Archives par mot-clé : misanthropie

«Place publique», une métaphore de Thierry Ardisson

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier Castro (Jean-Pierre Bacri) est un célèbre animateur de télévision dont la notoriété commence à s’effriter à cause des années. Il est convié par sa productrice, Nathalie (Léa Drucker), à la pendaison de crémaillère de sa nouvelle demeure, à une trentaine minutes de Paris. Décor champêtre, brochette d’invités issus du … Continuer la lecture de «Place publique», une métaphore de Thierry Ardisson

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Western et mélancolie: «Lucky»

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Jamais aucun film n’avait réussi à capter cette atmosphère-là. En un tour de force admirable, John Carroll Lynch signe un long-métrage qui restera comme la première trace d’un nouveau genre, mais aussi la dernière. Lucky est une œuvre complète et réunit tous les ingrédients pour allier western et mélancolie. Notre article grand format.

Lucky est la première réalisation de John Carroll Lynch, un acteur déjà confirmé dans le cinéma américain, qui a tourné auprès des plus grands, à l’instar de Clint Eastwood. Avec ce premier long-métrage s’inscrivant dans le cinéma indépendant, Lynch s’empare d’un genre qu’il est tant difficile de renouveler, défi qu’il relève néanmoins avec succès: le western.

Il y a un fait qu’on ne peut pas négliger. L’acteur nonagénaire se trouvant au centre de Lucky, portant d’ailleurs le même nom, qui est son sujet comme son objet, est décédé le 15 septembre, entre la fin du tournage et la sortie du film. Moi-même, je ne le savais pas au moment de la projection. Mais à l’écriture de cette critique, cette dimension funèbre prend tout son sens et son importance, car nous avons bien affaire à un film hommage. Continuer la lecture de Western et mélancolie: «Lucky»

« Le Misanthrope », une amère comédie

Promenades théâtrales (6/6)

Le Regard Libre N° 19 – Loris S. Musumeci

« ALCESTE. Je veux que l’on soit homme, et qu’en toute rencontre
Le fond de notre cœur dans nos discours se montre
Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments
Ne se masquent jamais sous de vains compliments. »

C’eût été bien dommage de ne pas trouver de place à l’inimitable Molière dans au moins un des épisodes consacrés à l’art théâtral. Me voici alors avec Le Misanthrope, un chef-d’œuvre présenté à la cour du bon Roy Louis en 1666. Mais quelle pièce étrange ! On ne sait s’il faut rire ou s’inquiéter. Les éléments du ridicule y sont en effet soigneusement estompés, pour laisser place à de plus sérieuses questions, telles que la mesure de l’honnêteté, la valeur de l’amitié ou encore le comportement adéquat en société.

Il semble superflu de raconter la trame du grand classique de Molière encore et encore, toujours et sans cesse. Pour ceux qui de leurs souvenirs scolaires subissent aujourd’hui quelques oublis, Le Misanthrope raconte l’histoire d’un misanthrope authentique, en pensées et actes : Alceste. Ce dernier vit dans une société plus mondaine que les mondanités, où le compliment mignon et respectueux a toujours sa place, où la trahison est une coutume, la médisance un jeu et le sourire un masque. Continuer la lecture de « Le Misanthrope », une amère comédie

Méditations syriennes

Le Regard Libre N° 9 – SoΦiamica

« Perte de la vue puis perte de la foi et de la destination : Aussi ma nuit extrême est-elle trois nuits. » Abul Ala Al-Ma’ari

Né en 973 après J.-C. près d’Alep en Syrie, Abul Ala Al-Ma’ari est un des plus grands poètes et penseurs de l’Âge d’or islamique. Il devint aveugle dès quatre ans, ce qui ne l’empêchera pas de faire ses études à Alep, Antioche et Tripoli, et de publier un premier recueil de poésies philosophiques intitulé Saqt az-zand, soit l’Étincelle d’Amadou. Devenu populaire, il est invité par les prestigieuses instances intellectuelles de Bagdad, auxquelles il refuse de vendre une partie de ses œuvres et dont il perdra par conséquent le soutien. Il rentre alors en 1010 en Syrie où il mène une vie d’ascète jusqu’à la fin de sa vie en 1057, retiré dans une modeste maison. À la fois respecté pour ses talents littéraires et blâmé pour l’audace de sa pensée libre, Al-Ma’ari écrit son deuxième ouvrage, la Nécessité de ce qui n’est pas Nécessaire (Luzum ma lam yalzam), suivi de l’Epître du Pardon (Risalat al-ghufran), auquel on comparera souvent la Divine comédie de Dante. Son œuvre se terminera avec le recueil d’homélies Al-Fusul wa al-ghayat, littéralement Paragraphes et Périodes. Une grande partie de ses écrits est aujourd’hui malheureusement perdue.

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