Archives du mot-clé politique

Islam et homosexualité à Orlando

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

Furent au cœur de l’actualité de samedi dernier, le 11 juin 2016, l’homosexualité et l’islam au sein du drame d’Orlando. Quarante-neuf morts et cinquante-trois blessés, tel est le résultat sanglant. La tuerie a eu lieu dans un club homosexuel d’Orlando, une ville de Floride. Un jeune américain d’origine afghane, Omar Mateen, en est le responsable ; l’acte est revendiqué par l’Etat Islamique.

Au royaume des incohérences d’apparaître en plein soleil à présent, pour l’idéologie libertaire comme pour celle conservatrice, pour les Démocrates comme pour les Républicains américains. Les populistes de la droite puritaine, tels un Trump, profitent de l’événement pour blâmer davantage l’islam et l’immigration. Il faut cependant rappeler que la plupart de ces politiciens ne sont pas tout à fait les meilleurs amis de la communauté homosexuelle. Ils les traitent même bien volontiers de sodomites qui nuisent à la société par leur pratique d’une sexualité « contre nature ». Pourtant, si ces derniers subissent un massacre de la part d’un musulman, autant jouer de la fausse compassion pour consolider ses propos politiques. C’est dégoûtant. Lire la suite Islam et homosexualité à Orlando

Le débat sur la laïcité déchire Genève

Regard sur l’actualité – Jonas Follonier

La laïcité, pour faire court, est un principe hérité du XIXe siècle qui vise à ce que l’Etat soit neutre en matière religieuse et séparé des Eglises. L’idée d’une séparation entre l’Eglise et l’Etat a bien sûr des origines lointaines (« il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César »), mais soyons clair : la laïcité telle qu’elle se manifeste (timidement, à part en France) depuis deux siècles a ses racines dans la pensée des Lumières – ne pensons qu’à Locke ou Voltaire et leurs traités sur la tolérance et l’Etat libéral.

Les républicains du XIXe siècle ont ensuite érigé la laïcité en tant que principe ; celle-ci est donc constitutive de nos Etats modernes, forgés par les radicaux en France comme en Suisse. Mais quel homme politique connaît encore l’Histoire aujourd’hui, si ce n’est quelques passionnés ? Il semble que personne ne se rend compte à quel point notre héritage bicentenaire est précieux. Lire la suite Le débat sur la laïcité déchire Genève

L’Italie homosexuelle se révèle

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

Mercredi 11 mai dernier, la Chambre des députés italienne a finalement adopté, à 369 voix contre 193, la loi sur la Formation sociale spécifique ou loi Cirinnà. Elle a confirmé le choix du Sénat exprimé le 25 février de cet an qui était en faveur de l’adoption de la loi à 173 voix contre 71. Le pas est assez large pour une Italie encore ancrée dans son identité catholique et ne manque pas de susciter l’habituelle « polemica ». Lire la suite L’Italie homosexuelle se révèle

Le récit de Sion par son président (Rencontre avec Marcel Maurer)

Le Regard Libre N° 16 – Jonas Follonier

Marcel Maurer est le président de Sion depuis janvier 2009. Il finira son mandat en fin d’année 2016 et a déjà annoncé qu’il ne se représenterait pas. Il y aurait beaucoup à dire sur son bilan très positif, mais c’est pour son livre « Sion… La Vie » paru en décembre 2015 que Monsieur Maurer nous a aimablement reçus dans son bureau.

Jonas Follonier : Tout d’abord, d’où est née l’idée de réaliser un ouvrage sur Sion ?

Marcel Maurer : Cela fait longtemps que l’idée me trotte dans la tête. Sion est une belle ville, dotée de bons photographes, et il se trouve que j’aime écrire. Quand j’étais plus jeune, j’écrivais déjà dans des petites revues par exemple. Je prévoyais d’écrire quelque chose à la retraite. Il y a eu ensuite la rencontre avec Claude Coeudevez, et l’aventure est donc arrivée plus vite que prévu. Lire la suite Le récit de Sion par son président (Rencontre avec Marcel Maurer)

Libéralisme et christianisme

Le Regard Libre N° 16 – Sébastien Oreiller

Libéralisme et christianisme. Le lien peut de prime abord paraître étonnant. Cette doctrine, d’abord philosophique puis politique et économique, est intrinsèquement liée dans l’inconscient collectif à l’idée même de recherche du bien-être économique, si ce n’est, plus récemment, à celle même de prédation économique à l’encontre des plus faibles. Comment le libéralisme donc, pourrait-il s’apparenter au christianisme, alors qu’il est plus difficile à un riche d’entrer au royaume des cieux qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille ? Si les deux courants sont apparentés, c’est parce qu’ils trouvent tous deux leur fondement dans l’individu, avec certaines limites toutefois.

