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«Le Vent Tourne», la tête aussi

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

C’est un film qui ne ressemble à aucun autre. Réalisé par la Suissesse Bettina Oberli, Le Vent Tourne est un long-métrage exigeant bien que léger. Il relate l’histoire d’un couple de paysans alternatifs dans les Franches-Montagnes. Pauline et son conjoint élèvent leurs bêtes dans une démarche respectueuse de la nature et imperméable aux règles d’hygiène imposées par l’industrie animale. Leur quotidien, dur mais tranquille, va être bouleversé par l’arrivée de Samuel, un beau latin venu installer un éolienne. Derrière ce triangle amoureux, la thématique des idéologies, traitée de façon originale.

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« La Douleur », quand le flou dit tout

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Ce qui est sûr, évident, c’est que ce texte-là, il ne me semble pas pensable de l’avoir écrit durant l’attente de Robert. »

Juin 1944. Marguerite est écrivain. Elle attend son mari, Robert Antelme. Résistant, il a été arrêté par les collabos. Dans un Paris toujours occupé, la jeune femme maintient son engagement auprès du réseau de Résistance. Là, elle travaille au côté de Dyonis, meilleur ami de son mari, avec lequel elle semble entretenir une relation amoureuse ; distante, ambiguë, mais sensuelle.

Pour obtenir des informations sur Robert, Marguerite fréquente un agent français de la Gestapo, Pierre Rabier, qu’elle méprise. Lui, en revanche, paraît séduit par ses yeux, son écriture, son air mystérieux. Malgré tout, il tâche de lui soutirer des informations sur le réseau résistant. Elle reste discrète et prudente, au point d’en être malade d’angoisse. « Je suis son flic », se dit-elle en son for intérieur, lorsque la peur la quitte, et qu’elle pense prendre pouvoir sur le flic en question. Se sentant tous deux menacés l’un par l’autre, ils cessent de se voir. Reste néanmoins l’attente agonisante et douloureuse d’un mari peut-être mort, peut-être en vie ; peut-être aimé, peut-être haï.

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