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La leçon de Jean d’Ormesson

Le Regard Libre N° 35 – Jonas Follonier

« Tout le bonheur du monde est dans l’inattendu », écrivait un homme bouleversant par son sens de l’émerveillement. Cet homme, c’est Jean d’Ormesson, dont la mort au mois de décembre a étrangement semblé inattendue.

Il aurait en effet fallu s’y préparer, encore plus qu’au départ de Johnny Hallyday le jour suivant. Mais ce n’était pas possible ; Jean d’Ormesson et la joie qu’il dégageait s’étaient trop installés dans nos habitudes pour que l’on puisse imaginer un monde sans eux. Lire la suite La leçon de Jean d’Ormesson

« Downsizing », où l’homme raccourci laisse place au film allongé

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Un scientifique norvégien réussit une expérience qui va changer la donne au niveau mondial : il est désormais possible de réduire un être humain à une taille d’environ douze centimètres. L’opération de raccourcissement (downsizing) n’a presque aucun risque, mais surtout, c’est une occasion en or pour sauver la planète ! Si l’humanité fait le choix du rétrécissement, elle fait le choix d’une baisse drastique du nombre de déchets et résout le problème de la surpopulation.

Inutile de dire que ce n’est pas l’argument écologique qui va convaincre un nombre important de citoyens de se lancer dans cette métamorphose irréversible. Au sein de cette nouvelle société des petits hommes, un dollar en équivaut à mille dans le monde normal. C’est l’univers de tous les possibles, et d’une espérance de vie attrayante. Par cette idée remarquable, le nouveau film d’Alexander Payne se comprend comme une critique du mode de vie américain et de la consommation, qui se reproduisent dans le monde miniature. Lire la suite « Downsizing », où l’homme raccourci laisse place au film allongé

France Gall, l’interprète

Les lundis de l’actualité – Jonas Follonier

Janvier 1986. Daniel Balavoine s’éteint dans un accident d’avion. Michel Berger, qui était proche de l’artiste, écrit alors une chanson hommage interprétée par son épouse, France Gall : Evidemment.

Evidemment, cette chanson est magnifique. Et nous pourrions en citer une dizaine d’autres qui font indéniablement partie du patrimoine musical de la seconde moitié du XXe siècle. Il jouait du piano debout, La Déclaration d’amourElla, elle l’a, Diego libre dans sa tête, … Toutes montrent que France Gall était fondamentalement une très bonne interprète et que sa voix transcendait les mélodies de son mari. Lire la suite France Gall, l’interprète

Rencontre avec Philippe Manœuvre : « Je me bats pour la musique sans arrêt ! »

Le Regard Libre N° 35 – Jonas Follonier

Le plus célèbre spécialiste du rock en France, Philippe Manœuvre, est aussi un personnage médiatique hors pair : ancien rédacteur en chef du magazine Rock & Folk, animateur radio depuis les années quatre-vingt, il s’est fait connaître par un nouveau public en faisant partie du jury de la « Nouvelle Star » de 2008 à 2010. Aujourd’hui, il est l’un des chroniqueurs de l’émission « Les Grosses Têtes » animée par Laurent Ruquier et dirige Radio Perfecto, webradio consacrée au classic rock qu’il a fondée l’été dernier. Quelques jours après la mort de son ami Johnny Hallyday, nous l’avons rencontré à Lausanne où il est venu dédicacer son nouveau livre.

« La Discothèque secrète de Philippe Manœuvre »
« La Discothèque secrète de Philippe Manœuvre, 111 trésors cachés du rock », disponible aux Editions Hugo Desinge

Jonas Follonier : Vous sortez un nouvel ouvrage intitulé La discothèque secrète de Philippe Manœuvre, 111 trésors cachés du rock, publié aux Editions Hugo Desinge, où vous présentez des albums collectors isssus de votre discothèque personnelle. Vous êtes également venu dédicacer votre livre co-écrit avec JoeyStarr. Où trouvez-vous le temps pour écrire à côté de vos nombreuses activités médiatiques ?

