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« Momo » : mauvais, mauvais…

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans la comédie Momo, à l’affiche depuis le 27 décembre, Christian Clavier endosse une fois de plus le rôle d’un bourgeois français, bohème ou bourru, peu importe. Oui, car on connaît la chanson. Après un Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? d’une grande qualité qui tournait en dérision les mariages cosmopolites et un A bras ouverts moyennement apprécié où le jardin de Clavier se faisait envahir par des Roms, le nouveau fond de commerce du célèbre interprète de Jacquouille semble suivre une pente de la mort.

A présent, place à l’arrivée d’un sourd dans la vie du riche. Un sourd ridicule que personne ne comprend et qui apparaîtra bien vite comme le fruit d’une des relations extra-conjugales de Clavier. On peine à rire devant cette énième comédie franchouillarde ne reposant sur rien d’autre que l’adage « on peut rire de tout ». Certes, tout objet est un sujet risible en puissance, mais encore faut-il qu’il soit servi avec goût, surtout au cinéma. Les chefs-d’œuvre Le dîner de cons ou La soupe aux choux ont beau être des comédies françaises à la sauce beauf, elles ne peuvent cependant pas être vues comme de simples copies de brèves de comptoir. Il y a un art de la beaufitude. Lire la suite « Momo » : mauvais, mauvais…

« A bras ouverts », une comédie pas drôle du tout

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 1er mai 2017, 20h30 – 21h00

A bras ouverts. Après le succès de son très bon film Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? (2014) qui mettait en scène Christian Clavier dans le rôle du traditionnel Français de droite confronté au multiculturalisme avec les compagnons de ses filles, Philippe de Chauveron signe son huitième opus. Du côté de la distribution, on retrouve Christian Clavier et Ary Abittan. L’histoire part aussi de la même idée, sauf que cette fois, ce n’est pas la bourgeoisie catholique qui se heurte à la différence, mais la gauche caviar.

En effet, Clavier incarne Jean-Étienne Fougerole, une caricature évidente des intellectuels multiculturalistes à la Bernard-Henri Lévy. Sur un plateau de télévision, il cède à la pression populaire pour ne pas être le perdant du débat et déclare, devant son contradicteur d’extrême-droite, qu’il serait prêt à accueillir des Roms chez lui pour montrer l’exemple. Bien sûr, son appel généreux va être pris à la lettre. Des « gens du voyage » vont débarquer chez lui. Lire la suite « A bras ouverts », une comédie pas drôle du tout

« Un sac de billes », le nouveau classique du cinéma français

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Sachez que, dans ce salon, tout le monde est juif. »

Août 1944, une ruelle de Paris victorieusement ornée de drapeaux britanniques et français. Hitler est tombé ; nous sommes libres. De suite, on revient deux ans auparavant, 1942, l’Occupation commence. Des enfants espiègles jouent en ville, il s’agit de Maurice (Batyste Fleurial) et Joseph (Dorian Le Clech) Joffo : deux juifs, deux frères. Ils se rendent au salon de coiffure de leur père, Roman, dignement interprété par Patrick Bruel. L’ambiance y est joviale, au point de permettre la moquerie des enfants envers deux officiers nazis, venus se dégarnir les côtés.

Le lendemain, c’est le drame qui entre en éruption. Au son du violon de la composition originale d’Armand Amar, on cout l’étoile jaune aux manteaux. L’heure est grave. Clignancourt se transforme en « pogrom ». Il faut partir. Les parents Joffo décident d’envoyer leurs fils en zone libre. Le voyage sera périlleux en persécution ; la famille séparée, mais confiante. A tort ou à raison ?

Un sac de billes, réalisé par Christian Duguay, du témoignage homonyme, s’érige déjà en classique du cinéma français, à deux semaines de sa parution. C’est là le problème selon certaines critiques : trop classique, lance-t-on. J’ajouterais même que le film n’apporte rien de véritablement nouveau, et que son air de déjà-vu se ressent dès la première scène. Lire la suite « Un sac de billes », le nouveau classique du cinéma français