L’individu face à Dieu. Le chrétien est fils de Dieu ; en tant que tel, le Seigneur l’appelle et l’aime d’une relation particulière. On sort donc de l’idée païenne, et spécialement romaine, d’une religion de la place publique, où seuls comptent les sacrifices rendus aux autels et où la foi n’a aucune importance. Le christianisme est une religion du cœur. En ce qui concerne l’individu face à la communauté, la relation est plus trouble. D’un côté, le Christ, comme Socrate, est victime d’un tribunal légitime ; il remet en question la loi de Moïse. Mais il rejette ceux qui le voient comme le roi des Juifs, refuse la révolte et recommande de payer l’impôt à l’empereur. « Rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Une doctrine du respect des autorités qui tranche avec le libéralisme. De même Saint Paul prêchant aux esclaves l’obéissance à leur maître. Lire la suite Libéralisme et christianisme

Le congé paternité de deux semaines est enterré

Regard sur l’actualité – Nicolas Jutzet

La polémique de la semaine nous vient de Berne, où « l’affreuse » majorité bourgeoise du Conseil National a définitivement recalé un projet de congé paternité de deux semaines. Pour rappel, celui-ci avait déjà été refusé par le Conseil des Etats en novembre 2015.

S’ensuivit l’habituelle pluie de remontrances et les accusations lancées par les autoproclamés « progressistes » aux abominables « conservateurs ». On les accuse de promouvoir, en 2016, au XXIème siècle (rendez-vous compte !), un modèle de société dépassé, dans lequel la femme s’occupe des enfants pendant que le mari assure la sécurité financière du ménage. C’est évidemment faux, du moins pour la grande majorité. En face, on rétorque que la famille est une affaire privée, que l’Etat n’a pas à s’immiscer dans la politique familiale. Lire la suite Le congé paternité de deux semaines est enterré

Alain Finkielkraut, itinéraire d’un essayiste singulier

Le Regard Libre N° 12 – Jonas Follonier

Alain Finkielkraut est né en 1949 de parents juifs polonais tous les deux rescapés de la Shoah. Naturalisé à l’âge de un an, il estime avoir une dette envers la France qui lui a permis, à travers l’école républicaine, de devenir français en recevant la culture de son pays d’accueil, et plus particulièrement la langue et la littérature françaises.

D’abord engagé en tant que maoïste puis en tant que gauchiste dans les années 60, Finkielkraut s’est toujours distingué du socialisme dans ce qu’il avait de subversif et de totalitaire. Il faut dire que sa vie intellectuelle ressemble à celle d’un de ses modèles, Charles Péguy, car, comme le dit Yann Moix en s’adressant à l’homme qui nous intéresse : « Péguy était socialiste tout seul, peut-être même le seul socialiste digne de ce nom pendant l’affaire Dreyfus, et comme Péguy a été récupéré par la droite et qu’il n’a jamais renié une ligne de son œuvre, vous vous identifiez un petit peu à lui. Parce que finalement dans son immobilité, il a eu toujours raison. »

A ses débuts, il publie deux ouvrages avec son ami Pascal Bruckner puis s’affirme comme essayiste à force de nombreux écrits, dont La défaite de la pensée fut le premier à avoir beaucoup de succès. Cet essai ainsi que les suivants, qui se comptent en dizaines, témoignent d’une profonde cohérence et bien qu’il n’ait pas vraiment érigé un système métaphysique comme l’ont fait Platon ou Descartes, Finkielkraut a néanmoins énoncé un certain nombre d’idées construites et argumentées. Lire la suite Alain Finkielkraut, itinéraire d’un essayiste singulier