Archives par mot-clé : enfer

«Fenêtre sur cour», fenêtre sur la société

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: Tout savoir sur Hitchcock aujourd’hui avec Le Regard Libre – Loris S. Musumeci

Jeff Jefferies (James Stewart) est confiné. Pas de virus dans l’air, mais une jambe cassée. Ce photo-reporter n’est pas habitué à rester chez lui. Là, il n’a pas le choix. Alors il s’ennuie. Il passe ses journées à regarder par la fenêtre de son appartement qui donne sur une cour. Il épie au quotidien tout ce que font ses voisins. Il est des spectacles plaisants, comme celui que lui offre – à son insu – la jeune et ravissante danseuse, Miss Torso, lorsqu’elle s’étire de manière sensuelle, jambes à l’air, ou lorsqu’elle s’habille, le reste à l’air. Des spectacles drôles, comme les scènes de ménages d’un vieux couple, ou la lassitude précoce d’un jeune couple. Un spectacle bien triste, celui de Miss Cœur Solitaire, qui rêve d’un amour qui ne vient pas, mais simule la réception d’un amant imaginaire lui servant un verre qui ne sera jamais bu.

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«Styx»: parabole humaine

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Le nom d’un point de passage vers les enfers de la mythologie grecque est le titre du troisième long-métrage de l’autrichien Wolfgang Fischer. L’affiche officielle le résume bien: le spectateur plonge dans le fracas des eaux et n’en revient pas indemne. Rike, médecin urgentiste allemande, entreprend un voyage en solitaire dans son voilier vers l’île sauvage de l’Ascension, au large de la Mauritanie. Styx souffre de certaines longueurs inévitables, mais le réalisateur utilise le silence comme un véritable outil dramatique.

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L’actualité de Dante et de son appel au bonheur

Le Regard Libre N° 24 – Giovanni F. Ryffel

Fatti non foste a viver come bruti.
« Vous ne fûtes pas faits pour vivre comme des brutes ».

A vouloir poser la question de l’actualité d’un auteur, on s’expose à un double péril : d’une part l’épuisement d’intérêt, d’autre part le refus d’une actualité pour ce qui est ancien. Cela arrive souvent ; soit parce que tout ce qui appartient au passé semble n’avoir que l’attrait de la vieillerie, soit parce qu’une idéologie impose de refuser les contenus d’un auteur, surtout s’il est médiéval et foncièrement chrétien comme Dante.

Et pourtant, il reste intéressant à mes yeux d’interroger ce fait et de tenter une ébauche de réponse, quoiqu’il faille se contenter ici de n’en apercevoir que quelques coups de pinceau. Continuer la lecture de L’actualité de Dante et de son appel au bonheur