indique son courtier, il n’a pas «le budget»… Quant à Tom, il s’est reconverti dans la musique et se fait passer pour un chat aveugle qui joue du piano pour gagner sa croûte. Il s’imagine jouer au Madison Square Garden, rêve que la réalité – en la personne de Jerry – viendra rapidement saboter. Evidemment, les deux rivaux ne resteront pas longtemps tranquilles, avant de se chercher des noises et ce, pour notre plus grand plaisir.

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Mais voilà, il fallait un ingrédient pour lier ces scènes de cartoons et, qui plus est, pour faire un film plus mature, voire plus ambitieux. Si dans le précédent long-métrage consacré au duo, Tom et Jerry, le film (1992), les protagonistes devaient aider une jeune orpheline à retrouver son père, en 2021, il faut souligner que la chose a un peu changé. Au fil de leur première course-poursuite, Tom bouscule Kayla (Chloë Grace Moretz), une jeune femme qui vit de petits boulots et qui a de la peine à se faire une place dans la société. 

Après avoir perdu son travail à cause de Tom, Kayla décide de postuler au Royal Gate, l’un des hôtels les plus chics et prestigieux de New York, à l’aide d’un CV qu’elle a volé. Elle lance donc un défi à la société en vue de prouver que, même sans diplôme, elle est capable d’accomplir de grandes choses. Kayla se fait engager temporairement à l’hôtel pour s’occuper du mariage de Ben et Preeta, «le couple préféré des New-Yorkais». Bien entendu, le responsable événementiel et bras droit du directeur, Terence, ne voit pas d’un bon œil l’arrivée de cette extravagante jeune fille, alors que lui est un self-made-man qui en a bavé. Le nouveau travail de Kayla ne sera pas de tout repos. C’est notamment sans compter sur le fait que Jerry a décidé de faire de cet établissement son nouveau chez soi.

Un mélange d’éléments

Il faut bien l’avouer, revoir, sur grand écran, les aventures du chat bleu et de la souris brune évoque des souvenirs de l’époque où nous étions enfants. Les éternels gags de l’arroseur arrosé, du piège à souris qui ne marche pas ou encore des plans machiavéliques de Tom pour attraper Jerry sont toujours aussi plaisants. L’un des points forts du film réside d’ailleurs dans la capacité qu’a le scénariste à inscrire cette histoire dans notre époque. On trouve par exemple un Jerry qui utilise une bague comme lustre ou un smartphone volé comme écran de télévision. Lors d’une virée en duo dans la ville, les deux animaux possèdent leur propre compte Instagram suivi notamment par Preeta et Ben. Le moment le plus mémorable du long-métrage reste sans doute la course-poursuite finale de Tom et Jerry qui doivent rattraper Preeta, la mariée, et la ramener à l’hôtel. Pour ce faire, les deux acolytes utilisent un skateboard électrique (équipé de Wifi, s’il vous plaît) et un drone pour mener à bien leur mission.

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Comme mentionné précédemment, si l’on prend plaisir à voir ce film, on peine à lui trouver une cohérence, tant les éléments scénaristiques semblent se juxtaposer sans réel apport narratif à l’intrigue. Si l’histoire principale est bien celle de Tom et Jerry, celle-ci finit par devenir secondaire à l’égard du mariage de Ben et Preeta, deux personnages assez creux au final. On comprend rapidement que Ben souhaite offrir le meilleur à Preeta mais ne l’écoute jamais, et que celle-ci n’est pas heureuse. Bref, un cliché assez prévisible et regrettable, d’autant que le long-métrage semble bien nourri de ces clichés, comme concernant le personnage de Kayla, jeune arriviste de la campagne qui veut réussir à New York, Terence l’homme qui a dû mouiller sa chemise pour se faire une place… A nos yeux, le vrai défi du long-métrage – et son potentiel enjeu – arrive plutôt tard, vers les deux tiers, lorsque Kayla demande à Tom et Jerry de cohabiter paisiblement pendant une journée en leur organisant une virée d’une journée à New York. En un sens, le film met ensemble des éléments mais les traite superficiellement.

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Tom et Jerry n’est pas un film à proprement parler ennuyant. Lors du visionnage, on se délecte des scènes où apparaissent les deux personnages et on y éprouve du plaisir. Mais pour un retour au cinéma – c’est le second long-métrage consacré à leurs aventures depuis 1992 – on s’attendait à sortir de la salle avec des étoiles plein les yeux. Malheureusement, le film laisse plutôt l’auteur de ces lignes sur sa faim.

Ecrire à l’auteur: ivan.garcia@leregardlibre.com

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