Campagne No Billag: une occasion pour la presse de se réinventer
L’initiative «No Billag», aussi extrême soit-elle, aura eu le mérite de poser des questions intéressantes concernant les médias en Suisse, dont la plus importante est la suivante: voulons-nous financer des chaînes de radio et de télévision étatiques? Le débat démocratique qui a eu lieu n’est que le début – nous l’espérons – d’une discussion plus large concernant les missions du service public ainsi que le journalisme en Suisse.
Outre la problématique fondamentale du rôle de l’Etat vis-à-vis de l’information, c’est évidemment la question du journalisme de manière générale qui se pose. Une question parmi d’autres: pourquoi la radio et la télévision devraient-elles bénéficier d’une structure nationale, financée par une taxe imposée aux citoyens, mais pas la presse écrite?
On l’a entendu, trop peut-être, les médias traditionnels seraient en danger en Suisse romande, devant faire face à la diversification économique des éditeurs, dont la presse n’est de loin pas la principale priorité. Cette situation se traduit notamment par des restrictions de personnel, règle à laquelle Le Temps, par exemple, n’échappe pas. De plus, la publicité abandonne peu à peu les journaux pour s’installer sur le Web, menaçant de fait le financement de ces derniers.
Cependant, les changements économiques ont toujours existé, n’étant que les réceptacles de l’évolution de la société, ou parfois ses anticipateurs, voire ses instigateurs. Il convient de prendre la nouvelle donne de la presse écrite non comme un fardeau, mais comme un défi. Cette attitude est difficile, c’est certain; mais elle est indispensable. Ne pleurons pas la prépondérance d’Internet; épousons-la. Ne restons pas obsédés par l’information; ajoutons-y de la réflexion. Ne réduisons pas la quantité de notre travail; quadruplons-la. Ne cherchons pas à faire le «buzz» au détriment d’un traitement exigeant de la culture et du débat d’idées; efforçons-nous à montrer leur importance.
Diplômé en philosophie et journaliste de profession, Jonas Follonier est le fondateur et rédacteur en chef du Regard Libre. Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com
Laisser un commentaire