Archives par mot-clé : nuit

Christophe, hors format

Le Regard Libre N° 57 – Jonas Follonier

Christophe est une véritable légende de la chanson française. Dans mon panthéon personnel de la variété francophone, il se situe dans la cour des plus grands, quelque part entre William Sheller et Michel Polnareff. Les Mots bleus, Aline, Les Paradis perdus, autant de chefs-d’œuvre qui ont marqué à jamais les cinquante dernières années et qui marqueront encore les suivantes. Mais Christophe ne s’est pas satisfait de ses anciens succès. Désireux de se renouveler sans cesse sur le plan musical tout en restant dans le même style vestimentaire, l’éternel dandy assume une démarche expérimentale. En 2015, il a signé un magnifique album avec Les Vestiges du chaos, renfermant des pépites telles que Drone, Océan d’amour, Lou ou Dangereuse. Impossible de ne pas solliciter une discussion avec cet artiste total lors de son passage à Morges pour un concert en solo au Théâtre de Beausobre. Il me reçoit dans sa loge après un concert de 2h45 au lieu de 1h30. L’entretien sera également plus long que prévu, et irréel.

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Les vertus du silence

Le Regard Libre N° 21 – Jonas Follonier

Le silence, peu à peu, disparaît de notre monde. Bien que je haïsse les «c’était mieux avant», la nostalgie, elle, ne m’incommode pas: quand elle est justifiée, c’est le plus beau sentiment qui soit. Ainsi en est-il de mon regret du silence, cet ami de l’homme qui ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir.

Nous pourrions dire que le silence est au bruit ce que les trous sont à la matière. Il existe actuellement des discussions passionnantes dans les instituts de philosophie pour savoir si les trous existent ou non. Cette question métaphysique nécessite bien plus qu’un article. La difficulté est en effet évidente: les trous ne semblent être que des néants, des absences de matière… autrement dit, rien. Comment donc pourraient-ils être quelque chose? Le silence, lui, existe à coup sûr.

En quoi consiste-t-il, voilà une question à laquelle nous n’allons pas répondre. Encore une fois, une telle ontologie ne saurait avoir sa place ici, tant elle nécessite de lignes. Essayons cependant d’envisager non pas en quoi le silence consiste, mais à quoi il renvoie, ou si vous préférez, ce qu’il évoque, ce qui fait son intérêt. «L’homme est la mesure de toute chose», comme disait l’autre: considérons donc le silence par rapport à l’homme.

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