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Woodkid à Montreux: un spectacle audiovisuel plus qu’un concert4 minutes de lecture

Après une ouverture en longueur, Woodkid a offert au Montreux Jazz une prestation qui s’apparente presque plus à un show audiovisuel qu’à un concert: entre sa maîtrise de la foule et le jeu de lumière qui en a mis plein la vue, le spectacle fut éblouissant.

C’est à 22h tapantes que les lumières s’éteignent: le son monte dans le parterre de l’Auditorium Stravinski à Montreux en ce dimanche soir 10 juillet, pour déboucher sur une mélodie aux sons futuristes et angoissants. Et ce, sur une durée suffisamment longue pour que le public alentour ait le temps de proposer quelques blagues à propos de Woodkid, auteur-compositeur et interprète français, maintenant un habitué du Jazz. «Il épure la salle, là!», peut-on entendre, ou encore: «Peut-être qu’il a le covid!» Quel humour. La foule se réveille après quelques longs instants, mais se rendort… jusqu’à ce que finalement les lumières explosent et que Iron retentisse à plein volume, jusqu’à en faire trembler tous les murs.

Un spectacle haut en lumière 

On entre alors dans l’univers de Woodkid, un mélange pop, folk et électro accompagné d’une chorégraphie de lumière, de visuels graphiques à l’écran et de mouvements millimétrés, orchestrés à merveille. Presque trop par moment, avouera penser ma coéquipière pour la soirée. Pourtant, le reste du public semble envoûté par ce show offert aux oreilles et aux yeux. A l’écran placé derrière la scène, des images robotiques et futuristes défilent, emportant Woodkid dans des explosions hypnotisantes et portant le public dans l’espace par instants. La voix grave et puissante de l’artiste semble coordonner ce ballet, bien qu’elle puisse être parfois effacée par la grandeur de celui-ci.

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Un doux contraste nous accompagne durant l’heure et demie du concert: certains morceaux sont d’un calme assourdissant, tandis que d’autres emportent les spectateurs dans une frénésie joviale. Et ces moments se succèdent les uns après les autres, ne laissant pas le temps à l’ennui ni à la fatigue de se faire une place dans la salle. Les lumières offrent également une dissonance visuelle parfois violente. Les flashs et les faisceaux dansent au rythme des huit musiciens accompagnant l’artiste pour accentuer les effets dramatiques et épiques des musiques de Woodkid. Si ce contraste paraît quelque peu surprenant, il offre finalement une forme d’équilibre.

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Woodkid au Montreux Jazz Festival le 10 juillet 2022 © Lionel Flusin

Du haut de ses 39 ans, Woodkid a occupé la scène de l’auditorium avec toute la grandeur nécessaire pour maîtriser la foule selon les besoins du spectacle. Si, entre les morceaux, il racontait avec beaucoup d’émotion son rapport très intime au festival, c’en était parfois presque ennuyant. Le concert était toutefois construit de sorte à satisfaire les spectateurs et en mettre plein la vue et les oreilles: en sortant de la salle, on comprend avoir vécu une expérience assez unique et puissante.

Ecrire à l’auteure: erica.berazategui@leregardlibre.com

Image d’en-tête: L’auteur-compositeur et interprète français Woodkid au Montreux Jazz Festival le 10 juillet 2022 © Lionel Flusin

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