Archives par mot-clé : hélène lavoyer

«Destroyer»: Pourquoi un accueil si Mitigé?

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Dans le regard d’un bleu plus froid que celui des mers arctiques d’Erin Bell (Nicole Kidman), peu de choses se lisent. Une gueule de bois et de la détresse, à la rigueur. Lorsqu’elle sort de sa voiture et se traîne sur la scène d’un crime récent, cette inspectrice du LAPD fait pitié à voir. Penchée sur le cadavre d’un homme marqué d’un tatouage sur la nuque, son attention paraît bien loin du chemin en terre battue longeant un canal de Los Angeles. Un billet de banque taché d’encre et les contacts d’une vie passée pour seuls indices, elle se jette sur les routes en bitume et celles, plus sinueuses, d’un passé aux lourdes conséquences.

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La traduction, un acte de lecture

Le Regard Libre N° 47 – Hélène Lavoyer

«La langue de l’Europe, c’est la traduction», écrivait Umberto Eco dans son ouvrage Dire presque la même chose. Qu’entendait-il par là? Que l’Europe s’est construite dans la découverte de l’autre par le biais de sa propre langue en rapport à celle de l’autre, certes, mais pas seulement: que la traduction, sujet qui nous intéressera au fil des prochains paragraphes, a été jusqu’ici la manière d’être même de l’Europe. Et ce, dès les textes fondateurs de notre continent. De la Bible à la philosophie, du Cantique des Cantiques à la Métaphysique d’Aristote, les soubassements de la pensée occidentale – aussi diversifiée et hétéroclite qu’elle puisse être – reposent sur des textes traduits.

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«Les femmes artistes sont dangereuses»: l’art par la femme, occulté mais vivant

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

L’une est journaliste, essayiste et historienne, notamment du féminisme aux XIXe et XXe siècles, l’autre chercheuse indépendante et historienne de l’art. Laure Adler et Camille Viéville, deux femmes mais avant tout deux individualités qui ont engagé leurs forces dans un combat qui quoique vieux de plusieurs siècles n’a ni perdu de son actualité ni de sa nécessité : celui entreprit par nombre de femmes afin de se faire une place dans des domaines régis de tout temps par des hommes. Dans cet ouvrage paru aux éditions Flammarion elles dressent les portraits d’une cinquantaine de créatrices.

Pour celui qui s’intéresse à l’art, ce livre est un trésor de découvertes de nouvelles « griffes » stylistiques. Mais pour tous les autres, interpellés par l’histoire de la femme et qui cherchent à savoir comment, concrètement, le monde patriarcal a pesé de tout son poids sur son expression et sur son intégration à l’univers de l’art, il s’agit d’un ouvrage marquant à ne pas laisser dormir sur les étagères des librairies. Et ce  tant à cause de son propos que de la façon dont il se voit présenté, sous une plume tranchante mais fluide, catégorique avec raison.

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«L’incroyable histoire du Facteur Cheval»: l’homme derrière l’œuvre

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Le souffle paisible du vent, ponctué de chants d’oiseaux qui accompagneront le film dans toute sa longueur. Pas d’image à l’écran durant quelques secondes, seule cette douce sérénade qui nous invite à nous laisser glisser dans la prochaine heure et demie avec curiosité, confiance, attention. Deux mains plongent, paumes les premières, dans une eau cristalline sur fond de galets ronds. La première minute en dit déjà long sur le personnage de Ferdinand Cheval, qui déclarera plus tard que c’est «à la source de la vie» qu’il puise son génie.

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La haute-couture, un monde fait de dérives et de désinformation

Le Regard Libre N° 46 – Hélène Lavoyer

Le secteur mode de l’industrie du luxe est un monde à deux visages. Le premier est hypnotique, esthétique. Il a bâti une image forte et lisse de la mode, en utilisant le savoir-faire et la rareté comme arguments pour justifier la valeur monétaire démesurée de produits d’une qualité soi-disant exceptionnelle. La seconde face, insidieusement cachée, se révèle injuste sur le plan éthique, en désaccord avec les valeurs prônées par les marques elles-mêmes.

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«Monsieur»: quand Cendrillon porte un sari et un rêve

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Un plan large sur une jeune femme dans une pièce dont la faible luminosité contraste avec l’éclat présent au-dehors. Silencieusement, nous la suivons jusqu’à l’extérieur et découvrons un village de campagne, en Inde. Les couleurs sont terre et sable, l’orange, le bleu et l’argenté des saris sautent aux yeux et on entend les bruits de nature et des éclats de voix. La jeune femme, Rajna, dit au revoir à sa grand-mère et à sa sœur avant de s’installer à l’arrière d’une moto et de commencer son retour à Bombay. Son visage n’affiche ni joie ni tristesse mais plutôt une résignation.

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«Le dernier été»: une bonne chanson, mais pas un tube

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

Premier roman de Benedict Wells, Le dernier été propose de rencontrer Beck, «un prof guetté par la quarantaine» ayant enchaîné les histoires sans lendemains, les soirées avec son seul ami Charlie, et qui trouve un jour en Rauli Kantas, l’un de ses élèves, la possibilité de se ressaisir d’un vieux rêve qu’on lui avait arraché: devenir un musicien reconnu mondialement. Rauli est jeune, inconscient de son talent, et Beck en crise existentielle les imagine déjà Rauli, Charlie, lui et Lara, la première femme – et la seule personne – qui puisse lui faire ressentir cette émotion étrange et déstabilisante qu’est l’attachement sincère.

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«Mortal Engines» ou la brutalite de l’ennui

Les mercredis du cinéma –  Hélène Lavoyer

Après une guerre qui ravagea la terre pour en faire un terrain hostile, l’humanité vit juchée sur des villes mobiles. Londres, la plus gourmande d’entre elles, survit grâce aux cités antiques dont se nourrissent ses moteurs. Les populations de ces dernières se voient sauvées de leur condition de pauvreté et d’insalubrité, adoptent l’idéologie londonienne qui présente la chasse comme un jeu et la destruction de ces villes comme une victoire, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

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«Putain D’AVC!» : un temoignage indispensable et touchant

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

Un titre fort, dont la colère et la frustration qui surviennent lors d’un accident vasculaire cérébral (AVC) transparaissent bien. Chamboulé par cet événement qui transforma sa femme énergique et restant «joyeuse, heureuse, courageuse, au-delà, souvent, de la raison», Simon Roger-Vermot livre à travers un journal de bord rédigé au cours des semaines passées au chevet de sa femme ou dans les couloirs et autres salles d’attentes des institutions de soin un compte-rendu de l’expérience qu’impose un proche atteint d’un AVC.

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«Lazzaro Felice»: une fable documentaire foudroyante

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

«Lazzaro! Lazzaro!
Lazzaro!
Lazzaro!»

Lazzaro est un jeune garçon d’une vingtaine d’années, à la carrure robuste, aux boucles sombres et aux yeux vert d’eau. Travailleur, il récolte le tabac pour la riche Marquise de Luna (Nicoletta Braschi) avec cinquante-trois autres paysans et paysannes, tous condamnés au labeur le plus rude et à une misère matérielle plus sèche encore que la terre de ce paysage de l’Italie profonde, rocailleux, presque désertique en été. Trois ou quatre générations survivent donc dans ce hameau qu’est l’Inviolata, propriété de la Marquise. Continuer la lecture de «Lazzaro Felice»: une fable documentaire foudroyante