Archives par mot-clé : cervantès

« L’homme qui tua Don Quichotte », la fantaisie adéquate

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Tout y est : l’énergie, la folie, l’inventivité, l’aventure et même l’hommage. C’est Don Quichotte version Terry Gilliam, fermenté en barrique Monty Python, cuvée 2018, enfin ! C’est peu dire tant l’adaptation du classique de Cervantes a longtemps été une épreuve pour le réalisateur qui avait le projet en tête dès 1990 et a commencé sa production dès 2000. Ce n’est pas le seul réalisateur qui a tenté une adaptation cinématographique : le grand Orson Welles s’y était déjà cassé les dents durant vingt ans dès 1957. Pourquoi autant d’années pour réaliser L’Homme qui tua Don Quichotte ?

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Reconnaissance à l’Espagne

Le Regard Libre N° 32 – Hélène Lavoyer

Le second voyage de Christophe Colomb pour l’Amérique du Sud commença le 25 septembre 1493. 524 ans après, la colonisation est encore un sujet brûlant. Le pamphlet Très brève relation de la destruction des Indes, publié en 1552, avait pour but d’être un secours pour les indigènes ; au lieu de cela, c’est surtout un dégoût de l’Espagne qu’il a engendré.

« Très brève relation »

Lorsque le regard se pose sur les mots de Bartolomé de Las Casas, qu’il envoya au Prince Philippe d’Espagne dans sa Très brève relation de la destruction des Indes, on sent son cœur se serrer et s’assécher en découvrant quelques-unes des monstruosités infligées aux Indiens d’Amérique latine du temps de la colonisation, toutes plus atroces les unes que les autres. Il est même difficile de finir cette Très brève relation qui insiste et appuie sur des images d’horreur que l’imagination peine à se figurer.

Bartolomé de Las Casas a été l’une des premières voix à s’élever contre les tortures et l’exploitation subies quotidiennement par les Indiens d’Amérique latine. D’une façon crue, parfois exagérée et souvent discutée, il évoque les communautés indiennes, leur nombre, leurs richesses, leur immatérialisme, leur dévouement et leur docilité à l’égard des conquistadors espagnols. Cet ouvrage d’une puissance inouïe, fait de mots puisés dans le cœur effaré du prêtre, représente la nécessité de crier la disparition de quelque chose d’inestimable, l’urgence de se soulever. Quel noble désir.

Une participation à la Légende Noire

Cependant, même les volontés les plus morales et les désirs les plus nobles peuvent avoir des conséquences inattendues Continuer la lecture de Reconnaissance à l’Espagne