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Didier Burkhalter: «Je ressens l’envie de m’exprimer en toute liberté»

Dossier spécial Didier Burkhalter écrivain

Le Regard Libre N° 49 – Hélène Lavoyer et Alexandre Wälti

La démarche est suffisamment rare en Suisse pour être relevée: sitôt qu’il s’est retiré du Conseil fédéral, Didier Burkhalter a plongé dans l’écriture de romans. Après enfance de terre ont suivi Là où lac et montagne se parlent, Mère porteuse et Terre minée, tous publiés aux Editions de l’Aire. Nos critiques littéraires se sont penchés sur ces ouvrages pour en livrer une appréciation sans filtre. Mais avant cela, c’est Didier Burkhalter qui s’exprime dans nos colonnes, pour nous parler de sa passion littéraire.

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Le train, une ouverture au rêve

Le Regard Libre N° 48 – Hélène Lavoyer

Il fallait faire un choix et, au vu de l’état du monde, des perspectives actuelles, c’était l’évidence même. Vingt-sept heures, quelques minutes et douze secondes. C’est ce que m’a annoncé l’homme en face de moi, me souriant du haut de son confortable siège de bureau. Il affichait un étonnement ravi et sincère, apparemment heureux que je choisisse de voyager en train de Neuchâtel à Oslo. Si cette décision peut tout d’abord apparaître comme une perte de temps ou d’argent, s’il semble moins pratique, il n’en est rien.

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Didier Burkhalter, vision d’une «Terre Minée»

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

Extrait de notre dossier spécial Didier Burkhalter contenu dans notre numéro d’avril, en commande ici

Lorsqu’un ancien politicien se met à écrire des romans, il peut être compliqué de séparer l’œuvre artistique de l’auteur et de la personnalité politique. Didier Burkhalter, dès le lendemain de sa démission, se mit à la rédaction de son premier ouvrage qui parut quelques semaines à peine après le début de ce nouveau chapitre de sa vie. Depuis ce premier livre intitulé Enfance de terre, trois autres ont été publiés aux éditions de L’Aire. Le dernier en date, Terre Minée (arrivé le 25 mars dans les librairies de Suisse romande), fait suite au roman Mer Porteuse, dont il explique que «les personnages sont revenus frapper à la porte de [son] cœur».

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«Destroyer»: Pourquoi un accueil si Mitigé?

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Dans le regard d’un bleu plus froid que celui des mers arctiques d’Erin Bell (Nicole Kidman), peu de choses se lisent. Une gueule de bois et de la détresse, à la rigueur. Lorsqu’elle sort de sa voiture et se traîne sur la scène d’un crime récent, cette inspectrice du LAPD fait pitié à voir. Penchée sur le cadavre d’un homme marqué d’un tatouage sur la nuque, son attention paraît bien loin du chemin en terre battue longeant un canal de Los Angeles. Un billet de banque taché d’encre et les contacts d’une vie passée pour seuls indices, elle se jette sur les routes en bitume et celles, plus sinueuses, d’un passé aux lourdes conséquences.

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La traduction, un acte de lecture

Le Regard Libre N° 47 – Hélène Lavoyer

«La langue de l’Europe, c’est la traduction», écrivait Umberto Eco dans son ouvrage Dire presque la même chose. Qu’entendait-il par là? Que l’Europe s’est construite dans la découverte de l’autre par le biais de sa propre langue en rapport à celle de l’autre, certes, mais pas seulement: que la traduction, sujet qui nous intéressera au fil des prochains paragraphes, a été jusqu’ici la manière d’être même de l’Europe. Et ce, dès les textes fondateurs de notre continent. De la Bible à la philosophie, du Cantique des Cantiques à la Métaphysique d’Aristote, les soubassements de la pensée occidentale – aussi diversifiée et hétéroclite qu’elle puisse être – reposent sur des textes traduits.