Philippe Manœuvre : J’ai quitté mon poste de rédacteur en chef à Rock & Folk en février dernier car je suis parti à la retraite. Même si je continue à contribuer à ce magazine, ce départ m’a offert un temps précieux. Maintenant, je me lève le matin pour écrire des livres, et non plus écrire pour le journal. Le reste du temps, je travaille surtout pour Radio Perfecto, mais ça se déroule de façon naturelle. Nous avons lancé la webradio en juin, et nous travaillons quotidiennement avec Fred Marc pour l’améliorer. Lire la suite Rencontre avec Philippe Manœuvre : « Je me bats pour la musique sans arrêt ! »

« Momo » : mauvais, mauvais…

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans la comédie Momo, à l’affiche depuis le 27 décembre, Christian Clavier endosse une fois de plus le rôle d’un bourgeois français, bohème ou bourru, peu importe. Oui, car on connaît la chanson. Après un Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? d’une grande qualité qui tournait en dérision les mariages cosmopolites et un A bras ouverts moyennement apprécié où le jardin de Clavier se faisait envahir par des Roms, le nouveau fond de commerce du célèbre interprète de Jacquouille semble suivre une pente de la mort.

A présent, place à l’arrivée d’un sourd dans la vie du riche. Un sourd ridicule que personne ne comprend et qui apparaîtra bien vite comme le fruit d’une des relations extra-conjugales de Clavier. On peine à rire devant cette énième comédie franchouillarde ne reposant sur rien d’autre que l’adage « on peut rire de tout ». Certes, tout objet est un sujet risible en puissance, mais encore faut-il qu’il soit servi avec goût, surtout au cinéma. Les chefs-d’œuvre Le dîner de cons ou La soupe aux choux ont beau être des comédies françaises à la sauce beauf, elles ne peuvent cependant pas être vues comme de simples copies de brèves de comptoir. Il y a un art de la beaufitude. Lire la suite « Momo » : mauvais, mauvais…

« Ferdinand », un beau dessin animé dans le décor de l’Espagne

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

En 1938 sortait un court-métrage de Walt Disney mettant à l’honneur un taureau redoutablement musclé mais au cœur sentimental, porté davantage par le parfum des fleurs que par les combats de cornes. Voilà qu’apparaît sur les écrans de 2017 une adaptation de ce conte en long format, Ferdinand, qui fait renaître l’éloge de la différence et la dénonciation de la corrida sous un jour nouveau. La réalisation est assurée par Carlos Saldanha, à qui l’on doit les trois premiers L’Age de glace.

Grandissant dans une casa del toros aux côtés de copains combattifs, Ferdinand ne se plaît qu’à renifler la jolie fleur rouge qui se trouve dans la cour. Le jour où son père est emmené à l’arène, le jeune taureau s’enfuit dans la nature. S’ensuit une magnifique séquence où Ferdinand se fait adopter par une jeune fille d’horticulteur, qui se prend lui aussi d’affection pour l’animal. Le film présente ici sa partie la plus touchante et la plus esthétique. Lire la suite « Ferdinand », un beau dessin animé dans le décor de l’Espagne

Serge Lama et ses souvenirs à Genève

Les lundis de l’actualité – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

Au Théâtre du Léman, les 19 et 20 décembre derniers, passait un débutant. Ou pour le moins un artiste qui prit plaisir à se laisser considérer comme tel par le nom de la tournée : « Je débute ». Le Regard Libre était présent à ce moment haut en poésie. Impressions.

Un corps claudiquant s’avance sur la scène, pas à pas. Et voilà que la lumière se braque sur le visage d’un homme, aux traits vieillis par la nostalgie. Pourtant, malgré des jambes paraissant déjà en souffrance, et les lignes du temps passé dessinées sur le front, le personnage s’annonce puissant. Dès son premier sourire, Serge Lama transmet déjà la vivacité et la tendresse qu’il a acquises au prix de la même nostalgie, et du décès de son épouse survenu une semaine avant la sortie de son dernier album.

Les salutations au public sont chaleureuses, tout en restant dans la sobriété qui a toujours ressemblé au pâle noiraud. Il présente d’emblée ses musiciens pour lesquels il accompagne à chaque nom un petit propos d’éloge. Le chanteur se retrouve avec seulement neuf accompagnants, dont deux choristes. L’ambiance de la scène est alors quasiment familiale. Elle révèle une nécessaire collaboration entre ses membres. Serge Lama fait corps avec ses sept instrumentistes et ses deux choristes. Lire la suite Serge Lama et ses souvenirs à Genève