Archives par mot-clé : espoir

« Kâbus, les fantômes de l’espoir » – Rencontre avec Alice Fargier

Le Regard Libre N° 38 – Loris S. Musumeci

Dossier spécial « FIFF 2018 »

Alice Fargier est une cinéaste franco-suisse. Elle est passée par le théâtre, puis par la mise en scène cinématographique où elle a assisté de prestigieux réalisateurs asiatiques comme Hong Sang Soo et Tsai Ming Liang, pour en arriver à l’art de la création sonore au service de la radio France Culture. Désormais, elle se consacre à la réalisation de courts-métrages. Rencontre avec cette amoureuse des sons et des images.

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« La Particule Humaine », métaphore du chemin intérieur

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Souffle ou blé ?
Blé. »

Dans les yeux de Semih Kaplanoğlu, la population future est enfermée dans l’enceinte de villes protégées de portails électromagnétiques calcinant ceux qui tenteraient d’en sortir – ou d’y entrer sans avoir été sélectionnés. L’agriculture est aux mains de laboratoires privés ne parvenant pas à comprendre pourquoi, ni comment, les cultures OGM – seules dont ils disposent – finissent par se détériorer et s’autodétruire. Erin Erol (Jean-Marc Barr), ingénieur en génétique et spécialiste des graines au service de la ville, peine à créer une semence qui permettrait de pérenniser les récoltes dans le temps. Continuer la lecture de « La Particule Humaine », métaphore du chemin intérieur

« The Seen and Unseen » de Kamila Andini

Festival International de Films de Fribourg – Jonas Follonier

Une salle d’hôpital, à Bali. L’écran montre un rideau flou, qui s’ouvre tout à coup sur l’antre du patient. C’est l’histoire d’un enfant malade. « Tantra a une tumeur dans le cerveau […] Ses sens sont touchés. » Des mots que la mère ne comprend pas. Ne peut pas comprendre. Que le père tente d’expliquer, se faisant l’intermédiaire du médecin. Tantra, le garçon malade, a une sœur jumelle, Tantri.

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« Demain et tous les autres jours », quand l’amour comprend plus qu’il ne change

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Dans Demain et tous les autres jours, Noémie Lvovsky incarne une mère qui, doucement, sombre dans la folie. Impressionnante, elle livre une prestation grandiose, vraie, accablante.

Encore en dessous de la dizaine d’années, Mathilde – interprétée par Luce Rodriguez – est une enfant qui laisse rarement le sourire éclairer son visage. Lorsque la première scène débute, l’agitation d’une cour de récréation contraste avec la petite. Contrairement à tous ses camarades, Mathilde est seule. Tout de suite, on comprend qu’elle sera notre héroïne pour la prochaine heure et demie.

La maman de Mathilde (Noémie Lvovsky) fait rire, à sa première apparition à l’écran. Son regard incertain virevolte dans le bureau de la conseillère scolaire de sa fille. La main de Mathilde vient à la rencontre de sa mère, comme pour lui donner courage ; elle ose une parole : « Je ne me souviens plus pourquoi nous sommes là. » Et son visage s’éclaire soudain. Elle n’a pas trouvé pourquoi elle se tient dans ce bureau, non ; mais elle a pu apercevoir, par la fenêtre, un nid d’oiseau au creux des branches, et ne peut s’empêcher de le montrer à Mathilde qui, pour ce faire, doit monter sur le bureau. Continuer la lecture de « Demain et tous les autres jours », quand l’amour comprend plus qu’il ne change

« Ne me quitte pas » : analyse poétique

La richesse de la chanson française (5/6)

Le Regard Libre N° 17 – Jonas Follonier

Le mois passé, celui de mai, est le symbole du printemps. Et le printemps est le symbole de l’amour. C’est pourquoi il fallait à nouveau consacrer cette rubrique à une chanson d’amour. Qu’il est difficile de faire son choix dans un répertoire aussi grandiose que celui de la chanson française. Une œuvre s’impose néanmoins : Ne me quitte pas.

Si Jacques Brel endosse le costume de chanteur, il est avant tout un poète. Preuve en est avec sa chanson de 1972 évoquant la rupture prochaine d’un amour. Composée de pentasyllabes, le poème auquel nous avons affaire semble se situer entre la complainte et la poésie élégiaque. En tout cas, les verbes de la première strophe, « quitter », « s’enfuir », « oublier », « perdre », « tuer », évoquent tous à leur façon la rupture amoureuse. Continuer la lecture de « Ne me quitte pas » : analyse poétique