Archives par mot-clé : espérance

«Amanda», de l’angoisse à l’espérance

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«– Maman elle dort encore?
– Elle est pas là.»

Vie parisienne, vie heureuse. Amanda passe une enfance normale avec sa maman. David, son jeune oncle de vingt-quatre ans, profite le plus possible de voir sa sœur et sa nièce qui l’adore. Malgré sa vie mouvementée, toujours pressée, entre petits boulots et arrangements, David entretient une belle relation de complicité avec sa sœur. Puisque cette dernière est seule pour élever sa fille, il lui donne des coups de main comme il peut. Mais un jour tout s’écroule. La terreur d’un attentat s’abat sur Paris. Amanda n’a plus de maman, et David doit par conséquent devenir père prématurément. L’oncle et la nièce apprennent à vivre ensemble, malgré les difficultés, et les blessures du passé toujours ouvertes.

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Marc Chagall, « La Crucifixion blanche »

Le Regard Libre N° 29 – Loris S. Musumeci

Regard vers le peintre-poète : Chagall (2/3)

Après le délicieux Anniversaire chantant l’amour, le contexte politique en Europe oblige Marc Chagall (1887-1985) à changer de ton. Pour ce deuxième épisode consacré au peintre-poète, La Crucifixion blanche (1938) livre une scène d’horreur et d’espérance.

Les drames de l’Histoire n’ont jamais cessé d’inspirer les artistes. Il est nécessaire d’exprimer sous la plume, au marteau ou d’un pinceau la misère indicible du monde pour éveiller les consciences, consoler les victimes. Nombreux sont ceux qui s’adonnent à la pratique depuis le siècle dernier. De Bardamu au cœur de la Grande Guerre dans le Voyage au bout de la nuit, jusqu’aux Gueules de la terre du sculpteur contemporain Patrice Alexandre, en passant par les hurlantes photographies d’enfants en pleine guerre du Viêtnam, et l’inévitable Guernica présenté en 1937. Continuer la lecture de Marc Chagall, « La Crucifixion blanche »

Exit, un joyeux suicide

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

Il y a aujourd’hui dix nuits de cela, Monsieur « O. » se donnait la mort, dans la solitude de son domicile. Il se sentait « fatigué de vivre », disait-il. Le suicide est sombre et dramatique. Il n’est rien de plus horrible que de perdre son corps en le regardant ridé et marqué d’une vie qui n’a encore jamais cessé. C’est toujours la première fois que l’on meurt. Assister au dernier instant de l’existence, sa propre existence, donne le frisson de la nouveauté, de la grandeur, de la fin. L’ultime frisson : inutile, oublié, mort.

Monsieur O. fut toutefois victime. Ses hostiles frères, Bernard et Claude, ainsi que l’injuste justice genevoise s’étaient opposés à son envie de partir paisiblement. Alors même que l’association Exit avait proposé la solution idéale : un joyeux suicide accompagné. Qu’y avait-il de mal à respecter le choix individuel d’un homme simple et normal ? On en appelle sans cesse à la très sainte liberté pour mener une vie heureuse. Dès qu’il s’agit cependant d’expirer, une bonne fois pour toutes, le souffle des douleurs et du mal-être, la liberté n’est plus prise en considération. Pis encore lorsqu’une telle corruption prend sa source tragique au sein de la justice et de la famille. Apparaît là un second suicide, celui de la compassion. Continuer la lecture de Exit, un joyeux suicide