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« Anna Karenina » : La névrose est plus belle en VO

Les mercredis du cinéma – Nicolas Jutzet

Le langage claque aux oreilles. La sécheresse du russe, langue originale du film, laisse au spectateur la mission délicate et exigeante de s’imaginer l’équivalent dans sa langue. Ce qui, bien qu’aidé par les sous-titres, représente un exercice ardu. Ce film est sans doute une source de motivation inégalable pour apprendre l’alphabet cyrillique, tant la spontanéité des échanges semble prégnante et juste. La magie se perd quelque peu dans la traduction, mais l’essentiel reste.

Le charme des acteurs principaux, Elizaveta Boïarskaïa dans le rôle d’Anna Karénine et le renversant amant, Maxime Matveïev, qui se glisse parfaitement dans les habits du Comte Vronski, est indiscutable. En face, le mari éconduit, d’une froideur saisissante, Vitaliy Kishchenko, ravira les fans de Poutine, tant sa ressemblance est saisissante. Lire la suite « Anna Karenina » : La névrose est plus belle en VO

Pour 2018 le Conseil fédéral se dévoile, et s’anime

Les lundis de l’actualité – Nicolas Jutzet

La précédente était hiérarchique, avec un faux air d’affiche de film. Epinglée par la NZZ qui titrait « Die lächelnde Mafia » – tout en essayant de trouver le nom du film ou de la série annoncée par l’affiche – elle renvoyait une froideur et une classe finalement assez inhabituelles pour une Suisse qui se veut travailleuse, sérieuse, mais souriante et ouverte.

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« Le Crime de l’Orient-Express » : Restons-en à la première lecture

Les mercredis du cinéma – Nicolas Jutzet

Film vu en VO

Kenneth Branagh, qui endosse la double casquette de réalisateur et personnage principal, incarnant le célèbre détective belge avec un talent certain, peut se targuer d’avoir réunit une équipe d’acteurs de qualité. Connus et reconnus. Johnny Depp, Penelope Cruz, Michelle Pfeiffer, Judi Dench, Willem Dafoe, Daisy Ridley.

« Il y a le bien, il y a le mal. Entre deux ? Rien. (Hercule Poirot) »

Une enquête réussie

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Matthias Sindelar, le Mozart du football

Le Regard Libre N° 34 – Nicolas Jutzet

Les grands héros se trouvent parfois sur un simple rectangle vert. Sindelar, précis face au but et courageux ailleurs, en fait assurément partie. Son histoire est celle d’un homme qui aura su lutter contre l’évidence, en assumant l’importance de son statut.

Le football, sport le plus pratiqué au monde. Sport du peuple par excellence. Praticable partout, tout le temps. Le football regorge d’histoires et d’anecdotes laissant supposer que, contrairement à la plupart des huées condescendantes que lui réserve une partie de la population, qui croit s’élever en critiquant sans comprendre, il est question de bien plus que des vingt-deux pantins qui courent après un ballon. Nous nous trouvons face à un véritable fait social.

Certains, comme Georges Haldas, passeur d’émotions à la plume soyeuse, écrivent sa légende. Albert Camus dira de son côté : « Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois ». Vouloir opposer l’élite et le ballon rond n’est donc point pertinent. Prenons pour preuve les tribunes officielles lors des grands événements, garnies par les huiles politiques, économiques et culturelles. Mais avant d’en arriver au sport business quelque peu aseptisé que nous connaissons, le football a eu le temps de se créer sa légende. Focus sur un acteur de ce grand conte. Lire la suite Matthias Sindelar, le Mozart du football

« Bienvenue à Suburbicon » : Derrière le rêve américain  

Les mercredis du cinéma – Nicolas Jutzet

Ce film évoque l’image caricaturale que se fait chacun de l’american way of life. George Clooney parvient, sans la lourdeur que nous lui connaissons parfois, à faire ressortir les différentes caractéristiques du pays dans les années cinquante. Avec un casting détonnant, qui place Matt Damon dans un rôle inattendu mais maîtrisé, il a su faire de Bienvenue à Suburbicon une œuvre qui devrait permettre à chaque spectateur d’apprécier les cent cinq minutes de film.

Derrière la présentation idyllique d’une Amérique paisible qui permet à sa classe moyenne de s’émanciper, le scénario ouvre des perspectives sur des questions fondamentales. Notamment la santé psychique d’une partie de la population, qui, noyée par son besoin de consommation, semble être prête à s’arranger avec les règles et le savoir-vivre. La relation père-fils, homme-femme, avec ses omissions et ses faiblesses, dévoile une face non soupçonnée de la personnalité du réalisateur.

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« La ligue des justiciers » : le bien triomphe du mal

Les mercredis du cinéma – Nicolas Jutzet

Le film de Zack Snyder présente une composition hétéroclite de héros qui se battent pour sauver le monde. Ou du moins, à éviter de le voir sombrer dans l’obscurité. Face à Steppenwolf, alias le “super-vilan”, les affrontements s’enchaînent. Jusqu’ici, rien de déroutant. Le casting habituel. L’ennemi et ses combattants, qui se nourrissent de la peur d’autrui, semblent imbattables.

Mais, comme souvent, et c’est peut-être la limite de ce genre de films, le “bien”, incarné par Superman (mort au début du film mais qui, ressuscité, vient apporter son aide à la mission), Batman, Wonder Woman, Aquaman, Flash et Cyborg, finit par triompher du mal. Exprimant au passage, peut-être de façon involontaire, une suite de clichés bien à la mode. Le groupe bat l’individu. Le groupe mixte, coloré, ouvert d’esprit, bat l’individu seul, qui semble se battre par égoïsme pour ses intérêts maléfiques, alors qu’en face, même le richissime Bruce Wayne se bat pour le bien commun. Lire la suite « La ligue des justiciers » : le bien triomphe du mal

Les élites en Suisse, du XXe siècle jusqu’à nos jours

Le Regard Libre N° 33 – Nicolas Jutzet

Longtemps terre d’émigration, la Suisse, dans sa forme moderne, a su devenir un modèle qui fait recette. Et qui attire, depuis la fin du XIXe siècle, de nombreux ressortissants d’autres pays. Les raisons de ce succès sont connues, ses acteurs, eux, beaucoup moins. Qui furent les puissants du pays ? Et qu’en-est-il aujourd’hui ?

Jusque dans les années quatre-vingt, le profil sociologique type du membre de l’élite économique pouvait se résumer de la façon suivante : un homme, blanc, avec un grade à l’armée, ayant effectué des études de droit ou d’ingénierie, actif en politique et issu d’une famille bien établie.

Les femmes laissées de côté

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