Archives par mot-clé : journalisme

Les non-spécialistes ont des choses intéressantes à nous dire

Le Regard Libre N° 76Jonas Follonier

Nous autres, journalistes, avons une mauvaise habitude: interroger LE spécialiste d’un domaine en croyant que c’est une assurance de qualité. Ce travers, comme tous les défauts, est le revers d’une qualité: celle qui consiste à éclairer une thématique à l’aide d’individus qui ont des choses à dire à son sujet, puisque leur discours sur cette thématique est reconnu. Or, souvent, les experts ne sont pas les seuls à pouvoir – et vouloir – apporter un éclairage pertinent sur un thème. Le caractère intéressant d’un propos ne se mesure pas seulement et pas toujours à son caractère «reconnu». C’est même parfois l’inverse: certains spécialistes sont tellement plats ou tellement obscurs que leur parole n’apporte strictement rien au public. Et il y a des cas où leur parole est si connue qu’elle en devient, pour le coup, «re-connue».

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Le Jura, ou quand de petits mensonges ont fait naître un canton

Les bouquins du mardi – Diana-Alice Ramsauer

«Le train du réel ne passe qu’une fois. Tout le reste il faut le confier à la littérature.» C’est sous ce mot d’ordre que Daniel de Roulet confie à sa fiction L’oiselier le soin d’offrir une autre version de la Question jurassienne des années septante. Celle que l’on connaît mal. Celle du conflit. Celle du secret d’Etat à la sauce helvétique. Celle qui ne fleure pas le compromis. Celle qui est violente. Celle qui se mêle aux luttes internationales. Une manière de mêler réalité historique et pure imagination qui m’a semblé toucher au génie dans un premier temps… jusqu’à ce qu’elle se mette à ressembler à un règlement de comptes entre l’auteur et l’autorité fédérale.

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S’intéresser aux autres: la base du journalisme

Le Regard Libre N° 72 – Jonas Follonier

C’est sans doute l’une des causes les plus importantes à défendre actuellement: celle du pluralisme. Depuis quelques années, les ravages du politiquement correct (il y a des choses qu’on a le droit de dire et des choses qu’on n’a pas le droit de dire), du prêt-à-penser (évitez-vous de réfléchir en reprenant sans esprit critique des idées préparées pour vous) et de la mode intellectuelle (ce qu’il faut dire pour «faire bien») sont en train de scier la branche sur laquelle est assise la possibilité même de la discussion démocratique, de la controverse civilisée.

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«Flammes sur #Lesbos», le livre que l’on aurait voulu aimer

Les bouquins du mardi – Diana-Alice Ramsauer

Il y a des bouquins qui, sur le papier, auraient tout pour plaire. C’est le cas de Flammes sur #Lesbos. Le concept de narration «roman-reportage» est original, le thème de la migration en Grèce mérite d’être mis en lumière et les probabilités d’enrichissement après lecture promettent d’être hautes. Et pourtant… on s’ennuie de bout en bout. Du moins, cela a été mon cas. A garder: les brillantes prises de position des différents personnages et l’analyse pertinente de la situation sur l’île de Lesbos. Pour le surplus, je rangerai cet ouvrage dans la case  «excellent reportage», mais malheureusement pas dans «roman».

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Roland Jaccard, provocateur parmi les pisse-froid

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Lucides sur l’état d’un monde acceptant de moins en moins les mauvais esprits, mais de plus en plus les esprits mauvais, quelques mortels, très rares, font le choix de la provocation. Et certains d’entre eux, parce qu’ils sont artistes, s’y livrent jusqu’au bout. Roland Jaccard en est. L’un de ses récents ouvrages, Dis-moi la vérité sur l’amour, figure parmi les très bons crus de l’actualité littéraire romande des derniers mois. Mais pour apprécier tel animal, il faut savoir accepter les contradictions de la condition humaine. Et donc comprendre ce qu’est la littérature. Critique.

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Opinion et réflexion

Le Regard Libre N° 60Jonas Follonier

Si renaissance de la presse il y aura, une partie de cette renaissance se fera par la presse de réflexion. Le journalisme de réflexion, tel que nous l’expérimentons dans ces colonnes, offre des perspectives démocratiques. Surtout à une époque comme la nôtre, où la consommation d’informations sans regard critique peut être extrêmement dangereuse. Oublions l’étiquette de «journalisme d’opinion». En définitive, toute phrase est l’expression d’une opinion, qu’elle soit précédée ou non d’un «je suis d’avis que». Simplement, une assertion sera vraie si un fait empirique la vérifie.

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«Camille», documentaire sur la Centrafrique et le photojournalisme

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Camille est une jeune photo-reporter française. Elle a décidé de partir en Centrafrique pour couvrir sous forme de reportage photo les conflits qui s’y déroulent. La violence non seulement de la guerre civile, mais aussi de la solitude du photojournalisme qui ne permet jamais de véritable rencontre, vont la bouleverser. Camille est un film basé sur des faits réels.

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«Tout est possible» sort aujourd’hui: parlons-en (ou pas)

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

L’idéalisme, mais le travail. Le documentaire Tout est possible, dont le titre anglais est encore plus kitsch (The biggest little farm), raconte les années de labeur d’un couple américain qui décide de tout quitter pour aller fonder leur ferme en harmonie avec la nature. Ils y parviendront, après des années de travail. Or, parviendrons-nous à en parler sans tomber dans le convenu?

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Eric Zemmour a-t-il franchi la ligne rouge?

Lors de la «Convention de la droite» le samedi 28 septembre dernier organisée par des proches de Marion Maréchal, petite-fille de Jean-Marie Le Pen, le polémiste français Eric Zemmour a tenu un discours que plus d'un a jugé raciste et islamophobe. A-t-il franchi la ligne rouge? Doit-il être écarté des médias où il officie régulièrement? Et surtout, l'hypothèse d'une candidature de sa part pour les présidentielles est-elle crédible? Analyse point par point, sans morale à la petite semaine.

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Les forces d’un mensuel

Le Regard Libre N° 50 – Jonas Follonier

Que de travail bénévole réalisé cinq ans et trois mois durant, mais que de plaisir également! En me rasant le matin, il m’est arrivé bien plus d’une fois de me demander si cette belle aventure n’était pas plus folle que belle. A quoi bon toutes ces heures quotidiennes consacrées à la vie de cette revue? A l’occasion de la publication de notre cinquantième édition, j’en suis plus que convaincu: non seulement notre investissement n’est pas vain, mais nous pouvons aussi voir ses fruits concrètement. Là, devant nos yeux. En nous efforçant de procurer de la matière intéressante à nos lecteurs, de plus en plus nombreux, voilà que nous arrivons fièrement à ce résultat, un magazine classe de soixante-huit pages, produit chaque mois par la passion de quelques jeunes.

Fiers, nous pouvons l’être. Fiers de susciter le débat et de proposer de grands dossiers culturels. Fiers de compter parmi nos abonnés et nos soutiens d’éminentes personnalités. Fiers de notre effort de réflexion pour dépasser le flux de l’information. Fiers d’avoir tenu bon face au manque d’ouverture et de considération de la part d’une certaine caste journalistique et artistique. Fiers d’avoir cru à une démarche à laquelle personne ne croyait. Fiers d’avoir donné la parole à des individus aux sensibilités diverses, des passionnés, des êtres déjantés parfois, critiques toujours; jamais fades.

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