Archives par mot-clé : jonas follonier

«La montagne sourde»

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

C’est un petit livre simple et bouleversant que publie en ce début d’année Gilbert Pingeon aux Editions de l’Aire. L’auteur, résidant d’Auvernier, offre au lecteur un récit exprimant son amour d’une montagne en particulier, sa montagne, la Montagne Sourde. Et le quatrième de couverture, par son ton, marque d’entrée le génie solitaire qui se cache derrière le narrateur:

«J’entends souvent dire: « Les montagnes sont à tout le monde. » Voilà le genre d’affirmation propre à vous scier les jambes et vous couper l’envie de marcher. De quoi, en tout cas, vous mettre de mauvaise humeur pour le reste de la journée.»

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«Les Estivants» du cinéma

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Les Estivants, avec Pierre Arditi, est une comédie dramatique qui n’a de français que son origine. Les éléments pour faire de ce film une référence sont absents, même si le spectateur pourra tout de même passer un bon moment. Verdict.

L’introduction du film le dit d’emblée: «Le divorce est la pire blessure que la vie peut nous infliger.» La tragédie du divorce est un thème clef dans ce drame français dont le caractère alléchant de l’affiche est assuré par la participation de Pierre Arditi. L’histoire se déroule sur la Côte d’Azur, où Anna et sa fille rejoignent leur grande famille pour des vacances. Sauf que le mari d’Anna, lui, ne vient pas. Il la quitte, sans le lui dire vraiment encore. Il doit réfléchir. Anna, déjà fragile, se retrouve folle au milieux d’autres fous, avec des secrets de famille qui resurgissent. D’une façon quelque peu originale.

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Les pubs de Londres et le bal des nazes

Les vendredis de la microbrasserie – Jonas Follonier

Les pubs londoniens, ces lieux mythiques, ont une grande constante: celle de continuer à proposer des bières typiquement anglaises. Une grande qualité, aussi: celle d’être devenus des références en matière de gastronomie. Un défaut impardonnable enfin: on n’y entend guère plus qu’un brouhaha de musique d’ascenseur.

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Avec «La Mule», Clint Eastwood n’a plus rien à prouver

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dix ans après Gran Torino, Clint Eastwood (88 ans) revient à l’écran avec La Mule, dont il assure également la réalisation. Coup de projecteur sur un coup de maître, à voir de toute urgence.

Earl Stone est un octogénaire ayant passé sa vie dans l’horticulture. Les orchidées constituent sa passion au point qu’il leur a consacré tout son temps, au détriment de sa famille. Sa fille ne lui parle plus depuis des années, son ex-épouse est totalement dévastée elle aussi. Ruiné et solitaire, le vieil homme accepte alors un petit boulot qui ne lui demande en apparence que de faire le chauffeur. Sauf que son coffre contient de la cocaïne, et qu’il devient, d’abord sans le savoir, la mule d’un des plus grands cartels de drogue du Mexique. S’ensuivent pour Earl une dizaine de courses plus dangereuses les unes que les autres, un séjour chez le grand boss du cartel, prostituées et viagra inclus, une partie de cache-cache avec le FBI et, surtout, une tentative de rattraper le passé avec ses proches.

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Les «gilets jaunes»: quelques réflexions

Le Regard Libre N° 46 – Jonas Follonier

Les médias en ont évidemment beaucoup parlé, peut-être trop. Sans eux et les réseaux sociaux, les «gilets jaunes» n’auraient sans doute même pas existé en tant que mouvement. Mais celui-ci fait désormais partie de l’Histoire. Pour le meilleur et pour le pire.

Les «gilets jaunes» ont le mérite de poser une question essentielle: celle de la place des régions périphériques dans les préoccupations du gouvernement français. Mais aussi, plus largement, du sort des perdants de la mondialisation, en France comme ailleurs.

