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« Gaspard va au mariage », le film le plus bizarre de ce printemps

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Déjà le générique aux lettres vertes « fluo » témoigne d’une esthétique particulière, plutôt désagréable. Tout comme la musique qui l’accompagne, digne des pires répondeurs automatiques de filiales commerciales. Puis, une invraisemblable première scène. Sans rire, le hasard de circonstances qui réunit Gaspard (Félix Moati) et Laura (Laetitia Dosch), nous n’y croyons pas une seconde, si tant est que nous y comprenions quelque chose.

Mais, qui l’eût cru, le pire reste à venir. Le spectateur se dit : non, tout de même, ils n’ont pas osé ? C’est bien l’annonce d’un premier chapitre au titre kitsch qu’il voit défiler à l’écran, avec en arrière-fond le plan d’un personnage au ralenti. Au ralenti ! C’est comme si le directeur de la photographie découvrait, euphorique, les quelques options d’iMovie et qu’il tentait une première expérimentation. Redevenons un peu sérieux : ce découpage en quatre parties n’était vraiment pas une bonne idée – un « reste du scénario », selon le réalisateur Antony Cordier – car la matière du film, elle, mériterait une meilleure forme.

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« Momo » : mauvais, mauvais…

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans la comédie Momo, à l’affiche depuis le 27 décembre, Christian Clavier endosse une fois de plus le rôle d’un bourgeois français, bohème ou bourru, peu importe. Oui, car on connaît la chanson. Après un Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? d’une grande qualité qui tournait en dérision les mariages cosmopolites et un A bras ouverts moyennement apprécié où le jardin de Clavier se faisait envahir par des Roms, le nouveau fond de commerce du célèbre interprète de Jacquouille semble suivre une pente de la mort.

A présent, place à l’arrivée d’un sourd dans la vie du riche. Un sourd ridicule que personne ne comprend et qui apparaîtra bien vite comme le fruit d’une des relations extra-conjugales de Clavier. On peine à rire devant cette énième comédie franchouillarde ne reposant sur rien d’autre que l’adage « on peut rire de tout ». Certes, tout objet est un sujet risible en puissance, mais encore faut-il qu’il soit servi avec goût, surtout au cinéma. Les chefs-d’œuvre Le dîner de cons ou La soupe aux choux ont beau être des comédies françaises à la sauce beauf, elles ne peuvent cependant pas être vues comme de simples copies de brèves de comptoir. Il y a un art de la beaufitude. Continuer la lecture de « Momo » : mauvais, mauvais…