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«Les femmes artistes sont dangereuses»: l’art par la femme, occulté mais vivant

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

L’une est journaliste, essayiste et historienne, notamment du féminisme aux XIXe et XXe siècles, l’autre chercheuse indépendante et historienne de l’art. Laure Adler et Camille Viéville, deux femmes mais avant tout deux individualités qui ont engagé leurs forces dans un combat qui quoique vieux de plusieurs siècles n’a ni perdu de son actualité ni de sa nécessité : celui entreprit par nombre de femmes afin de se faire une place dans des domaines régis de tout temps par des hommes. Dans cet ouvrage paru aux éditions Flammarion elles dressent les portraits d’une cinquantaine de créatrices.

Pour celui qui s’intéresse à l’art, ce livre est un trésor de découvertes de nouvelles « griffes » stylistiques. Mais pour tous les autres, interpellés par l’histoire de la femme et qui cherchent à savoir comment, concrètement, le monde patriarcal a pesé de tout son poids sur son expression et sur son intégration à l’univers de l’art, il s’agit d’un ouvrage marquant à ne pas laisser dormir sur les étagères des librairies. Et ce  tant à cause de son propos que de la façon dont il se voit présenté, sous une plume tranchante mais fluide, catégorique avec raison.

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«L’incroyable histoire du Facteur Cheval»: l’homme derrière l’œuvre

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Le souffle paisible du vent, ponctué de chants d’oiseaux qui accompagneront le film dans toute sa longueur. Pas d’image à l’écran durant quelques secondes, seule cette douce sérénade qui nous invite à nous laisser glisser dans la prochaine heure et demie avec curiosité, confiance, attention. Deux mains plongent, paumes les premières, dans une eau cristalline sur fond de galets ronds. La première minute en dit déjà long sur le personnage de Ferdinand Cheval, qui déclarera plus tard que c’est «à la source de la vie» qu’il puise son génie.

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La haute-couture, un monde fait de dérives et de désinformation

Le Regard Libre N° 46 – Hélène Lavoyer

Le secteur mode de l’industrie du luxe est un monde à deux visages. Le premier est hypnotique, esthétique. Il a bâti une image forte et lisse de la mode, en utilisant le savoir-faire et la rareté comme arguments pour justifier la valeur monétaire démesurée de produits d’une qualité soi-disant exceptionnelle. La seconde face, insidieusement cachée, se révèle injuste sur le plan éthique, en désaccord avec les valeurs prônées par les marques elles-mêmes.

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«Monsieur»: quand Cendrillon porte un sari et un rêve

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Un plan large sur une jeune femme dans une pièce dont la faible luminosité contraste avec l’éclat présent au-dehors. Silencieusement, nous la suivons jusqu’à l’extérieur et découvrons un village de campagne, en Inde. Les couleurs sont terre et sable, l’orange, le bleu et l’argenté des saris sautent aux yeux et on entend les bruits de nature et des éclats de voix. La jeune femme, Rajna, dit au revoir à sa grand-mère et à sa sœur avant de s’installer à l’arrière d’une moto et de commencer son retour à Bombay. Son visage n’affiche ni joie ni tristesse mais plutôt une résignation.

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«Le dernier été»: une bonne chanson, mais pas un tube

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

Premier roman de Benedict Wells, Le dernier été propose de rencontrer Beck, «un prof guetté par la quarantaine» ayant enchaîné les histoires sans lendemains, les soirées avec son seul ami Charlie, et qui trouve un jour en Rauli Kantas, l’un de ses élèves, la possibilité de se ressaisir d’un vieux rêve qu’on lui avait arraché: devenir un musicien reconnu mondialement. Rauli est jeune, inconscient de son talent, et Beck en crise existentielle les imagine déjà Rauli, Charlie, lui et Lara, la première femme – et la seule personne – qui puisse lui faire ressentir cette émotion étrange et déstabilisante qu’est l’attachement sincère.

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