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Polnareff accouche «Enfin!» – Récit d’une frustration

Le Regard Libre N° 46 – Jonas Follonier

Vingt-huit ans n’auront pas suffi au grand mélodiste français pour peaufiner le chef-d’œuvre qu’il promettait à son public. Son précédent album, Kâmâ-Sutrâ (1990), restera sans doute sa dernière grande réussite, comportant notamment la pépite Goodbye Marylou. Peut-être justement la faute a-t-elle été pour lui de trop traîner en studio, les premières idées étant souvent les meilleures. Quoi qu’il en soit, on trouve quand même du bon dans ce nouvel opus, intitulé Enfin!. Nous avons choisi de vous proposer un arrêt sur chacun des onze titres de l’album, ce qui nous permettra peut-être de mieux comprendre ce qui fait à la fois le génie et le ridicule de Michel Polnareff: son éternelle démesure.

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«Astérix – Le secret de la potion magique»

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Le film d’animation Astérix – Le secret de la potion magique est une grande réussite. En réunissant tous les ingrédients d’un film pour enfants, il enchante aussi les plus grands. Quelques impressions.

Un dessin animé? Suis-je vraiment en train de me rendre au cinéma pour voir ça? Telles étaient naturellement les pensées de l’être empli de préjugés que je suis. Heureusement, la curiosité est aussi toujours de la partie! Et quelle ne fut pas ma surprise positive face à l’écran, tant ce qui s’offrit à moi constitua non seulement un bon moment, mais un véritable spectacle. Comme diraient les Vaudois, j’ai été «déçu en bien».

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Les duos subtils de Véronique Sanson nous la font redécouvrir

Les mélodies du jeudi – Jonas Follonier

La grande artiste française Véronique Sanson n’avait pas besoin de publier cet album pour que l’intemporalité de son génie soit reconnue. Et pourtant, elle a bien fait de le faire. Duos volatils, sorti le 23 novembre dernier, réunit des duos inédits avec d’autres figures actuelles de la chanson française, toutes générations confondues. Sanson réinterprète ainsi en studio ses plus grands succès avec des confrères. Cette dimension essentielle de l’altérité a le mérite de nous faire entrer encore plus dans le monde de la chanteuse. Nos trois coups de cœur.

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Rencontre avec le duo Marzella, qui s’envole vers un bel avenir

Les mélodies du jeudi – Jonas Follonier

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Marzella est un duo de jeunes musiciennes ayant grandi à Yverdon-les-Bains. Depuis dix ans, elles parcourent l’Europe pour proposer à un public toujours plus nombreux une folk rock hors catégorie. Leur nouveau single, Lovely Bird, signe l’arrivée du français dans leurs textes et connaît un succès fulgurant. Rencontre.

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«bascules ciao», y a-t-il quelque chose à dire?

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Cette chronique sera accompagnée d’un article contradictoire ainsi que de deux poèmes extraits du recueil bascules ciao dans notre édition de février, en commande ici. Vous serez ainsi invités, chers lecteurs, à donner votre propre avis sur cette poésie.

Que voulez-vous? Dois-je mentir? Le Regard Libre, porteur de la littérature romande? Porteur de ce qui nous interpelle, avant tout, en bien et en mal. Pour ma part, nombreuses sont les fois où je me suis retrouvé déçu par des œuvres que, soit j’avais considérées dans le méli-mélo de la mondialisation bobo-helvético-sérieuse, soit que j’avais appréciées «malgré moi». Cette fois, nul besoin de prendre des pincettes. Nous avons affaire à une pseudo-poésie sans véritable intérêt.

André Petitat nous livre basclues ciao (sans majuscules au titre! oui, ce n’est pas moi), son recueil de poèmes récemment publiés aux Editions de l’Aire, pourtant appréciables et même exemplaires dans le paysage éditorial de notre pays. Cet ouvrage, je l’ai lu. J’ai pleuré. Quelles qualités un texte doit-il présenter pour être considéré comme un poème? Des rimes, dirait un classique. Un rythme, dirait un laxiste. Une âme, dirait un amateur de métaphores.

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