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« L’existentialisme est un humanisme »

Le Regard Libre N° 32 – Loris S. Musumeci

L’existentialisme est un humanisme a été publié en 1946. Ce texte fut prononcé en conférence par Jean-Paul Sartre le 29 octobre 1945, qui à cette occasion exposa sa doctrine d’un existentialisme athée. Plus de septante ans ont passé, et l’ouvrage demeure d’une importance majeure, tant il rend compte d’une philosophie qui a marqué la pensée du XXe siècle. Aujourd’hui encore, les thèses de Sartre sont défendues, enseignées, débattues. Tout particulièrement, la conception de la liberté selon l’existentialisme reste pleinement d’actualité. Pour s’en imprégner au mieux, il convient de laisser place aux paroles mêmes de l’auteur.

Au centre de l’existentialisme sartrien, il y a la subjectivité humaine. Ce qui implique que la vérité n’existe que par rapport à l’homme ; qu’il n’y a donc pas de vérité hors de lui. L’élan de cette pensée est celui d’un recentrement sur l’existence de l’individu.

« […] nous entendons par existentialisme une doctrine qui rend la vie humaine possible et qui, par ailleurs, déclare que toute vérité et toute action impliquent un milieu et une subjectivité humaine. »

Si tout part de la subjectivité humaine, l’homme n’est rien en tant que tel, en son principe. Etre libre implique de se choisir. Et en se choisissant, on choisit aussi un idéal d’humanité. Parce que l’existence précède l’essence, dans la doctrine existentialiste. Ce qui signifie que l’on existe simplement, avant de devenir ceci ou cela. Se choisir bon, égoïste, courageux, masculin ou féminin, c’est manifester, par son action propre, comment l’humanité doit être. Lire la suite « L’existentialisme est un humanisme »

« Ça », un film sur la peur

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 2 octobre 2017, 20h30 – 21h00

« Ça connaît toutes les peurs et ça nous les montre. »

Après-midi de pluie sur la petite ville de Derry. Un doigt trace un sourire sur la vitre embuée ; une main s’applique à un minutieux pliage. Georgie a demandé à son grand frère Bill de lui fabriquer une frégate en papier. Maman joue du piano au salon. Vêtu d’un anorak jaune, Georgie sort, seul, pour courir après son jouet flottant. La musique mignonette se mêle au rire enthousiaste.

Après une chute, l’enfant remarque que son bateau glisse dans une bouche d’égout. Désespéré, il se précipite vers le trou du malheur. « Moi, je m’appelle Grippe-Sou, le clown dansant », annoncent d’un rauquement les yeux bleus cachés dans le noir sous-terrain. Quelques mots sont échangés entre Georgie et sa mystérieuse rencontre. Et lorsqu’il tend le bras pour récupérer la frégate, le voilà aussitôt agressé et traîné par le clown dans l’égout. Il ne reste qu’une flaque de sang sous les gouttes violentes de la tempête.

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« Dunkerque», et les visages de la guerre

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 7 août 2017, 20h30 – 21h00

« Ce film est dédié à tous ceux dont la vie a été ébranlée à Dunkerque. »

La rue est déserte. Seuls quelques coups de feu retentissent dans le silence de la mort. Des cadavres de papier volent çà et là. Un jeune soldat anglais court, seul. Il rejoint la plage pour quitter ce bastion de défaite : Dunkerque. Les Allemands ont pris en otage les Alliés. Enfermés comme des rats au bord de la mer, ce sont 400’000 hommes qui attendent le salut, qui « attendent un miracle ».

En parallèle, des bateaux de plaisance britanniques s’engagent pour aller libérer leurs soldats ; les destroyers ne suffisant pas. Quarante infimes kilomètres divisent les deux côtes, mais les bombes des avions de l’Axe compliquent fortement la mission. C’est de ce fait dans l’air que se joue la troisième histoire de Dunkerque. Un preux aviateur de la Royal Air Force, quasiment à vide de carburant, virevolte dans un combat sans merci pour protéger les bateaux et la plage de l’ennemi.

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