Archives par mot-clé : ontologie

L’art, essence de la mode ?

Le Regard Libre N° 33 – Hélène Lavoyer

Nous respirons tous l’air parfumé d’une chose que nous connaissons bien: la mode. Agréable ou non, cette fragrance est chargée d’une énergie captivante, encline à créer du mouvement. Le prêt-à-porter a tendance à uniformiser les individus qui choisissent de s’y conformer – ou de s’y soumettre. Or, déployée au singulier, la mode est à l’origine de son pluriel, un artisanat capable de déformer les frontières des normes, de les bousculer pour mieux les faire céder. Est-elle un art? L’arrivée au Musée des arts décoratifs, à Paris, d’une exposition consacrée à la maison Dior, ou celle dédiée à Balenciaga, remet la question sur le tapis.

Il convient d’abord de définir clairement ce qu’est l’art; alors pourrons-nous déterminer si oui ou non, la mode en fait partie. La tâche semble d’emblée périlleuse, chacun y allant de sa propre définition, considérant l’art comme un domaine quasi sacré, que l’on ne peut décrire autrement que par un «pour moi, l’art c’est…» ou encore «je considère que l’art est…» de peur d’offenser celui qui connaît son sens réel. Continuer la lecture de L’art, essence de la mode ?

Qu’est-ce qu’une œuvre musicale?

Le Regard Libre N° 18 – Jonas Follonier

La philosophie, telle que nous l’entendons ici, aime poser des questions et y apporter des réponses rationnelles. De nombreuses questions philosophiques commencent par «Qu’est-ce que…?». Dans ce genre d’entreprises, il s’agit de chercher le genre de réalité que possède la chose que nous étudions, de faire une ontologie. Le présent article vise à proposer une ontologie de l’œuvre d’art, et plus spécifiquement de l’œuvre musicale.

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Ontologie de la beauté

Le Regard Libre N° 12 – Sébastien Oreiller

Quand Nietzsche crut renverser la morale ancienne, la morale du bien et du mal, pour la remplacer par celle, plus exigeante, du bon et du mauvais, il ne fit que remplacer une philosophie du comportement, une philosophie éthique dirions-nous, par une moralité plus froide et plus distante, peut-être même plus dangereuse. Nous semblons avoir pris la fâcheuse habitude depuis vingt-cinq siècles, c’est-à-dire depuis Socrate et surtout depuis Platon, de lier l’essence au bien, de ne plus être capable d’admirer l’être en soi sans le rattacher, d’une manière ou d’une autre, à la perfection de l’acte humain, loin de là l’ingénuité morale qui avait marqué leurs prédécesseurs. Il me semble être une philosophie plus exigeante et plus noble, d’autant plus détachée des médiocrités quotidiennes qu’elle est elle-même intrinsèquement liée à l’être, je veux parler de la philosophie du beau en tant que tel.

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