Archives par mot-clé : littérature française

L’ironie comme fil rouge de la littérature française

ANALYSE, Jonas Follonier | De Rabelais à Kundera, la littérature française se laisse volontiers scruter au prisme de l’ironie. Le deuxième degré a ce pouvoir de mettre en relation des sens, mais aussi des voix et des œuvres.

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Lolita Pille, Hess Side Story

Les bouquins du mardi – Quentin Perissinotto

S’il y a une chose encore plus fugace et volatile que le succès, c’est notre propre récit de vie. Maintes fois dérobé, continuellement altéré, il est une chimère derrière laquelle nous courons sans cesse afin de nous réapproprier notre destinée. Le livre de Lolita Pille se situe à la croisée des ombres, au carrefour de ces traques; il dénoue les fils de la mue pour tisser la toile d’une introspection aussi méticuleuse que sensible. Lolita Pille se retourne sur son chemin et contemple son passé, en portant en arrière un regard acéré sur sa jeunesse et son adolescence.

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Sylvain Tesson: Un été «pluvieux» avec Rimbaud

Les bouquins du mardi – Aude Robert-Tissot

Un été avec Rimbaud est un livre de mouvement et de poésie, c’est l’œuvre et la vie de Rimbaud, mais c’est surtout du Tesson. Pour cet aventurier, le voyage est toujours un très bon prétexte pour écrire. Et c’est bien mieux encore lorsqu’il s’agit d’arpenter les traces d’un des plus grands poètes de la langue française! En route.

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Yann Moix: «Chaque fois qu’on a voulu ma peau, je m’en suis sorti»

ENTRETIEN LONG FORMAT, Jonas Follonier | Il est libre, Moix. Et surtout habité par la «vérité romanesque», celle qu’il expédie à la façon d’un génie avec des phrases aussi sensibles que dures et aussi tragiques que drôles. Qui d’autre qu’un maître de l’improvisation préméditée en est capable? Ancien chroniqueur de l’émission «On n’est pas couché» animée par Laurent Ruquier sur France 2 et ex-animateur de son émission «Chez Moix» sur Paris Première, Yann Moix est aussi un enfant de la télé, qui aime mettre sa verve orale au service de l’exploration intime et exigeante des humains, des livres, du monde. On m’avait averti: «Il est un peu exotique». Expérience confirmée avec cet entretien qui a bien failli ne pas se produire. L’écrivain, réalisateur et chroniqueur de télévision se livre pour Le Regard Libre sur ses «années horribles» autour de la vingtaine, la ville de Reims dans les années 80 ou encore l’antisémitisme dans lequel il s’est empêtré à cette époque. Et l’un des meilleurs auteurs français contemporains de nous détailler justement ce qu’il entend par «vérité romanesque», deux ans après avoir fait l’objet de polémiques liées à sa famille, famille qu’il ne qualifie désormais plus comme telle.

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«Belladone»: subir, apprendre, puis grandir

Les bouquins du mardi – Anaïs Sierro

Après un travail de maturité sur la belladone et son intrigante dualité: soigner ou tuer, le titre de ce livre m’a attirée. Les effets de l’atropine, sa substance active, je les connais. Théoriquement. Mais voilà qu’Hervé Bougel me proposait, à travers ce titre simple, mais équivoque, de les connaître humainement. Des effets sur un entourage, subis par et à travers les yeux d’un enfant, l’auteur. Un auteur, d’ailleurs, méconnu du grand public.

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Les oubliés de la littérature auront-ils le roman qu’ils méritent?

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | La littérature contemporaine a ceci de tonique qu’elle fait se rencontrer dans ses romans des lieux, des époques, des générations, des peuples et des classes sociales, quand ce terme est encore valide, dans une plaisante variété de formes et d’intrigues. Celles-ci, parfois très fantaisistes, sont souvent délicieusement comiques; on pense par exemple aux romans, destinés avant tout à un public féminin, de la méritoirement populaire Isabel Wolff. On pourrait voir cette variété comme propre à conforter chacun dans sa place ou dans son «cheminement». Chacun? Peut-être pas. Il semblerait au contraire que si le champ des interactions humaines inattendues s’est très certainement étendu en littérature, son rayonnement interne, par l’épaisseur de ses personnages et la qualité de ses descriptions, a diminué. En conséquence, son charme sur le public a quelque peu perdu en force. Bref état des lieux de quelques lacunes graves, sans attaque personnelle – on n’en est plus là.

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Comme s’il fallait en baver pour être crédible dans un roman

Les bouquins du mardi – Anaïs Sierro

La promesse de prendre part à une rencontre amoureuse entre une Occidentale et un Japonais, masseur, qui «la réconcilie avec son corps, avec elle-même», a suffi à m’intriguer. Mais ce sont mes amours pour la pudeur japonaise quand il s’agit de sentiments et pour leur maîtrise de la poésie qui m’ont permis de dépasser ce titre certes beau (Lettre d’amour sans le dire), mais très risqué. Risqué, parce que parler d’amour peut très vite devenir fleur bleue, «et vas-y-que-je-m’ennuie». Après hésitation, j’ai osé prendre ce risque. Malheureusement, j’aurais mieux fait de repartir avec un de ces bons classiques qui ne me déçoivent que rarement…

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Dom Juan: et si le héros avait été une femme?

Les bouquins du mardi – La rétrospective – Amélie Wauthier

Avez-vous déjà entendu parler du temps qui s’accélère? Cette étrange impression qu’une journée de 24h durait plus longtemps avant… C’est, en somme, un peu le sentiment que j’ai aujourd’hui. Je me revois encore, envoyant ma dernière critique toute chaude et pimpante que bam! un mois s’est écoulé, et je me retrouve à devoir pondre un nouveau papier. En d’autres termes, faire face à cette terrible difficulté: trouver l’inspiration parmi la folle quantité d’œuvres que j’ai accumulées, tout en tenant compte du fait que personne n’a envie de lire un ixième article consacré à Harry Potter.

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L’insignifiante lourdeur des petites gens oubliées

Arthur Billerey – Les bouquins du mardi – La rétrospective

Dans plusieurs sondages rencontrés sur Facebook, çà et là au sein de groupes littéraires obscurs ou lumineux, élitistes ou populaires, déserts ou grouillants, anarchiques ou mesurés comme une horloge suisse, le nom de Pierre Michon revient systématiquement au galop dans le classement des dix écrivains les plus adorés. Et considérés avec, cité en exemple, son ouvrage Vies minuscules, fameux fumet d’existences oubliées qui nous émeuvent au point de nous attendrir. Mais pourquoi donc revient-il toujours, ce nom de Pierre Michon, pain quotidien dont on s’arrache autant la miche?

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«Nos rendez-vous» ont un goût d’inachevé

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

Nos rendez-vous raconte une série d’entrevues survenues au mauvais moment. Sur une centaine de pages, Eliette Abécassis dresse les portraits de Vincent et d’Amélie. Deux Parisiens qui mènent leur vie chacun de leur côté et qui se manquent. Parce que l’un n’exclut pas l’autre et parce que l’amour s’amplifie par l’absence.

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